Elles dénoncent les conditions de stage en enseignement, en pleine pénurie de main-d'œuvre | 24 heures
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Elles dénoncent les conditions de stage en enseignement, en pleine pénurie de main-d'œuvre

Catherine Foisy, étudiante de troisième année en enseignement du français langue seconde à l'UQAM
Geneviève Abran

Catherine Foisy, étudiante de troisième année en enseignement du français langue seconde à l'UQAM

«Pas de salaire, pas de stagiaire», affirment des étudiants en enseignement de l’UQAM, en grève depuis près de cinq semaines, qui ont marché dans la rue, samedi matin, afin de revendiquer de meilleures conditions de stage et d’être payés pour cette étape cruciale de leur parcours.

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«T’as pas choisi une profession qui est toujours rose», s'est fait dire Catherine Francis, étudiante en enseignement à l’UQAM, par sa superviseure de stage. L'étudiante en français langue seconde a porté plainte après avoir dû faire tout son stage seule, l’enseignant responsable de celui-ci étant en congé de maladie.  

«Un stage, c’est une occasion d’apprendre et d’avoir un encadrement, et le but c’est, oui, d’enseigner, mais aussi de pouvoir observer l’enseignant», mentionne Catherine, qui a décidé de ne pas aller à ses stages depuis un mois en soutien à la grève. 

Depuis la mi-octobre, des milliers d’étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM sont en grève puisqu’ils souhaitent être mieux protégés contre le harcèlement pendant leurs stages. Parmi leurs autres revendications, les futurs enseignants demandent la rémunération de leurs stages ainsi qu’une meilleure conciliation pour les parents-étudiants.  

«Avec la pénurie [d'enseignants], on a le gros bout du bâton», soutient Camille Nicaisse, responsable à la coordination de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation (ADEESE). Elle se dit optimiste après une première rencontre, cette semaine, avec la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur, Pascale Déry.

Une assemblée générale aura lieu le 16 novembre prochain afin de déterminer l’avenir de la grève, qui doit pour l’instant se poursuivre jusqu’au 20 novembre. 

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Charge de travail inégale 

Des étudiants de l’ADEESE, qui étaient présents lors d’une manifestation à la place Émilie-Gamelin, samedi matin, ont aussi dénoncé la charge de travail inégale des stagiaires. Ceux-ci demandent que l’UQAM déploie sa politique en matière de harcèlement en dehors des murs de l’université.  

En pleine pénurie d’enseignants, Camille Nicaisse s’explique mal comment son établissement scolaire peut offrir des conditions de stage si difficiles. 

Camille Nicaisse, responsable à la coordination de l'ADEESE et étudiante au baccalauréat en adaptation scolaire

Geneviève Abran

Camille Nicaisse, responsable à la coordination de l'ADEESE et étudiante au baccalauréat en adaptation scolaire

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«Tu essaies d’avoir de la main-d’œuvre [dans les écoles primaires et secondaires], mais tu ne la valorises pas et tu lui offres des conditions qui font en sorte qu’elle est épuisée avant même de commencer sa carrière», soutient l'étudiante au baccalauréat en adaptation scolaire. 

«Il faut vraiment que les choses changent pour les futurs étudiants et ceux qui sont en première année et qui n’ont pas encore vécu de stage», insiste Catherine Francis.  

«On reçoit des courriels qui nous disent que c’est important de finir notre bacc parce qu’il manque de profs, que plusieurs s’en vont prendre leur retraite bientôt, mais il n'y a personne qui est là pour nous. On peut vivre des abus, on ne se fait pas payer et on doit faire une heure et demie de route pour aller en stage pis personne fait rien», poursuit-elle.