Il y a peu de chances qu’on limite le réchauffement à 1,5 °C, dit l’ONU | 24 heures
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Il y a peu de chances qu’on limite le réchauffement à 1,5 °C, dit l’ONU

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AFP

Les engagements actuels pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) «ne constituent pas une stratégie crédible» pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, affirme l’ONU. 

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On se dirigerait plutôt vers un réchauffement de 2,8 °C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle en fonction des engagements actuels, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Cela engendrerait les pires conséquences des changements climatiques: les canicules, les sécheresses, les feux de forêt et les inondations, par exemple, deviendraient ainsi plus fréquents et plus intenses. 

Un autre rapport publié cette semaine établit que ces mêmes politiques mènent seulement à une baisse des émissions mondiales de GES entre 5% et 10% d’ici 2030 par rapport à aujourd’hui. C’est donc très loin des 45% nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Sans oublier l’atteinte de la carboneutralité en 2050.

«Ce rapport nous dit en termes scientifiques très clairs ce que la nature nous dit depuis le début de l’année à travers des inondations, des tempêtes et des incendies meurtriers: nous devons cesser de remplir notre atmosphère de gaz à effet de serre, et le faire rapidement», a déclaré Inger Andersen, directrice générale du PNUE.

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Une année «gachée»

Le patron de l’ONU, António Guterres, y va en termes plus directs: les engagements climatiques sont «pitoyablement» insuffisants. «Nous nous dirigeons vers une catastrophe mondiale.»

«Les engagements à la neutralité carbone ne valent rien sans des plans, des politiques et des actions pour les soutenir, a-t-il poursuivi. Notre monde ne peut plus se permettre de faire du greenwashing, d’avoir des faux-semblants, des retardataires.»

Pour l’une des auteures principales du rapport du PNUE, Anne Olhoff, l’année 2022 a carrément été «gâchée» tant les progrès ont été lents, rapporte l’AFP. 

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«Ce qui ne veut pas dire que tous les pays ne prennent pas les choses au sérieux. Mais globalement, c’est très loin d’être satisfaisant», a-t-elle renchéri.

C’est que les États présents l’an dernier à la COP26 de Glasgow s’étaient engagés à rehausser leurs engagements. Or, seuls 24 des 196 pays signataires de l’Accord de Paris, qui fixe la limite du réchauffement climatique entre 1,5°C et 2°C pour être viable, l’ont fait.

«C’est désastreux!»

Patrick Bonin, responsable des politiques Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, déplore les résultats «désastreux» du rapport. 

«Plus tôt cette année, les plus grands scientifiques du monde ont non seulement souligné qu’il est urgent d’agir, mais aussi que c’est encore tout à fait faisable de réduire les émissions mondiales de moitié d’ici la fin de la décennie. Il existe toute une panoplie de solutions permettant de favoriser les changements systémiques et la transition rapide qu’il faut opérer en vue de l’abandon des énergies fossiles», a-t-il ajouté dans un communiqué de presse.

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Il estime néanmoins que les rapports publiés récemment arrivent à point nommé, alors que la prochaine conférence sur le climat, la COP27, s’ouvre dans à peine 10 jours en Égypte. Selon lui, ils servent de rappels aux gouvernements «qu’ils doivent revoir leurs plans climatiques et faire preuve de plus de coopération».

— Avec l’AFP

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