Crise du logement: voici pourquoi on dénonce de plus en plus les flips immobiliers | 24 heures
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Crise du logement: voici pourquoi on dénonce de plus en plus les flips immobiliers

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Photomontage Marilyne Houde

Surchauffe immobilière, crise du logement: la situation de l’habitation à Montréal n’est pas rose. Certains investisseurs immobiliers en profitent tout de même pour faire des flips immobiliers qui peuvent leur rapporter gros. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le phénomène et ce que comptent faire les élus.

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C’est quoi, au juste, un flip?  

Ce qu’on appelle un flip immobilier, c’est le fait d’acheter une propriété à bas prix et de la revendre rapidement dans le but de réaliser un profit. Généralement, ce sont des propriétés qui nécessitent un peu d’amour. Les propriétaires vont donc les rénover avant de les vendre à un prix plus élevé qu’ils ne les ont achetées. 

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On inclut aussi dans les flips la conversion d’immeubles à condos, la location avec option d’achat ou encore l’achat d’une propriété sur plan au rabais pour ensuite la revendre lorsqu’elle est construite, selon le site Guide Habitation.

Joël Lemay / Agence QMI

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) les appelle aussi des «reventes rapides», c’est-à-dire des propriétés ayant été vendues au moins deux fois en 12 mois. Ce type de transaction a d’ailleurs bondi de 28% depuis 2020 dans le Grand Montréal, selon un rapport.

Est-ce légal?  

Oui, les flips sont tout à fait légaux, même si la pratique est décriée par plusieurs parce qu’elle contribuerait à la crise du logement. Même la SCHL le dit: «une augmentation des achats spéculatifs, comme les reventes rapides, intensifie la concurrence pour les ménages qui cherchent simplement à répondre à un besoin en matière de logement».

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L’organisme ajoute cependant que les reventes rapides ne constituent «probablement pas le facteur le plus déterminant pour expliquer les problèmes d’abordabilité actuels». On note tout de même que les prix des maisons unifamiliales et des plex (multilogements) faisant l’objet de flips augmentent de 30% à 40% entre l’achat et la revente. 

Un enjeu électoral  

Même si les reventes rapides ne représentent qu’une infime partie des transactions immobilières dans la région – à peine 3,2% –, les candidats à la mairie de Montréal ont les flips immobiliers dans leur mire. 

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Tous les partis s’entendent sur l’importance des logements abordables; c’est plutôt le nombre proposé qui varie. Les promesses vont de 30 000 nouveaux logements locatifs pour Mouvement Montréal, à 50 000 pour Ensemble Montréal et jusqu’à 60 000 pour Projet Montréal. Ce dernier est le seul à prévoir une clause dictant qu’un logement abordable doit le rester sur une période de 40 ans.

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«Il faut vraiment se pencher sur la question de l’abordabilité pérenne. [Ce qui] se passe à Montréal, comme dans d’autres grandes villes, c’est [qu’il] y a des logements qui sont abordables, les loups les achètent et les flippent. Si on veut garder l’abordabilité sur les cinquante prochaines années, il faut agir et c’est ça notre plan de match pour le prochain mandat», a indiqué la cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, lors d’un débat qui s’est tenu mardi dernier.

Le fédéral s’y intéresse aussi  

Il n’y a pas que le municipal qui s’intéresse à la question. Lors de la campagne électorale fédérale, tant le Parti libéral du Canada que le Nouveau Parti démocratique (NPD) avaient inclus des propositions en matière de logement qui visaient les flips immobiliers dans leur programme.

Les libéraux avaient proposé une taxe «anti-flip immobilier» pour obliger les propriétaires d’immeubles à conserver la propriété pendant au moins 12 mois. Maintenant que Justin Trudeau a été réélu comme premier ministre, il ne reste plus qu’à voir s’il tiendra sa promesse.

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De son côté, le chef du NPD, Jagmeet Singh, avait promis d’augmenter le montant imposable des gains en capital pour que celui-ci passe de 50% à 75%. On paie cet impôt lorsqu’on réalise la vente d’une action ou d’un bien immobilier, mais ça ne s’applique pas à la résidence principale. Dans la mesure où une propriété ayant fait l’objet d’un flip n’est pas considérée comme une résidence principale, le propriétaire aurait dû payer cet impôt.