Voici 3 sujets climatiques qui auraient dû être abordés pendant le Face-à-Face Québec 2022, selon des environnementalistes | 24 heures
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Voici 3 sujets climatiques qui auraient dû être abordés pendant le Face-à-Face Québec 2022, selon des environnementalistes

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Thierry Laforce / Agence QMI

Troisième lien, émissions de gaz à effet de serre (GES), taxes sur les véhicules polluants: ces sujets ont dominé la section du Face-à-Face Québec 2022 portant sur l’environnement et la crise climatique. Le débat aurait pourtant pu aller plus loin, jugent des environnementalistes. Voici trois sujets qui auraient pu – et dû – être abordés selon eux.

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1- L’adaptation aux changements climatiques

L’adaptation aux changements climatiques, c'est-à-dire la modernisation des infrastructures afin de mieux faire face aux événements climatiques, a été ignorée par les chefs durant le débat.

Et le sujet est d’autant plus important que, deux jours avant le débat, certains secteurs de la grande région de Montréal et de Lanaudière ont été paralysés par des pluies diluviennes, souligne Patricia Clermont, coordonnatrice de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME).

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

«Et ce genre d’événement extrême va arriver encore, de plus en plus souvent et de manière inattendue. Et ça va coûter cher. C’est donc important de planifier la résilience climatique là, tout de suite, pour qu’on puisse s’y préparer le mieux possible», poursuit-elle. 

Quelques heures seulement avant la pluie, dix des maires des plus grandes villes du Québec s’étaient réunis pour réclamer un fonds de 2 milliards $ par année sur cinq ans afin d’adapter les infrastructures municipales aux conséquences des changements climatiques. 

François Legault a tôt fait de rejeter cette demande, jugeant suffisants les investissements prévus dans son plan vert.

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Mercredi, la mairesse de Montréal Valérie Plante avait d’ailleurs qualifié la situation «d’ironique».

«Plus les épisodes liés aux changements climatiques sont importants et forts, plus notre réseau, qui n’a pas été construit pour recevoir ce genre d’épisode-là, [aura de la difficulté]», a-t-elle signalé au cours d’une réunion de son comité exécutif, mercredi matin.  

2- L’intersectorialité de la crise climatique

La crise climatique touche à presque toutes les sphères de la vie des Québécois. Les chefs auraient donc dû en parler tout au long du débat, peu importe la thématique, affirme Caroline Brouillette, directrice des politiques nationales au Réseau action climat Canada.

«Quand je pense à la santé, à l’économie, à l’immigration, ce sont tous des enjeux qui sont transformés par la crise climatique et pour lesquels la crise climatique vient amplifier les iniquités existantes», dit-elle.

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Elle prend pour exemple les migrants climatiques, qui seront de plus en plus nombreux dans les années à venir, alors que les conséquences des changements climatiques vont s’amplifier. 

Les maisons de millions de Pakistanais ont été détruites par les inondations survenues au début du mois.

AFP

Les maisons de millions de Pakistanais ont été détruites par les inondations survenues au début du mois.

«Il y a beaucoup de migrants pour qui les changements climatiques contribuent à leur déplacement, que ce soit à cause d’événements climatiques extrêmes, comme les inondations au Pakistan, ou des phénomènes à évolution lente, comme les sécheresses ou la montée du niveau des eaux», explique Caroline Brouillette.

La question climatique changera aussi le monde de l’emploi, ce qui aura inévitablement des impacts sur les travailleurs, ajoute-t-elle. 

3- Les cobénéfices de l’action climatique

Caroline Brouillette juge que les chefs ont trop insisté sur les sacrifices que doivent faire les Québécois pour lutter contre les changements climatiques, ce qui peut favoriser l’inaction climatique. 

«Ça nous rend un mauvais service de faire ça. La façon dont on parle des changements climatiques est importante et ce n’est pas en donnant l’impression à tout le monde que leur vie va être plus désagréable si on fait notre juste part de l’effort mondial pour limiter le réchauffement climatique», précise-t-elle.

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Selon elle, il est essentiel de parler aussi des bénéfices de l’action climatique. 

«L’action climatique va rendre nos vies meilleures sur d’autres points de vue. Par exemple, au niveau de la santé en réduisant la pollution de l’air ou encore par rapport au temps qu’on passe dans le transport en diminuant les distances parcourues.»

Patricia Clermont abonde dans le même sens. 

«Il y a beaucoup de gens qui sont prêts à changer des choses et à voir les choses changer dans leur quotidien sans nécessairement voir cela comme des sacrifices. Ils savent que la transformation ne sera pas toujours facile, mais beaucoup la voit comme des bénéfices pour tout le monde, parce qu’il s’agit de notre avenir et de celui de nos enfants.»

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