Santé mentale: les ressources alternatives sauvent des vies et ont besoin de financement | 24 heures
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Santé mentale: les ressources alternatives sauvent des vies et ont besoin de financement

Peter Belland
Photo Julien Bouthillier

Peter Belland

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, de nombreux organismes communautaires offrant des approches alternatives pour le bien-être psychologique se sont rassemblés à Montréal. Ils tenaient à rappeler l’importance de leurs interventions et ont appelé le gouvernement à mieux les soutenir.

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Carole Lévis a bénéficié du soutien d’un de ces organismes lorsqu’elle a vécu des épisodes difficiles pour sa santé mentale. Sans les ressources alternatives dont elle a bénéficié, elle estime qu’elle aurait mis fin à ses jours, tant son «mal à l’âme» était puissant. 

Carole Lévis

Photo Julien Bouthillier

Carole Lévis

«J’y pense [encore] des fois aussi, mais ce n’est pas aussi intense que dans les débuts. Puis, quand ça m’arrive, j’appelle les travailleurs dans les ressources et ça me remet un peu sur la map et mon idée disparaît», confie-t-elle au 24 heures.  

Elle estime qu’il est essentiel que diverses ressources avec des approches différentes soient financées afin que chaque personne puisse bénéficier de la ressource qui lui convient le mieux.

«C’est d’avoir des options, un "ailleurs et autrement", une alternative [...]. Souvent, quand on est avec les médecins, il n’y en a pas d’alternative: c’est l’hôpital. Mais quand on est bien dirigés, c’est aidant», explique-t-elle en citant les centres de crise et les centres d’apaisement comme alternatives à l’hôpital pour certaines clientèles. 

Carole Lévis

Photo Julien Bouthillier

Carole Lévis

 

Ce ne sont toutefois pas les seules ressources alternatives qui existent. Des groupes d’entraide, des maisons de transition, des centres de jour ou de soir et des services d’écoute téléphonique sauvent également des vies.

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Une implication des bénéficiaires 

Peter Belland a souffert de dépression et a lui aussi songé au suicide. C’est une ressource alternative en santé mentale qui lui a permis de s’en sortir. 

«Le meilleur de l’alternative, c’est l’entraide! Entre nous, on discute souvent de nos maux, de nos troubles, puis on se rend compte qu’on a des points communs et des différences marquées», explique-t-il.

Peter Belland

Photo Julien Bouthillier

Peter Belland

Il souhaite aujourd’hui redonner au suivant en s’impliquant dans cet organisme, une implication qui profite aux bénéficiaires, mais également à lui. 

«En devenant impliqué dans ma ressource, en faisant de la gestion, en participant à la mobilisation [...], je sors de chez moi et je me prends en main. Alors, en me prenant en main comme ça, je me suis revalorisé parce que je me dévaluais en voulant me suicider: [je me sentais] complètement inutile à la société. Mais là, je me sens plus utile à la société en plus de faire la promotion de l’alternative», ajoute-t-il. 

Des ressources sous-financées qui sauvent des vies

Les organismes estiment qu’un financement public à la mission (à long terme, et non un financement par projet) est crucial pour répondre aux besoins grandissants des populations vulnérables.

«Il y a urgence que le gouvernement agisse sur les causes de la souffrance, mais également pour élargir l’accès à une diversité d’accompagnements en santé mentale», estime Anne-Marie Boucher, co-responsable à l’action sociopolitique du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ).

D’ailleurs, on note récemment une hausse des demandes d’aide qui est notamment due à la conjoncture économique.

Martin Renaud en sait quelque chose, lui qui vit dans la rue depuis plus d’un mois, incapable de trouver un logement à un prix raisonnable. L’homme, qui souffre de dépression, n’avait jamais vécu de situation d’itinérance aussi intense auparavant. Il est gêné de la situation, mais accepte de témoigner à visage découvert au 24 heures afin de sensibiliser le gouvernement à la situation qu’il vit.

Martin Renaud

Photo Julien Bouthillier

Martin Renaud

«C’est ça mon cri du cœur! M. Legault, faites de quoi, des appartements sociaux, s’il vous plaît, soyez compréhensif. Vous ne vivez pas la misère que nous on vit, on la vit sérieusement. Passez 24 heures avec moi, une journée pas d’argent, rien, à nu. Passez 24 heures pas de couverture, rien. Venez passer 24 heures avec moi, M. Legault, vous allez voir. Peut-être qu’après ça vous allez faire de quoi pour nous. Je pense que vous n’avez pas vécu c’est quoi souffrir», supplie-t-il. 

Martin Renaud

Photo Julien Bouthillier

Martin Renaud

Grâce à un organisme communautaire, M. Renaud aura une rencontre avec une travailleuse sociale de rue au lendemain de sa rencontre avec le 24 heures. Il espère qu’avec son aide, il pourra régler sa situation.  

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE   

Ligne québécoise de prévention du suicide 

www.aqps.info 

• 1 866 APPELLE (277-3553)     

Jeunesse, J’écoute 

www.jeunessejecoute.ca 

• 1 800 668-6868     

Tel-jeunes 

www.teljeunes.com 

• 1 800 263-2266

À VOIR : 

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