Marche pour le climat: «L’élection de la dernière chance est passée» | 24 heures
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Marche pour le climat: «L’élection de la dernière chance est passée»

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Joël Lemay / Agence QMI

Des milliers de jeunes se sont rassemblés vendredi après-midi à Montréal pour dénoncer «le manque d’engagements électoraux» en matière de lutte aux changements climatiques et exhorter le gouvernement à sortir des énergies fossiles. Un message qu’ils n’ont pas hésité à faire entendre aux politiciens présents sur place.

Pour Diego Ruffolo, qui participe à la marche pour la justice climatique, «l’élection de la dernière chance est passée. C’est plutôt l’élection du rattrapage.»

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Il garde tout de même espoir – «on n’a pas le choix», dit-il – que les choses vont changer et que les politiciens finiront par adopter des mesures plus agressives pour lutter contre les changements climatiques.

Or, face au constat que l’économie est la priorité de plusieurs des partis à l’élection, Oriane Rullier se montre plus pessimiste. «Est-ce que ça me donne espoir en l’avenir du Québec? Non. L’espoir est mort», répond-elle.

D’autres militants font écho au message des organisateurs et exigent plus de courage politique de la part du prochain gouvernement. 

«Vous devez reconsidérer vos priorités! Notre avenir est en jeu et c’est l’environnement qui va faire changer le plus de choses. [...] C’est un peu désespérant, mais j’espère qu’on va pouvoir faire bouger les choses avec toutes les voix qu’il y a ici aujourd’hui», indique Onaï Ivanga. 

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«Écoutez les jeunes! Regardez autour comment [la lutte aux changements climatiques] nous tient à cœur. Ce n’est plus le temps de faire la course à l’argent, il faut prioriser l’environnement. Nous sommes les citoyens de demain; dans 20 ans, 30 ans, ce sera à notre tour. Laissez-nous donc une planète viable», lance Noah Morvallevac, qui se dit écoanxieux. 

Benoit Charette chassé par les manifestants

Accompagné des ministres Pierre Fitzgibbon et Chantal Rouleau, le ministre sortant de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques Benoit Charette s’est rendu à la manifestation. Sa visite a toutefois été de courte durée, puisqu’il est parti après s’être fait apostropher par des manifestants avant le début de la marche.

«On tenait à être présent pour démontrer toute l’attention qu’on porte aux dossiers environnementaux. Je pense qu’on a un bilan qui est plus qu’intéressant sur plein de points de vue en environnement», a dit M. Charette, en mêlée de presse peu après son arrivée sur les lieux.

Selon lui, le gouvernement en a fait «beaucoup» au cours des quatre dernières années en matière environnementale, estimant qu’il n’y a «aucun équivalent dans l’Histoire du Québec».

Le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, entouré de militants à la grève pour le climat organisée à Montréal.

PHOTO AGENCE QMI, FÉLIX LACERTE-GAUTHIER

Le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, entouré de militants à la grève pour le climat organisée à Montréal.

Son point de presse a toutefois été interrompu, alors que les cris des manifestants ont rendu son déroulement impossible.

«Engagez-vous ou dégagez!» ont-ils scandé d’une même voix.

Les organisateurs de la marche, qui étaient également du nombre, ont fait savoir au ministre qu’il n’était pas la bienvenue.

Après une trentaine de minutes sous les huées de la foule, la délégation de la CAQ a quitté la marche, suscitant des acclamations moqueuses.

Plus de 145 000 personnes en grève

Quelque 130 000 étudiants et 14 000 travailleurs ainsi que des syndicats et des groupes communautaires étaient en grève pour répondre ainsi à l’appel mondial du mouvement «Fridays for Future», lancé par la militante environnementaliste Greta Thunberg.

Outre Montréal, des manifestations pour le climat ont eu lieu, entre autres, à Québec, à Gatineau, à Sherbrooke, à Granby, à Saint-Jérôme, à Trois-Rivières, à Rouyn-Noranda, à Mont-Laurier, à Rimouski et Victoriaville.

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