«Je n’ai plus à dire que je suis une femme trans»: des propos d’Ally d’«OD Martinique» sèment la controverse | 24 heures
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«Je n’ai plus à dire que je suis une femme trans»: des propos d’Ally d’«OD Martinique» sèment la controverse

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Capture d'écran Instagram

Dans une vidéo qui circule sur Instagram et TikTok, Ally, candidate à Occupation double Martinique, explique qu’elle ne se considère plus comme une femme trans parce qu’elle a subi une chirurgie d’affirmation de genre. Voici pourquoi un discours comme celui-là ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté LGBTQ+.  

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«Pour moi, le “t” dans transgenre n’est pas une orientation sexuelle, c’est une transition. C'est le mot pour dire que tu transitionnes d’un sexe à l’autre. Pendant la transition, j’étais trans, mais aujourd’hui, je suis une femme parce que je ne transitionne plus. J'ai une noune. Je n’ai plus à dire que je suis une femme trans, a-t-elle lancé alors qu’elle participait au balado Le 5 à 7 Podcast. 

«Je me suis assez fait chier pendant trois mois à me faire opérer et à me rentrer des dilatateurs dans le fond de la noune que je suis une femme, là», a-t-elle ajouté.   

Qu'en pense la communauté LGBTQ+? 

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Des propos comme ceux qu’a tenus Ally provoquent un «malaise dans la communauté LGBTQ+», admet d’emblée l’influenceuse trans Khate Lessard.   

«Ça fait tellement de temps qu’on se bat pour avoir des droits, pour essayer de se faire comprendre et ne pas se faire prendre pour des gens qui ont des maladies mentales», mentionne-t-elle.   

Khate Lessard

Photo Joël Lemay

Khate Lessard

Un discours comme celui d’Ally peut aussi être difficile à entendre pour une femme trans qui ne souhaite pas subir d’opération d’affirmation de genre, s’inquiète Khate Lessard, qui a elle-même subi une vaginoplastie l’an dernier.   

«Ce genre de propos [comme ceux tenus par Ally] invalide les femmes qui ont un pénis et qui vont garder leur pénis pour toujours», regrette celle qui s’ouvre sur sa réalité de femme transgenre sur les réseaux sociaux.  

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Autant d’histoires que de personnes trans  

Même si les propos d’Ally la font sourciller, Khate Lessard insiste: ce n’est pas à elle – ni à personne d’autre d’ailleurs – de dicter à Ally comment vivre sa transidentité. «On ne peut pas invalider les sentiments des gens.» 

Même qu’elle comprend Ally de vouloir enfin se faire reconnaître comme une femme.  

«C’est vrai que, quand on se fait chier pour avoir une opération, on espère tellement avoir de la reconnaissance de genre. Tu es une femme et tu veux que les gens te voient comme ça», mentionne-t-elle.   

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Chaque personne a d’ailleurs le droit de choisir son identité de genre. C'est primordial pour la communauté LGBTQ+, affirme le directeur général de l’organisme Interligne, Pascal Vaillancourt.    

«Il y a autant de parcours trans et d’histoires de coming out que de personnes LGBTQ+», rappelle-t-il.   

«Certaines personnes trans jugent qu’elles n’ont plus besoin de dire qu’elles sont transgenres parce que leur transition est terminée», poursuit Pascal Vaillancourt, qui comprend néanmoins le malaise que peuvent provoquer des propos comme ceux d’Ally.   

«Pour certaines personnes, le discours peut être dérangeant parce qu’être une personne trans, c’est un processus identitaire qui demande de l’affirmation de soi à différentes étapes», conclut-il.