À 76 ans, elle s'implique pour créer des ponts avec les jeunes | 24 heures
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À 76 ans, elle s'implique pour créer des ponts avec les jeunes

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Depuis quelques années déjà, Odette Bourdon, une personne aînée de Montréal, s’implique de plusieurs façons dans sa communauté. Pour créer des ponts avec les jeunes générations, elle souhaite plus que tout faire rayonner le rôle et l’apport des personnes aînées dans différentes communautés et encourager leur inclusion et participation sociale.

Auteure d’une quinzaine de livres, la retraitée de Télé-Québec et du quotidien Montréal-Matin a travaillé pendant 50 ans dans les médias. Maintenant âgée de 76 ans, Odette Bourdon fait partie du Réseau Résilience Ainé.es Montréal (RRAM), un regroupement d’organismes communautaires et publics qui collabore pour changer la dynamique du vieillissement à Montréal. 

Fruit de la mobilisation de huit organismes montréalais, le RRAM a comme mission de faire de la métropole une collectivité accueillante où l’on reconnait la contribution des personnes aînées dans la vie quotidienne des Montréalais(es) en valorisant la participation sociale des plus de 55 ans, incluant les personnes aînées, racisées, immigrantes, issues des minorités ethnoculturelles et de la communauté LGBTQ+ et en sensibilisant la population à l’importance de celle-ci.

En s'impliquant au RRAM, elle veut donc favoriser davantage l'inclusion des personnes aînées dans la société. «Je rêve d’une maison des citoyens, un lieu d’échanges entre des personnes de tous âges et de tous horizons, destinée à créer un milieu inclusif pour les aînés», confie-t-elle.

Retrouvailles en 2018 des anciens du Montréal-Matin au Café Cherrier, 40 ans après la fermeture du journal.

Siégeant au Conseil citoyen du RRAM depuis 2021 – en compagnie d’une quinzaine de personnes aînées issues d’horizons variés –, ce groupe est à la recherche constante de solutions et de moyens pour intégrer les personnes aînées dans les projets, les lois et les initiatives issues des instances politiques. Cette quête pousse Mme Bourdon à s’inspirer des jeunes générations qui ont une facilité à communiquer leurs besoins et à exprimer leurs pensées.

Elle estime que les jeunes sont plus libres et plus en lien avec le monde, en ayant la capacité de tout trouver plus rapidement. «Ils sont sans doute plus privilégiés, même si j’observe que leur quotidien manque parfois de pauses, d’espaces de réflexions ou d’instants de solitude», mentionne-t-elle.

À son avis, on devrait apprendre à être bien avec soi-même dès le plus jeune âge «Aujourd’hui, on sent que plusieurs ont peur de passer inaperçus. Quand j’étais jeune, on était plus anonymes... et je pense que c’était mieux ainsi!», souligne-t-elle

Redevable aux générations précédentes

Sur le première photo, Odette Bourdon pose, en 1973, avec un de ses contes pour enfants sur le Québec. Sur la deuxième photo, elle pose au Salon de la femme dans les années 70 avec des collègues de CKAC, Claire Caron et Danielle Carrière.

En plus de son implication citoyenne, Mme Bourdon vit comme pigiste, livre des mandats de correction et de révision, œuvre à un projet de film et planche sur un livre. Selon elle, l’actuelle vitalité de Montréal est en grande partie redevable aux générations qui ont participé à transformer la métropole en lieu vibrant, où la culture et l’ouverture sur le monde s’expriment dans tous ses quartiers.

Odette Bourdon en est un bon exemple. Elle a vécu pendant 54 ans sur Le Plateau-Mont-Royal avant de s’établir près du métro Beaubien. D’ailleurs, on la retrouve souvent en train de bouquiner à la librairie Raffin, de s’imbiber de l’odeur du pain frais à la boulangerie Automne ou de visionner un film au Cinéma Beaubien.

En participant à des rencontres de réflexions visant des changements concrets, ou encore en signant des textes par le passé dans le magazine de la FADOQ, Odette Bourdon cherche à «prendre la parole pour ceux et celles qui n'ont pas le temps ni l'énergie de le faire».

Consciente de sa chance et reconnue pour son franc-parler, elle juge crucial de transposer cette parole dans l’espace public, «il est important que les personnes aîné.es, les femmes surtout, prennent la parole et occupent une place significative.»

Grâce au soutien de plusieurs organismes, de partenaires et de personnes citoyennes impliqués comme elle, le RRAM participe à la transformation de certaines normes sociales, comme les stéréotypes et préjugés souvent associés aux personnes aînées, leurs conditions de vie, les politiques publiques et le pouvoir d’agir des acteurs de proximité.

Son souhait pour le futur: «J’espère, entre autres, que les jeunes (surtout les femmes) seront encore plus libres, indépendants et bien avec eux-mêmes, puisque rien n’est acquis!»