Charles III sera-t-il le «roi Climat»? | 24 heures
/environment

Charles III sera-t-il le «roi Climat»?

Alors qu'il était prince, Charles a prononcé un discours au sommet des Nations unies sur le climat, COP26, à Glasgow, en Écosse, en novembre 2021.
AFP

Alors qu'il était prince, Charles a prononcé un discours au sommet des Nations unies sur le climat, COP26, à Glasgow, en Écosse, en novembre 2021.

Le roi Charles III alerte la planète sur les changements climatiques depuis aussi loin que les années 1990. Il a même prononcé un discours au sommet des Nations unies sur le climat, COP26, à Glasgow, l’an dernier. Maintenant qu’il a accédé au trône, quel rôle peut-il jouer dans la lutte contre les changements climatiques?

• À lire aussi: Quand aura lieu la cérémonie de couronnement de Charles III?

• À lire aussi: 5 choses à savoir sur le nouveau roi Charles III

«Nous n’avons littéralement plus le temps», a-t-il lancé lors de la COP26, exhortant les dirigeants du monde entier à «se mettre sur un pied de guerre» pour lutter contre le réchauffement climatique.

AFP

Ses déclarations sur la crise climatique et son implication ne datent d'ailleurs pas d’hier: il défend les causes environnementales depuis l’époque où c’était inhabituel pour une personne dans sa position publique de le faire, souligne Daniel Béland, directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill. 

Il a également mis de l’avant au fil des ans des projets philanthropiques qui se consacrent, notamment, à la défense de l’environnement, du climat et de la biodiversité.

• À lire aussi: Voici ce qui se passait au Québec lorsque Elizabeth II est devenue reine

Un rôle limité

Maintenant que Charles est roi, quel rôle peut-il jouer dans la lutte contre les changements climatiques? 

S’il avait une certaine liberté et une influence comme prince, ses nouvelles fonctions de monarque limitent les engagements qu’il peut prendre, explique celui qui est aussi professeur au Département de science politique de McGill.

Avec son nouveau rôle vient un devoir de rester neutre pour ne pas intervenir dans les débats politiques du Royaume-Uni, mais aussi des autres pays pour lesquels il est le roi – comme le Canada, rappelle le professeur. 

«Il devra jouer un jeu d’équilibriste, note Daniel Béland. Il devra balancer son intérêt et ses convictions pour la question climatique, et son rôle de roi. Et ça, ça va passer en premier, avant toutes les causes qu’il défend personnellement. Il va continuer de parler de la lutte aux changements climatiques, mais aura-t-il le temps de s’y consacrer autant qu’auparavant? Je ne crois pas, car il a d’autres chats à fouetter maintenant.»

• À lire aussi: Qu’est-ce qui arrivera à l'argent canadien maintenant que la reine est morte?

• À lire aussi: Voici tout ce qui arrivera maintenant que la reine Elizabeth II est morte

Ses nouvelles fonctions occuperont également beaucoup de son temps, mentionne Daniel Béland. 

«Il va devoir s’occuper de ses tâches principales de roi et des fonctions diplomatiques et protocolaires qui viennent avec la couronne. Il aura certainement moins de temps à consacrer à la crise climatique.» 

Mais comme son règne sera plus court que celui d'Elizabeth II, Charles essaiera sans doute de laisser sa marque, et la crise climatique pourrait être son cheval de bataille. 

«Son temps comme roi est compté, tout comme le temps est compté pour lutter contre les changements climatiques. Il y a beaucoup de pression pour changer les choses rapidement, et Charles la ressent certainement», précise Daniel Béland.

Avec des informations de l’AFP, du Washington Post et de Vox

Pas parfait

Malgré son implication dans la cause climatique, le bilan environnemental du nouveau roi n'est pas parfait. 

En 2019, comme il le fait depuis une quinzaine d'années, le monarque a révélé son empreinte carbone. Il a dévoilé que lui et sa femme, Camilla, avaient émis 3344 tonnes de CO2, ce qui représente l’une des plus importantes empreintes de la famille royale. En 2020, il a émis 3133 tonnes de CO2

Charles III pose néanmoins des gestes pour réduire cette empreinte. 

AFP

Sa voiture Aston Martin, qu’il possède depuis plus de 50 ans, a, par exemple, été modifiée pour carburer à un mélange de 85% de bioéthanol – produit avec du surplus de vin blanc et du lactosérum provenant de la fabrication du fromage – et de 15% d’essence sans plomb.

À voir aussi:

s