Plus d'un jeune sur deux de 18 à 34 ans vit de l’anxiété financière... et c’est normal | 24 heures
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Plus d'un jeune sur deux de 18 à 34 ans vit de l’anxiété financière... et c’est normal

Image principale de l'article Un jeune sur deux vit de l’anxiété financière
photomontage: Julie Verville

Vous vivez de l'anxiété financière? Eh bien, vous n'êtes pas seul. Pas moins de la moitié des jeunes millénariaux en ressentiraient, révèle le tout nouvel Indice d’anxiété financière au Québec. Et s'il est tout à fait normal de se préoccuper de son portefeuille en période de grande incertitude économique (comme c'est le cas actuellement), pour certaines personnes, le stress en vient à prendre toute la place.

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Ce que disent les chiffres

85% des Québécois vivent de l'anxiété financière, à des niveaux allant de «léger à extrême», selon l’indice dévoilé par Centraide et Léger. La situation est plus préoccupante pour 42% d’entre eux, dont l’anxiété va de «modérée à extrême». Plus d’un jeune Québécois sur deux, âgé de 18 à 34 ans, compte dans cette statistique (55%). 

Parmi les grandes sources d’anxiété, on trouve la peur de manquer d’argent pour accéder à la propriété (58%), la peur de devoir assumer une grosse dépense imprévue (52%) et la peur de ne pas avoir assez d’argent de côté pour la retraite (42%).

Parmi les sources de préoccupations financières: les dépenses en matière d’alimentation (56%) et de logement (49%), et le remboursement des dettes (47%).

Résultat: les jeunes sondés disent ressentir des symptômes de nervosité, d’anxiété et de tension (68%), de la difficulté à se détendre (62%) et une tendance à devenir contrarié ou irritable (62%). 

Pire encore, 37% des jeunes de 18 à 34 ans éprouveraient de la difficulté à dormir en raison de leurs finances, et 41% d’entre eux disent avoir du mal à se concentrer au travail ou à l’école. 

Ces données corroborent celles du sondage d’ÉducÉpargne, mené avec la firme Léger en février 2022, qui révélait que plus de 4 jeunes travailleurs québécois sur 10 (42%) établissaient une forte corrélation entre leur anxiété financière et leur rendement au travail.

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L’éducation réduit l’anxiété

Ces chiffres ne surprennent pas le planificateur financier et secrétaire-trésorier chez ÉducÉpargne, Simon Houle. 

Mais si l’anxiété financière chez les millénariaux a commencé bien avant les turbulences économiques actuelles, elle s'est récemment accentuée alors que plusieurs jeunes ont abandonné l’espoir de devenir propriétaire d’une maison, en raison notamment de la hausse du prix des maisons et des taux d'intérêt, explique-t-il. 

Ajoutons à cette angoisse un «gros problème» dénoncé depuis des années au Québec: le peu d’éducation en matière de finances personnelles à l’école. Depuis 2017, le programme scolaire québécois prévoit un cours d'éducation financière en 5e secondaire. Les élèves qui ont terminé leur secondaire avant cette date, n'ont eu, pour la plupart, aucun cours en la matière.

«On remarque que plus les gens sont conscientisés par rapport à leurs finances, plus ils en savent sur le sujet, moins ils sont anxieux», affirme Simon Houle, qui insiste sur l’importance d’apprendre les rudiments des finances le plus tôt possible.

«Si tu accumules des dettes à un jeune âge, c’est beaucoup plus difficile avec le temps de s’en débarrasser surtout si notre revenu est très bas.»

L’anticipation est source de stress

Étrangement, les jeunes de 18 à 34 ans semblent très inquiets à l’idée de prendre leur retraite, même si elle est encore bien loin. 

«Les jeunes ont accès à tellement d’informations qu’ils ne savent plus trop par où commencer, remarque Simon Houle. La première étape, c’est travailler sur des habitudes d’épargne saines. Après, ces habitudes pourront conduire à de grosses dépenses comme l’achat d’une maison et éventuellement la retraite.»

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