La députée libérale Marwah Rizqy menacée de mort: ce qu'on sait de l'affaire | 24 heures
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La députée libérale Marwah Rizqy menacée de mort: ce qu'on sait de l'affaire

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Photo d'archives, Didier Debusschère

Visée par des menaces de mort, la candidate libérale Marwah Rizqy réclame davantage de mesures de sécurité pour les élus. Retour sur l'affaire.

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Des menaces de mort

Dans les derniers jours, des menaces ont été proférées sur les réseaux sociaux à l'endroit de la députée sortante de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, qui est enceinte de huit mois. 

Marwah Rizqy a demandé des mesures de sécurité supplémentaires pour les élus.

PHOTO NICOLAS SAILLANT

Marwah Rizqy a demandé des mesures de sécurité supplémentaires pour les élus.

«L’individu a commencé à appeler à mon poste de police de quartier pour dire: sur telle rue – qui est en fait ma rue à moi, où j’habite – dépêchez-vous, il y a un meurtre qui va être commis, c’est le cadavre de Marwah Rizqy. Il a fait ça trois ou quatre fois», a raconté mercredi la députée, encore ébranlée.  

«J’en ai pas dormi pendant trois nuits», a-t-elle confié. 

«Là, mes genoux ont commencé à claquer. Pour la première fois, j’ai dit: si je n’en ai pas d’escorte, ça ne me tente plus [de faire campagne].»  

Selon elle, la pandémie a exacerbé les tensions sociales, et il est essentiel de mieux protéger les élus. «On est vraiment naïfs au Canada, pour un pays du G7, de croire que c’est correct d’avoir autant d’élus sans aucune protection», a-t-elle affirmé. 

Marwah Rizqy a déposé une plainte à la police. 

Des reproches à Éric Duhaime

Jeudi matin, la députée libérale a accusé le chef conservateur Éric Duhaime de «canaliser la haine et la colère» pour se faire élire. 

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«Si votre legs démocratique, c’est de vous dire que vous allez canaliser la haine et la colère, c’est un très mauvais legs démocratique. Il faut peut-être reconsidérer la raison pourquoi vous voulez faire votre entrée au Parlement», a-t-elle affirmé. 

«On ne veut pas de grogne au Parlement, on veut des gens avec de la stature, des gens qui veulent travailler pour faire avancer le Québec et qui ont des propositions.»

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La réponse d'Éric Duhaime

Accusant Marwah Rizqy de verser dans la partisanerie, Éric Duhaime a répliqué, jeudi, qu’au contraire il est «porteur d’espoir».

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«Mme Rizqy vient de passer une ligne. Je comprends que c’est les élections et que ça ne va pas bien au Parti libéral, mais je pense que c’est très glissant. Je l’invite à la prudence», a déclaré le chef conservateur en marge d’une conférence de presse à Montréal.  

Le chef conservateur estime d'ailleurs qu’il «fait partie de la solution». 

Photo Gabriel Côté

«Pour ce qui est de la grogne, il y a des gens qui ne sont pas contents au Québec de ce qui s’est produit, et ils ont raison. Ils ont été sacrifiés au cours des dernières années. Maintenant, il faut prendre cette grogne-là [...] et il faut transformer ça en espoir.»  

Legault demande plus de sécurité

Toujours jeudi matin, le premier ministre, François Legault, a interpellé la Sûreté du Québec afin que les candidats puissent se sentir en sécurité. Il a également demandé aux autres chefs d'éviter «d’attiser la colère».

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«J’ai demandé à la Sûreté du Québec d’être disponible pour tous les candidats ou candidates qui se sentent menacés. Je pense que c’est important», a-t-il déclaré. 

D'autres élus visés

Il n'y a pas que Marwah Rizqy dont le début de campagne a été marqué par des actes de violence. Le bureau de comté de son collègue libéral Enrico Ciccone a été vandalisé dans la nuit de mardi à mercredi. 

Le député libéral Enrico Ciccone au Parlement de Québec, en février 2020.

Photo Simon Clark

Le député libéral Enrico Ciccone au Parlement de Québec, en février 2020.

L’ex-hockeyeur était sous le choc. Son local a été «défoncé de façon violente». Des ordinateurs ont été volés. Des classeurs qui étaient fermés à clé ont été défoncés. Du sang a même été trouvé sur un des classeurs, témoignant de la violence de l'effraction. Les voleurs ont même dérobé le serveur des caméras de surveillance.

Le député caquiste de Chauveau, Sylvain Lévesque, a quant à lui porté plainte au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) jeudi matin après la diffusion d'une image recréée montrant son affiche électorale dégoulinante de sang. 

«Je ne suis pas en panique, mais je veux surtout dénoncer la situation et ne pas prendre ça à la légère quand on voit du sang sur une publication», a-t-il indiqué.