Il faut arrêter de vendre des véhicules à essence d’ici 2030, dit Greenpeace | 24 heures
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Il faut arrêter de vendre des véhicules à essence d’ici 2030, dit Greenpeace

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Thierry Laforce / Agence QMI

L’industrie automobile doit arrêter de vendre des véhicules à moteur thermique d’ici 2030 si on veut espérer limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, révèle une étude de Greenpeace.

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Greenpeace appelle ainsi Ottawa et Québec – qui ont tous deux prévu la fin de la vente de véhicules neufs à essence en 2035 – à devancer leur échéancier de cinq ans. 

Si on considère qu’un véhicule neuf reste en circulation une dizaine d’années, c’est la seule façon de respecter l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris et ainsi éviter les pires conséquences des changements climatiques, selon l’ONG.

«Quand on regarde le budget carbone restant, on ne peut pas se permettre de vendre des véhicules à essence après 2030. D’ailleurs, 2035, c’est une date un peu arbitraire. C’est aux gouvernements d’expliquer pourquoi ils ont choisi cette année-là», questionne Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada. 

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«Il n’y a pas de raison que le Québec et le Canada n’écoutent pas la science et qu’ils n’exigent pas des concessionnaires et des constructeurs automobiles d’en faire plus et plus rapidement», poursuit-il.

L’organisme fait le pari qu’une règlementation plus stricte forcerait les manufacturiers automobiles à augmenter l’offre de voitures électriques dans les marchés où la vente des véhicules neufs à essence est interdite.

L’exemple norvégien

Patrick Bonin prend l’exemple de la Norvège, où près de 75% des ventes sont des véhicules électriques. Le pays – qui est paradoxalement le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest – a pour objectif que 100% des véhicules neufs vendus soient «zéro émission», donc électrique et à l’hydrogène, à compter de 2025.

Au Québec, 13,3% des véhicules vendus sont électriques. Le responsable de la campagne Climat-Énergie soutient cependant que les délais d’attente, qui peuvent dépasser les deux ans, découragent les acheteurs d’opter pour l’électrique.

«On sait que la demande est plus grande que l’offre. Avec le prix de l’essence qui frôle les 2$ le litre, on voit que les gens veulent se tourner vers l’électrique», fait-il valoir.

En plus d’interdire la vente de véhicules à essence plus tôt, Patrick Bonin suggère que les gouvernements mettent en place un système de bonus-malus à l’achat de véhicules polluants.

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Il souhaite aussi que Québec augmente le financement pour le système de transport public, de même qu'il cesse les projets d’expansion et d’élargissement de routes.

400 millions de véhicules de trop

Les calculs de Greenpeace révèlent que la Terre ne peut supporter que 315 millions de véhicules supplémentaires. Or, les constructeurs automobiles prévoient en vendre encore 712 millions. C’est près de 400 millions de trop, ce qui est incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris.

Les défenseurs de l’environnement mettent en cause la responsabilité des entreprises au regard de leur empreinte carbone, en ne prenant pas seulement en compte leurs besoins en énergie pendant la production, mais en retenant aussi les émissions de leurs produits une fois sur le marché.

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On le sait, notre dépendance collective aux combustibles fossiles est ce qui freine nos efforts pour lutter contre la crise climatique et les constructeurs de véhicules sont parmi les plus gros pollueurs de la planète. 

Le transport compte pour le quart des émissions de gaz à effet de serre (GES) partout dans le monde, la moitié d’entre elles provenant des véhicules. Au Québec, c’est le secteur le plus émetteur, représentant 43% de toutes nos émissions.

— Avec l’AFP

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