Crise de la biodiversité: Montréal s’engage à protéger les pollinisateurs | 24 heures
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Crise de la biodiversité: Montréal s’engage à protéger les pollinisateurs

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À quelques semaines de la COP15, qui se tiendra à Montréal, la Ville compte mettre les bouchées doubles pour protéger les pollinisateurs en réduisant notamment la fréquence de la tonte du gazon et en augmentant la superficie des milieux protégés.

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Ce sont quelques-unes des 14 actions que la Ville de Montréal compte mettre en œuvre au cours des cinq prochaines années, dans le cadre de son plan pour la protection des pollinisateurs 2022-2027. La Ville a présenté ses engagements alors que la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15) doit se tenir à Montréal en décembre prochain.

«Quand vient le temps de protéger la biodiversité et la chaîne alimentaire, les pollinisateurs sont extrêmement importants. Parce qu’un tiers de l’alimentation mondiale dépend de la pollinisation», a expliqué la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Joël Lemay / Agence QMI

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Les 14 actions proposées s’inscrivent dans trois grands thèmes, qui visent soit à créer des espaces verts, à améliorer les conditions des habitats des pollinisateurs ou a documenter la situation.

«On a fait le portrait des pollinisateurs sur l’île de Montréal en 2020 et on a recensé au moins 435 espèces d’insectes sur le territoire. Parmi les actions prévues au plan de protection, il y aura une veille de l’état des populations d’insectes pour voir si on est stable. C’est un premier pas», a révélé Marie-André Mauger, responsable de l’environnement au sein du comité exécutif de la Ville.

La Ville souhaite notamment revoir son cadre réglementaire pour permettre l’aménagement de façades favorables aux pollinisateurs et permettre les potagers sur le devant des propriétés.

Elle compte également augmenter la superficie des milieux naturels protégés de 8 % à 10 % d’ici 2030.

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Dès le printemps, la Ville-centre diminuera aussi la fréquence de ses opérations de tonte de gazon. Elle encouragera également ses arrondissements à faire de même.

D’ici l’an prochain, les restrictions sur la vente et l’utilisation de pesticides devaient également être élargies.

«Montrer l’exemple»

A l’approche de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP 15), qui se tiendra à Montréal en décembre prochain, Mme Plante dit vouloir «montrer l’exemple à d’autres villes, comme quoi, oui, en milieu urbain, on peut aussi protéger la biodiversité», s’est-elle exclamée.

Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Elizabeth Maruma Mrema a salué le plan de protection de la Ville.

Elizabeth Maruma Mrema, secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique

AFP

Elizabeth Maruma Mrema, secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique

Nous en sommes dépendants, mais la population des pollinisateurs a malheureusement dégringolé, principalement en raison de facteurs comme la fragmentation de leur habitat, l’utilisation de pesticides, les changements climatiques et une myriade d’autres raisons», a-t-elle rappelé, estimant que des actions sont nécessaires.

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L’Insectarium a également collaboré à la conception du Plan de protection de la Ville.

«Ça commence par la création d’habitats, la restauration d’habitats pour permettre à la nature et aux pollinisateurs de reprendre possession des lieux. Suite à cette démarche, le plus important ensuite sera de confirmer que le plan fonctionne, à travers des approches suivies», a vulgarisé Maxim Larrivée, directeur de l’Insectarium.

L’opposition officielle à Montréal s’est également dite «heureuse» de l’annonce.

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