5 choses à savoir sur l'inquiétant superchampignon mortel Candida auris, découvert dans un hôpital de Longueuil | 24 heures
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5 choses à savoir sur l'inquiétant superchampignon mortel Candida auris, découvert dans un hôpital de Longueuil

Une éclosion de superchampignon Candida auris a été déclarée à l’Hôpital Pierre-Boucher à Longueuil. Ce pathogène hautement transmissible et potentiellement mortel est déjà présent dans 17 pays à travers le monde. Voici ce qu’il faut savoir à son sujet.  

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1. Il prolifère dans les hôpitaux et les milieux de soins de longue durée 

Candida auris est une superlevure qui s’attaque aux personnes hospitalisées. Les patients au système immunitaire affaibli, qui ont récemment subi une chirurgie ou qui reçoivent un traitement par intraveineuse, sont particulièrement à risque. 

Photo d’archives

Tout tube qui entre dans le corps est une voie d’entrée pour C. auris. Lorsque le champignon pénètre le système sanguin, il peut se propager partout dans l’organisme.  

Une personne infectée par le superchampignon a de 30 à 60% de possibilités d’en mourir, c’est-à-dire environ une personne infectée sur trois.  

2. Seulement deux cas porteurs ont été découverts pour le moment 

Un premier cas a été découvert le 8 septembre dernier à l’Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil. Un voisin de chambre aurait également été infecté, mais est décédé d’une autre cause.  

Ces deux patients et leurs contacts étroits ont été isolés à l’hôpital. Des dizaines de personnes ayant eu des contacts directs ou indirects ont subi un dépistage.  

On n’a pu identifier la souche du superchampignon parce qu'aucun des deux patients ne revenait de l’étranger. Lors de la dernière éclosion de C. auris au Canada, en 2017, la personne revenait de l’Inde, où elle avait probablement été en contact avec le champignon.

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3. Il résiste aux traitements antifongiques 

Comme en 2017, la souche du Candida auris responsable de l’éclosion à l’Hôpital Pierre-Boucher est considérée comme multirésistante. Ça veut dire qu’elle résiste à tous les traitements antifongiques normalement utilisés en cas d’infection du genre.  

La surprescription de traitements antifongiques et antibiotiques est responsable de l’émergence de ces infections résistantes aux médicaments, avertissent les scientifiques depuis des années.  

FOTOLIA

D’autres souches du champignon avaient été identifiées au Canada en 2012, mais elles n’étaient pas multirésistantes.  

Une fièvre qui persiste même après un traitement aux antibiotiques est un signe d’infection par Candida auris. Cependant, les personnes infectées présentent souvent d’autres troubles de santé, ce qui rend le champignon difficile à détecter par ses symptômes. De plus, une analyse en laboratoire est nécessaire pour diagnostiquer une infection avec certitude.  

4. Il peut contaminer des surfaces pendant des semaines 

Hautement contagieux, le champignon se pose sur toutes les surfaces autour des patients infectés, et ce, pendant des semaines.  

Photo d'archives, Agence QMI

Les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) aux États-Unis recommandent de nettoyer quotidiennement la chambre des patients infectés. Même après un traitement, le champignon peut persister sur la peau et des parties du corps sans causer de problèmes de santé.  

Toute personne en contact avec une personne infectée doit se laver régulièrement les mains. Certains désinfectants ne sont pas efficaces pour se prévenir contre C. auris.  

5. Sa propagation est accélérée par les changements climatiques 

Depuis sa découverte au Japon, en 2009, Candida auris s’est propagé dans 17 pays. Il est maintenant considéré comme endémique aux États-Unis tant il est présent dans ses hôpitaux.  

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Les changements climatiques sont évoqués par la communauté scientifique pour expliquer la prévalence accrue du superchampignon. Il s’est adapté aux températures élevées observées à travers le globe. La perte de biodiversité causée par l’activité humaine permet aussi l’émergence de nouveaux pathogènes.   

L’utilisation de pesticides antifongiques dans les cultures aurait également encouragé la propagation de C. auris en éliminant ses compétiteurs.