Ce mannequin veut mettre fin au cliché de l'homme noir, grand et musclé, pour s'affirmer dans son unicité | 24 heures
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Ce mannequin veut mettre fin au cliché de l'homme noir, grand et musclé, pour s'affirmer dans son unicité

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Dans le passé, être un mannequin noir signifiait, pour de nombreuses agences de mode, être un homme grand et musclé. C’est du moins le message que Nick Désilus a reçu lors de ses premiers pas dans l’industrie. Le jeune homme d’origine haïtienne a réussi à sortir de ce cliché et à se faire accepter avec son unicité. Portrait.  

«Dès que j’ai réalisé qu’il y avait un moule pour les hommes noirs, ça m’a choqué, mais je me suis dit, pas le choix, je dois rentrer dedans», raconte Nick Désilus, que l’équipe vidéo du 24 heures a suivi durant une journée de photoshoot à la Biosphère (visionnez la vidéo ci-dessus).

Ayant une silhouette fine, Nick s'est vite soumis à des entraînements physiques pour épaissir sa stature et sa musculature, en plus de faire des régimes pour contrôler son poids. 

«C’était la culture très toxique du monde de la mode. Je m’y pliais pour tenter de plaire à mon agence et de décrocher des contrats», explique-t-il. Malgré ses efforts, la majorité du temps, c’était plutôt ses collègues à la peau blanche qui étaient retenus. 

«Encore pire, j’avais souvent l’impression de décrocher des contrats lorsqu’il y avait un quota de diversité, qu’il fallait au moins un mannequin de couleur sur le shoot, ça me déprimait et ça m’insultait», relate-t-il.  

Le mannequin Nick Désilus durant le photoshoot à la Biosphère.

Le mannequin Nick Désilus durant le photoshoot à la Biosphère.

Afficher sa vraie personnalité 

N’étant pas heureux dans ce «moule du mannequin noir», Nick a eu un déclic: «Si je veux réussir et avoir la carrière que je désire, je dois montrer qui je suis réellement, afficher mes vraies couleurs».

Il quitte l’agence, sans plan B. Il fait de petits contrats, où il affiche sa féminité et la fluidité qu'il aime avoir entre les genres. «Je suis un militant queer et j’en suis fier, je veux qu’on le sente quand je me mets devant une caméra», dit-il.  

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Affichant avec fierté ses photos sur les réseaux sociaux, il réussit à attirer l’attention de divers clients, puis d’une nouvelle agence de mannequinat, qui lui donne carte blanche pour être lui-même.  

«Je peux changer mon apparence comme je le veux, me changer la couleur de cheveux, me faire des tatous, etc. Ils veulent juste que je les informe des changements, mais ils m’acceptent tel que je suis!» lance-t-il avec le sourire. 

Nick Désilus aime s'affirmer dans sa féminité.

Nick Désilus aime s'affirmer dans sa féminité.

Pression de la communauté 

Même si Nick se sent épanoui dans son métier, il admet que certains de ses proches ou membres de la communauté noire doutent encore parfois de sa réussite. «Tu sais, dans la communauté noire, le domaine artistique n’est pas valorisé. On n’y croit pas tant que t’es pas rendu big.» 

Malgré cela, il encourage les jeunes de sa communauté − et tous les autres − à foncer pour réaliser leurs rêves. «Faut voir ça ainsi: tu es ta seule compétition. Si j’ai envie d’être peintre, ben je vais être peintre. Si c’est en toi, fais-le!»

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