Une immense bannière contre le projet de Ray-Mont Logistiques sur l’ancien incinérateur Dickson | 24 heures
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Une immense bannière contre le projet de Ray-Mont Logistiques sur l’ancien incinérateur Dickson

Image principale de l'article Les opposants installent une immense bannière
Photo courtoisie Mobilisation 6600 Parc-nature MHM

Un groupe de citoyens opposés à l’arrivée d’une plateforme de transbordement de marchandises de Ray-Mont Logistiques à Hochelaga a déployé une bannière entre les cheminées de l’ancien incinérateur Dickson dimanche matin. On peut y lire : «Stop Ray-Mont, #RésisterEtFleurir pour la justice climatique».

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Le projet de l’entreprise Ray-Mont Logistiques, une plateforme de transbordement de marchandises, serait situé sur le site de l’ancienne Canadian Steel Foundries. Des camions pourraient circuler 24 heures sur 24 sur ce terrain où 10 000 conteneurs pourraient être empilés. Un train d’une centaine de wagons est également censé y passer. Le site est situé à une centaine de mètres de logements sociaux et d’un CHSLD. 

Or, selon le groupe Mobilisation 6600, un mouvement citoyen pour la préservation des espaces verts de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve qui est derrière l’action militante de dimanche, un tel projet n’a tout simplement pas sa place. 

Photo courtoisie Mobilisation 6600 Parc-nature MHM

«Les derniers rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) le disent, il faut préserver les espaces verts urbains actuels, reboiser, favoriser l’agriculture urbaine. C’est un parc-nature dont on a besoin, dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, pas d’un parc à conteneurs», estime la co-porte-parole du mouvement, Cassandre Charbonneau-Jobin.

En entrevue au 24 heures, celle-ci énumère les désagréments qu’un tel projet causerait pour le bien-être et la santé des populations avoisinantes : bruit 24 heures sur 24, poussières causées par le transbordement de grains, particules fines dues au passage de camions, dégradation de la qualité de l’air, pollution lumineuse, vermine, vibrations causées par les trains, etc.

Se faire entendre

Le groupe de citoyens milite depuis plus de 6 ans contre le développement industrialo-portuaire dont Ray-Mont Logistiques fait partie et compte bien continuer de faire entendre sa voix.

«Ça fait depuis 6 ans qu’on milite [...]. On est passés à travers les étapes de consultation publique, les pétitions, on a demandé que la zone soit soumise à un BAPE et on n’a rien obtenu de ça. Donc, là on est rendus à se faire entendre de manière beaucoup plus visible, beaucoup plus graphique, plus spectaculaire d’où la bannière de ce matin», explique Mme Charbonneau-Jobin.

L’Est délaissé?

Le collectif de militants rappelle que le secteur où le projet est prévu a des revenus et un niveau scolaire plus bas que la moyenne. On y retrouve moins d’arbres, plus de minéralisation et les vagues de chaleur y font plus de victimes, une raison de plus selon eux pour conserver un rare terrain vague qui pourrait facilement être transformé en espace vert.

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Photo courtoisie

«La santé des gens de l’est de Montréal vaut-elle moins que celle des gens de Westmount ? Plutôt que de corriger les nuisances, on nous propose d’en rajouter avec Ray-Mont Logistiques, l’asphaltage d’un terrain de 2,5 millions pieds carrés, et l’augmentation de la circulation automobile et de camions par le prolongement du boulevard Assomption», déclare Anaïs Houde, une co-porte-parole de Mobilisation 6600. 

De son côté, l'entreprise Ray-Mont Logistiques a fait parvenir par courriel au 24 heures son avis par rapport aux revendications des manifestants. 

«Nous sommes conscients que certaines personnes sont préoccupées par l’intégration harmonieuse de notre projet dans le secteur. C’est pour cette raison que nous travaillons au développement d’un projet respectueux en collaboration avec les différents acteurs du milieu. Tel que démontré par des études scientifiques, le déménagement de nos activités à proximité du Port de Montréal représente des gains environnementaux importants pour la métropole, notamment en permettant une diminution de près du tiers du camionnage lourd total sur la rue Notre-Dame», peut-on lire dans le courriel.

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