Adaptation aux changements climatiques: il y a urgence d’agir, mais les chefs n'ont pas grand-chose à proposer | 24 heures
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Adaptation aux changements climatiques: il y a urgence d’agir, mais les chefs n'ont pas grand-chose à proposer

Image principale de l'article Les chefs n’ont pas grand-chose à proposer
Photo Agence QMI, Thierry Laforce

La quasi-totalité des chefs s’est entendue lors du débat présenté à Radio-Canada jeudi soir sur l’idée qu’il faut cesser d’opposer l’économie et les changements climatiques, sans toutefois proposer le financement nécessaire pour adapter les villes aux impacts de la crise. Mais si des investissements massifs ne sont pas faits maintenant, l’adaptation coûtera encore plus cher à l’État dans les prochaines années, plaident les experts.  

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Le Québec subit déjà les conséquences des changements climatiques. Et on le sait: les événements météorologiques extrêmes comme les canicules, les inondations, les feux de forêt, les glissements de terrain ou les pluies torrentielles vont se multiplier dans les années à venir.  

Il est donc urgent d'adapter les infrastructures, mais la facture s’annonce importante. 

Dans un sondage Léger commandé par Vire au vert, 73% des Québécoises et Québécois disent s’inquiéter des coûts des changements climatiques pour les fonds publics et leurs finances personnelles. 

«On est totalement en retard par rapport au climat», lançait le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque, la semaine dernière, au lendemain du déluge qui s'est abattu sur Montréal et qui a paralysé le service de métro.  

Photo courtoisie, Philippe Orfali

«Les risques liés aux changements climatiques ont augmenté, mais nos actions sur le terrain, elles, ne se sont pas adaptées», a prévenu le météorologue.   

L’adaptation presque absente des plateformes  

Malgré l’urgence d’agir et l’inquiétude de la population, l’adaptation de nos infrastructures, comme le métro de Montréal, demeure dans l’angle mort des plateformes environnementales des cinq principaux partis. 

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Et la question n’a même jamais été abordée en débat. 

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Dans son Plan pour une économie verte de 7,6 G$, la Coalition Avenir Québec (CAQ) prévoit y consacrer 5% d’ici 2027, soit une somme de 380 M$.  

François Legault, Dominique Anglade, Paul St-Pierre Plamondon, Gabriel Nadeau-Dubois et Éric Duhaime

Photo La Presse canadienne

François Legault, Dominique Anglade, Paul St-Pierre Plamondon, Gabriel Nadeau-Dubois et Éric Duhaime

Québec solidaire compte mettre sur pied un Fonds d’urgence climatique de 500 M$ par année pour un total de 1,5 G$ à la fin d’un mandat solidaire, «pour avoir de l’argent pour faire face aux changements climatiques». 

Le Parti libéral souhaite quant à lui élaborer des «stratégies régionales» contre l’érosion, et le Parti québécois veut finalement «renforcer l’adaptation des collectivités». 

Rien n’est suggéré à ce sujet au Parti conservateur du Québec. 

Deux milliards de dollars par année selon Ouranos 

Est-ce que les propositions des partis sont suffisantes? Les experts estiment que non. 

Le coût d’adaptation aux changements climatiques pour les villes se chiffre à deux milliards de dollars par année, selon une étude de WSP et Ouranos commandée par l’Union des municipalités du Québec dans le cadre de la campagne électorale.  

À titre d’exemple, les aides financières cumulatives après les inondations de 2017 et 2019 au Québec ont totalisé à elles seules plus de 500 M$, confirme un rapport de l’Institut du Québec sur l’intégration des risques climatiques dans les finances publiques, en janvier dernier.  

À l’été 2018, les indemnités d’assurance récolte dues à la sécheresse ont quant à elles coûté près de 60 M$ au gouvernement.