Ce site permet d’évaluer l’état de son logement sur cinq étoiles | 24 heures
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Ce site permet d’évaluer l’état de son logement sur cinq étoiles

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Photomontage: Karine Leblanc

Le site web Logezmieux.ca, lancé en juin 2021, permet aux locataires d’évaluer l’état de leur logement en plus de laisser un commentaire sur leur relation avec le propriétaire. Cette plateforme est «nécessaire» en raison du manque d’information sur la salubrité d’un logement lors de la signature du bail, juge les initiateurs. 

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La banque de données créée l'année dernière, qui semble être passée inaperçue jusqu’à présent, invite les locataires à inscrire en seulement quelques minutes l’adresse de leur demeure tout en y ajoutant une photo de la façade extérieure. Les utilisateurs peuvent ensuite noter sur une échelle de cinq étoiles plusieurs aspects de la propriété comme l’état du logement, l’isolation et même le propriétaire.  

Les locataires peuvent indiquer si le logement connait des problèmes «d’humidité» et d’«infestations», en plus de laisser un commentaire personnalisé sur le logement. «La compagnie propriétaire a surtout à cœur d’empocher l’argent sans soucis du confort des locataires.», lit-on dans un exemple pris au hasard.  

Pour l’instant, 300 logements sont inscrits partout au Québec, selon les créateurs du site web. 

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Permettre la communication entre les locataires  

Les deux responsables de la page, qui souhaitent garder l’anonymat pour éviter des représailles, espèrent avant tout favoriser le partage d’information entre les locataires. «Il y a vraiment des bons coups et des quartiers supers qui passent inaperçus parfois, mais d'autres à éviter, résume l’initiatrice de la page. C'est une plateforme de partage d'informations entre locataires. Une sorte de Tripadvisor du logement!» 

Celui qui est développeur de logiciel dit avoir eu l’idée de ce site après avoir vécu des problèmes d’insalubrité à répétition dans plusieurs de ses logements.  

«Ce qui m'a vraiment fait réfléchir à cette idée, c'est l'un des derniers appartements dans lequel je vivais. Il y avait des rats dans les murs! Pas des petits, on parle de gros rats de la longueur de mon avant-bras», déplore-t-il. L’homme déplore que ce même logement ait été loué par la suite à un nouveau locataire, sans que la situation ait été corrigée. 

«L'idée d'avoir accès à une notation (comme un restaurant sur Google) pour les logements, de voire les avis des autres, permet de se faire une opinion sur un logement», ajoute sa collègue, qui travaille pour sa part en biologie.   

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«Ce n’est pas contre-vérifié» 

Le directeur des affaires publiques de la Corporation des Propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), Marc-André Plante, dit jamais n’avoir été «informé» de cette plateforme. Il se questionne sur «l’honnêteté» du site, alors qu’on ne connait pas l’identité des investigateurs.  

«Tout est anonyme, s’inquiète-t-il. On voit seulement le point de vue d’une personne, ce n’est pas contre-vérifié.» 

De son côté, leur créateur bénévole de la page se défend sur cet aspect. «Nous offrons un droit de réponse aux propriétaires qui voudraient expliquer qu'une situation a été résolue», se justifie-t-il.  

M. Plante rappelle que le Tribunal administratif du logement (TAL) peut forcer le propriétaire d’un logement insalubre à effectuer des travaux. Et si ce dernier reloue le logement avant les travaux, il est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 25 000$. 

Attention toutefois à recueillir un maximum de preuves pour défendre sa cause, puisqu’un commentaire inscrit au site n’a pas une grande valeur juridique, indique l’avocat spécialisé en droit du logement, Alexandre Romano.  

«Ca peut être interprété comme des ouï-dire. Il faudrait que la personne qui a fait le commentaire vienne témoigner en personne», précise-t-il.  

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«Répondre à un besoin»  

Ce n’est pas la première fois que des locataires créent une base de données pour pallier un manque d’information sur les logements insalubres dans le marché locatif. Il existe notamment un site qui répertorie les logements où on a noté la présence de punaises de lit. 

Le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Martin Blanchard, indique pour sa part que le site vient «répondre à un besoin» en l’absence de de registres accessibles aux locataires. 

Selon M. Blanchard, cette page est une solution «citoyenne» en l’absence d’un registre public tenu par le gouvernement du Québec pour s’assurer de la salubrité d’un logement. Actuellement, la Ville de Montréal compte exiger une certification de «propriétaire responsable», qui devra être renouvelée tous les cinq ans. Cette homologation, qui visera seulement les propriétaires de huit unités et plus, forcera les propriétaires à se conformer aux règles de salubrité de la Ville et faire les changements si nécessaire.  

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