Quels bars de Montréal sont «hantés»? On en a visité quelques-uns | 24 heures
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Quels bars de Montréal sont «hantés»? On en a visité quelques-uns

Image principale de l'article Quels bars de Montréal sont «hantés»?
Photo Élise Lacombe

À l’occasion de l’Halloween, le 24 heures a participé à une tournée des bars «hantés» du centre-ville de Montréal. Voici un compte-rendu de cette expérience... fantomatique. 

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C’est au pub McKibbin’s, sur la rue Bishop, que nous avons rendez-vous, dimanche après-midi, ma collègue Élise et moi. La dernière fois qu’on a mis les pieds dans ce bar, c’était pour un party universitaire. Nos souvenirs riment donc plus avec bonheur qu’avec horreur. 

À notre arrivée, en après-midi, l’ambiance à l’intérieur de l’établissement est bien différente qu’en soirée. Les lumières allumées révèlent des détails de ce bâtiment historique qui seraient autrement passés inaperçus.  

À l’étage, Anton Golikov nous attend. Le comédien de formation nous servira de guide pour l’après-midi. Une trentaine de personnes participent à l’activité organisée par Montréal hanté.  

Anton Golikov

Photo Élise Lacombe

Anton Golikov

Même si la tournée des bars s’articule autour de possibles phénomènes paranormaux et de légendes, elle s’appuie sur de véritables faits historiques. Même que c’est un historien, Donovan King, le fondateur de Montréal Hanté, qui a imaginé le scénario de la tournée.  

Pas besoin donc de croire aux fantômes pour participer à une visite de Montréal hanté – personnellement, je n’y crois pas tellement –, car vous y apprendrez plein de choses sur l’histoire de la métropole. 

Photo Élise Lacombe

«Il y a un élément magique là-dedans, mais il y a aussi un élément très très groundé de faits historiques», confie Anton Golikov, qui collabore depuis six ans avec Montréal hanté.  

McKibbins Irish Pub: la demeure d’une précurseure 

La visite débute donc au McKibbin's Irish Pub, qui se trouve dans un manoir construit en 1904. Le Dr Frank Richardson England y résidait avec son épouse, Grace Octavia Ritchie, la première femme à avoir obtenu un diplôme de médecine au Québec.  

Le McKibbin's Irish Pub

Photo Élise Lacombe

Le McKibbin's Irish Pub

Militante féministe de la première heure, elle a fait sa formation médicale à l’Université Bishop – l’Université McGill estimait que la médecine était un domaine réservé aux hommes.  

C’est dans le manoir de la rue Bishop, occupé aujourd’hui par le McKibbin’s, que celle qui a également milité pour le droit de vote des femmes a pratiqué la médecine. Elle est morte en 1948, huit ans après l’obtention du droit de vote pour les femmes au Québec.  

À en croire notre guide, elle n’aurait toutefois jamais vraiment quitté sa maison.  

Le McKibbin's Irish Pub

Photo Élise Lacombe

Le McKibbin's Irish Pub

Anton Golikov raconte en effet que des employés du McKibbin’s soutiennent que l’esprit de Mme Ritchie occupe toujours les lieux. Certains clients jurent même avoir aperçu le reflet de la femme dans un des miroirs de l’établissement. Pintes renversées, clients qui trébuchent dans l’escalier et objets projetés au sol: Mme Ritchie n'aimeraient pas tellement que des fêtards se rassemblent ainsi chez elle.  

Sir Winston Churchill Pub: le chroniqueur fêtard 

Dans les années 60 et 70, la tension linguistique à Montréal était à son comble. Alors que les pubs de la rue Crescent étaient prisés par la communauté anglophone, le chroniqueur du quotidien The Gazette, Nick Auf der Maur, se rendait régulièrement au Sir Winston Churchill Pub pour écrire ses chroniques, tout en buvant et en fumant des cigares. 

Toujours assis dans le même fauteuil, il a été un témoin privilégié de l’histoire de Montréal et du Québec, comme la crise d’Octobre, lors de laquelle il a été arrêté de manière arbitraire, à l’instar de plusieurs figures associées à la gauche de l’époque. Après sa carrière journalistique, il a occupé le poste de chef de l'opposition officielle à l’hôtel de ville.  

La ruelle Nick Auf der Maur, qui longe le Sir Winston Churchill Pub

Photo Élise Lacombe

La ruelle Nick Auf der Maur, qui longe le Sir Winston Churchill Pub

À sa mort, en 1988, la Ville de Montréal a nommé la petite ruelle qui longe le pub où il a passé tant de temps en son honneur. Et selon des employés de pub, il n’y a pas que son nom qui soit encore associé à l’établissement, raconte notre guide. 

Notre journaliste dans la ruelle Nick Auf der Maur

Photo Élise Lacombe

Notre journaliste dans la ruelle Nick Auf der Maur

Hurleys Irish Pub: les cris des flammes  

Le Hurley's Irish Pub

Photo Élise Lacombe

Le Hurley's Irish Pub

Des bars de la rue Crescent sont établis dans de vieux bâtiments qui abritaient autrefois des appartements populaires. C’est le cas du Hurley’s, qui se trouve dans un établissement qui aurait été la proie des flammes à de nombreuses reprises au siècle dernier. En 1920, une femme qui habitait au-dessus du local occupé par le bar serait même morte lors d’un de ces incendies.  

Photo Élise Lacombe

 

Des employés affirment avoir entendu le cri strident d’une femme en plein milieu de la nuit, pendant une fête pour les employés, raconte notre guide. Des employés lui attribuent également des fuites de fûts de bière. Finalement, une légende veut que des passants aient aperçu la silhouette d’une femme qui regarde par la fenêtre de ce qui était jadis son appartement.  

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En plus de la tournée des bars, Montréal hanté offre plusieurs visites hantées de différents quartiers montréalais. Tous les détails se trouvent sur leur site web.

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