Non, ces pancartes ne sont pas de Québec solidaire! Attention à ce que vous repartagez... | 24 heures
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Non, ces pancartes ne sont pas de Québec solidaire! Attention à ce que vous repartagez...

Image principale de l'article Non, ces pancartes ne sont pas de Québec solidaire

«La défense du français, LOL», «Tout sera gratis tout le temps»: peut-être avez-vous vu passer sur les réseaux sociaux des images de pancartes électorales de Québec solidaire avec des slogans farfelus. Bien évidemment, il s’agit de photomontages, qui ont été publiés il y a quelques jours par La Pravda, une page de satire politique. 

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Si, pour l’œil entraîné, ces fausses pancartes sont tout de suite perçues pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire une parodie, elles peuvent aussi semer la confusion. La preuve: elles ont été repartagées sur les réseaux sociaux par certaines personnes comme de véritables pancartes solidaires. 

Pas étonnant: comme toute bonne parodie, les publications de La Pravda reprennent l’esthétique de Québec solidaire et, bien évidemment, son nom. Et lorsque ces imitations sont repartagées sans qu’on y ait attribué la source, certaines personnes peuvent n’y voir que du feu.  

Une question de contexte et d’intention 

En ce qui concerne les photomontages de La Pravda, est-ce qu’il y a lieu de parler de désinformation? Pas tout à fait, explique Laurence Grondin-Robillard, doctorante en communication à l’UQAM. 

«On parle de désinformation lorsqu’on publie une fausse information avec l’intention de tromper. Si un partisan d’un autre parti tombe sur une parodie du genre et la republie comme si c’était vrai, c’est de la désinformation», souligne-t-elle.  

Lorsqu’une personne repartage une publication ou une information en pensant qu’elle est véridique, on parle plutôt de mésinformation.  

«Pour quelqu’un qui connaît bien la ligne de parti de Québec Solidaire, c’est évident que c’est faux, même si ce n’est pas indiqué que c’est humoristique dans la publication. Pour quelqu’un qui s’y connaît moins, ou pour qui ça vient confirmer des croyances sur le parti, c’est moins évident», mentionne la doctorante. 

Les réseaux sociaux ont d’ailleurs tendance à nous présenter des contenus avec lesquelles on risque d’être d’accord: c’est ce qu’on appelle le phénomène de chambre d’écho. 

«On nous présente des publications qui vont confirmer nos croyances ou provoquer le plus de réactions de notre part et ça encourage la propagation de fausses nouvelles », mentionne-t-elle.  

Se méfier des émotions fortes 

Que faire pour ne pas se faire prendre par une parodie ou une fausse information ou, encore pire, la partager? Il faut surtout prendre son temps, insiste Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’UQAM. 

«Il faut toujours remonter le plus possible à la source d’une publication avant de la partager, pour comprendre qui est en train de dire quoi et dans quel but», conseille-t-il.  

«Si ce qu’on voit déclenche une émotion forte, que l’information a l’air exagérée, il faut s’arrêter et vérifier, car il y a des chances qu’on ait affaire à une fausse nouvelle», suggère pour sa part Laurence Grondin-Robillard.  

C’est souvent une bonne idée aussi de prendre le temps de lire les commentaires sous la publication qu’on s’apprête à repartager. «Très souvent, à travers les commentaires, des gens vont souligner que c’est un montage et vont même mentionner la source originale de l’information. C’est très utile», poursuit-elle.  

Selon elle, les réseaux sociaux pourraient d’ailleurs en faire davantage pour mieux identifier les comptes parodiques ou encore peu fiables.