Des étudiants dénoncent la malpropreté des résidences de l’UQAM | 24 heures
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Des étudiants dénoncent la malpropreté des résidences de l’UQAM

Image principale de l'article Malpropreté dans les résidences de l’UQAM
Photo Joël Lemay, Agence QMI

Insectes morts et vivants, planchers sales, matelas déchiré et réfrigérateur inutilisable: des étudiants se plaignent sur les réseaux sociaux de l'état de certains logements dans les résidences étudiantes de l’UQAM.  

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Après un «accueil rapide et froid» à la résidence Saint-Urbain de l’UQAM, à la fin du mois d’août, Charles réalise rapidement qu’on lui a assigné un logement aménagé pour une personne à mobilité réduite, plutôt que le studio pour lequel il avait signé un bail. Il le signale au personnel de l’établissement, qui lui confirme que ce logement est bel et bien le sien, dit-il.  

Ce n’est pas la seule surprise qui l'attendait.  

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Lorsqu’il met les pieds dans son logement, les planchers sont poussiéreux, la douche est sale et couverte de cheveux, la toilette est souillée et la cuisine est mal-en-point, raconte-t-il. Charles passe le week-end à faire un ménage et à s’installer.  

Quelques jours plus tard, après une visite chez ses parents, au Saguenay, l’étudiant de 20 ans reçoit un appel d’un membre du personnel des résidences de son université. Ce dernier lui annonce qu’il doit déménager dans la journée pour céder sa place à une personne à mobilité réduite.  

«J'essaie de leur faire comprendre que c’est leur erreur», explique Charles. L’étudiant n’aime pas l’attitude de l’employé qui, selon lui, tente de le culpabiliser en lui disant qu’un «handicapé malade» doit vivre à l’hôtel en attendant que sa chambre soit libérée. 

Après une discussion plus cordiale avec un supérieur, Charles accepte de déménager dans un studio. Il le visite et, une fois de plus, le logement est sale. Il demande à ce que le ménage et quelques réparations soient effectués avant son arrivée. Le lendemain, il se résigne finalement à y emménager, sans qu’aucune de ses demandes n’ait été réalisée.  

«J’ai arrêté de courir après eux, parce que je me suis vite rendu compte qu’ils ne feraient pas grand-chose par rapport à ça», confie-t-il.  

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Dénonciations sur Instagram 

Charles ne semble pas le seul à avoir vécu un déménagement difficile aux résidences de l’UQAM. Plusieurs étudiants ont témoigné de leur mauvaise expérience via le compte Instagram uqam.confessions.  

Capture d'écran Instagram

Selon des témoignages, dans certains logements, le matelas était déchiré ou encore le réfrigérateur sans porte, alors que d’autres logis étaient infestés d’insectes. Comme Charles, des étudiants ont également dénoncé la malpropreté de leur chambre.  

Capture d'écran Instagram

Capture d'écran Instagram

«Même le sol du métro est plus propre que celui de l’appartement», a écrit un étudiant étranger dans un des messages anonymes publiés sur Instagram.  

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L’UQAM au courant  

Dans un courriel adressé au 24 heures, l’administration de l’UQAM affirme avoir pris connaissance des commentaires négatifs sur les réseaux sociaux à l’égard des résidences disponibles pour ses étudiants.  

«Lorsqu’une plainte est transmise par une ou un locataire aux personnes-ressources des résidences, un suivi est enclenché dans un délai maximal de 24 heures», assure la directrice des relations de presse de l’UQAM, Jenny Desrochers.  

«La période de rentrée aux résidences implique plusieurs allées et venues d'anciens et de nouveaux locataires. Cette transition amène un lot de demandes et le personnel met tout en œuvre pour y répondre dans les meilleurs délais», poursuit-elle, ajoutant que des visites de contrôle sont effectuées dans chaque logement avant l'arrivée des quelque 900 étudiants qui logent chaque année dans les résidences de l'UQAM. 

Joël Chareyon, vice-président stratégies et affaires du Groupe Alfid, qui gère les résidences de la rue Saint-Urbain, affirme que l'entreprise immobilière est «prêt[e] à collaborer» pour régler la situation. Il dit s'être entretenu samedi avec l'UQAM et le gestionnaire de l'immeuble et que des points de mécontentement ont déjà commencé à être abordés. 

Une toilette bouchée pendant un mois 

Les problèmes d’insalubrité et d’entretien dans les résidences de l’UQAM pourraient ne pas dater d’hier. 

Justine, une ex-étudiante étrangère, avec qui le 24 heures s’est entretenu, a en effet confié s’être vue attribuer un logement en mauvais état, et ce, au début de la session d’hiver 2022.  

Lorsqu’elle a emménagé, il y avait des insectes morts dans son réfrigérateur et sa chambre était infestée de cafards, dit-elle. Pendant un mois, l’étudiante originaire de la France affirme également avoir dû utiliser la salle de bain au rez-de-chaussée de l’immeuble - elle habitait au huitième étage -, parce que sa toilette était inutilisable. Elle soutient avoir dû insister à plusieurs reprises pour qu’un plombier vienne la réparer.  

Cette mauvaise expérience a gâché le début de son séjour de quelques mois à Montréal, regrette l’étudiante qui est depuis retournée étudier en France. «Quand on ne se sent pas bien où on vit, psychologiquement ça n’aide pas à se développer», dit-elle.  

Elle garde néanmoins de beaux souvenirs des résidences, grâce surtout aux rencontres qu’elle y a faites.   

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