On a été tester le nouveau SRB Pie-IX: voici comment ça s'est passé | 24 heures
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On a été tester le nouveau SRB Pie-IX: voici comment ça s'est passé

Le SRB Pie-IX, vu de l'intérieur de l'un des bus.
Photo Camille Dauphinais-Pelletier

Le SRB Pie-IX, vu de l'intérieur de l'un des bus.

BILLET - Ça y est: le SRB Pie-IX a enfin été mis en service. Cette ligne de bus permet de se déplacer d'Hochelaga à Laval, à bord de véhicules qui circulent dans une voie réservée au milieu du boulevard Pie-IX. On a été le tester lundi matin, jour d'inauguration.

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Il est un peu passé 7h et je marche vers le boulevard Pie-IX, à la hauteur de la rue Beaubien. C'est un secteur où je ne me rends pas souvent, donc je m'attends à être un peu confuse quant au fonctionnement du SRB. 

Mais une fois arrivée à l'intersection, j'aperçois deux édicules blanc et vert en plein milieu de la rue: c'est impossible de les manquer! C'est là qu'on doit se rendre pour attendre les bus de la ligne 439 Express Pie-IX, qui assure le service rapide par bus (SRB). 

De gauche à droite : la voie où circulent les voitures et les bus locaux / le SRB en voie réservée / l'édicule où attendre le bus.

Photo Camille Dauphinais-Pelletier

De gauche à droite : la voie où circulent les voitures et les bus locaux / le SRB en voie réservée / l'édicule où attendre le bus.

Photo Camille Dauphinais-Pelletier

Un passage piétonnier permet d'accéder aux gros abribus, dans lesquels un panneau lumineux indique à quel moment passera le prochain bus. Un peu comme dans le métro, pas besoin de regarder un horaire pendant l'heure de pointe: il y a toujours un bus qui s'en vient dans quelques minutes. 

Un panneau lumineux permet de voir quand sont les prochains passages du SRB.

Photo Camille Dauphinais-Pelletier

Un panneau lumineux permet de voir quand sont les prochains passages du SRB.

Une fois que celui-ci arrive, on entre par l'une des trois portes, qui sont chacune munies d'une valideuse de titres de transport. D'ailleurs, pas besoin d'un billet spécial pour prendre le SRB, ça fonctionne comme pour n'importe quel autre autobus du grand Montréal. 

Avant de monter dans le bus, j'ai laissé passer plusieurs départs pour observer. Ça se déroulait vraiment bien, à chaque passage, tout le monde arrivait à entrer dans le bus, et l'abribus avait le temps de se remplir de quelques personnes entre chaque passage. Impressionnant! 

Une fois à bord, j'ai été surprise par la vitesse de l'autobus. On est allés de Beaubien à Pierre De Coubertin (station Pie-IX) en 7 minutes. Vous avez bien lu! 

Si vous êtes visuels d'ailleurs, voici la version vidéo du test:

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En après-midi, j'ai refait le test, mais dans l'autre sens. J'ai réussi à me rendre jusqu'à Montréal-Nord (D'Amos) en 35 minutes, et à la toute dernière station, à Laval, en 41 minutes, ce qui est bien raisonnable.

Tout n'est pas parfait 

Moi qui m'attendais à un départ un peu chaotique, j'ai été impressionnée par la fluidité du service du SRB Pie-IX. Il me semble que ça va changer de façon très positive la vie des utilisateurs de transport en commun qui se déplacent dans l'Est de Montréal. 

C'était d'ailleurs ce qui ressortait des commentaires des Montréalais interrogés. 

«C'est vraiment plus vite, c'est numéro 1», a résumé Penny Rambie, qui demeure à Montréal-Nord et qui travaille au centre-ville de Montréal. Son trajet matinal d'autobus lui prenait habituellement de 45 à 50 minutes, mais avec le SRB, la durée a chuté autour de 25 minutes, selon ses premières observations.

Penny Rambie

Photo Camille Dauphinais-Pelletier

Penny Rambie

«Ça fait 23 ans que j'habite sur Pie-IX, donc tous les travaux, je les ai vécus. Là, il n'y a plus de construction, tout est tranquille, et c'est plus beau. Ils ont embelli Pie-IX, il y a des arbres sur le terre-plein, c'est de mieux en mieux», dit-elle.  

Mais évidemment, il n'y a pas que des bons côtés. Quelques observations: 

  • En lien avec Laval: le SRB se rend aux deux arrêts de Laval (De la Concorde (à partir du 15 novembre) et Saint-Martin) uniquement durant les heures de pointe, dans le sens du trafic. C'est-à-dire que le SRB part de Laval le matin, mais si on le prend pour retourner à Laval, il faut attendre l'heure de pointe de fin de journée. Et, je l'ai découvert à la dure, impossible de revenir de Laval par le SRB en après-midi; pas pratique si on l'ignorait et qu'on se retrouve pris dans le stationnement incitatif. Quand on sait que ça coûte plus généralement plus cher prendre le SRB si on est à Laval (puisque ça prend un titre de transport AB si on a l'intention d'utiliser aussi le métro), ça peut être perçu comme une injustice. 
  • Le secteur Jean-Talon: la station Jean-Talon du SRB est en travaux jusqu'en 2023, tout comme Bélanger (vers le nord, car elle est accessible vers le sud). L'autobus fait donc un détour par les rues avoisinantes quand il passe dans ce secteur. C'est un irritant.
Aussi, même si le bus du SRB poursuit son chemin jusqu'à la station Pie-IX, il n'y a pas encore d'édicules à la station, mais bien des arrêts temporaires.

Photo Camille Dauphinais-Pelletier

Aussi, même si le bus du SRB poursuit son chemin jusqu'à la station Pie-IX, il n'y a pas encore d'édicules à la station, mais bien des arrêts temporaires.

  • En lien avec les piétons: plusieurs aménagements ont été faits pour améliorer la sécurité des piétons, mais il reste qu'il faut se rendre au milieu de la rue pour attendre son bus. En deux heures à me promener le long du SRB, j'ai vu quelques piétons se ruer devant des voitures pour attraper l'autobus et marcher dans les voies réservées car ils s'étaient trompés d'édicule. Souhaitons que ça ne persistera pas en dehors de la période d'adaptation. 
La signalisation n'est pas respectée par tous les piétons.

Photo Camille Dauphinais-Pelletier

La signalisation n'est pas respectée par tous les piétons.

  • En lien avec les bus locaux: la ligne 139 Pie-IX continue de rouler sur le boulevard pour offrir un service local, avec davantage d'arrêts, plus rapprochés les uns des autres. Elle roule pour sa part en bordure de route, ce qui peut créer un peu de confusion au début chez les utilisateurs. La fréquence de ces autobus locaux a aussi été réduite vu la mise en place du SRB, et ils sont davantage «dans le trafic» étant donné que le SRB monopolise les voies centrales. 

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