Des cégeps confinés la semaine dernière: les écoles devraient-elles préparer leurs élèves à la présence d’un tireur fou? | 24 heures
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Des cégeps confinés la semaine dernière: les écoles devraient-elles préparer leurs élèves à la présence d’un tireur fou?

Des policiers bien armés ont fouillé le Collège Montmorency vendredi dernier à la recherche d’un potentiel tireur.
Capture d'écran

Des policiers bien armés ont fouillé le Collège Montmorency vendredi dernier à la recherche d’un potentiel tireur.

Un autre cégep a été confiné, vendredi après-midi, en raison d'un individu potentiellement armé. Ce nouvel évènement soulève des questions: les écoles sont-elles préparées à gérer de telles situations d’alerte, et leurs élèves devraient-ils être préparés à la présence d’un tireur fou? André Durocher, inspecteur à la retraite du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), répond à nos questions. 

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«La meilleure façon serait peut-être d’avoir, de façon obligatoire et uniforme dans l’ensemble du Québec [...], un exercice de confinement qui – on l’espère – ne servira peut-être jamais», souligne M. Durocher.  

Un exercice de confinement, qui est semblable aux exercices d’évacuation en cas d’incendie réalisés chaque année dans les écoles de la province, comporte plus de bénéfices que d’inconvénients, assure le policier à la retraite. Selon lui, de telles pratiques sont susceptibles de sauver des vies face à un individu armé ou un tireur actif. 

«La journée où on va en avoir besoin, les élèves seront plus calmes, il n’y aura pas d’angoisse inutile, on ne se demandera pas pourquoi, lorsqu’il y a une arrestation, on peut demeurer confinés pendant un bon bout de temps parce que les policiers doivent s’assurer que tout est sécuritaire», poursuit M. Durocher. 

Bien qu’il reconnaisse que de tels exercices peuvent être stressants pour les élèves, il estime qu’ils en valent la chandelle. Il est d’ailleurs d’avis que plus des écoles organiseront de telles pratiques, plus elles seront perçues comme normales et habituelles par les étudiants, au même titre que les exercices d’incendie. 

Des établissements mal préparés?  

Tant au Collège Montmorency qu’au Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui ont dû se confiner vendredi dernier, aucun exercice de tireur fou n’avait eu lieu dans les dernières années, rapporte La Presse.  

MARTIN ALARIE / LE JOURNAL DE M

«Le collège a mentionné que ce type d’exercices était traumatisant et représentait trop de risques pour la santé psychologique des étudiants et du personnel», a déclaré à La Presse Marie-Ève Duval du Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu. 

Le Collège Montmorency disposait néanmoins d’un plan d’urgence, accessible sur son site web, a indiqué à l’Agence QMI Pierre Belcourt, coordonnateur des mesures d’urgence de l’établissement. 

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Aux yeux d’André Durocher, ce n’est toutefois pas suffisant: pour que le plan d’urgence soit efficace, il doit être répété de manière régulière.  

«Imaginez qu’il y a un tireur actif dans une école, je ne suis pas sûr que le premier réflexe ce sera d’aller voir sur le web pour des plans. Des plans, c’est bien beau dans un contexte calme. C’est pourquoi je crois que la meilleure solution c’est [d’avoir des exercices de confinement]», explique-t-il. 

En quoi consiste un exercice de confinement? 

Le but d’un exercice de confinement est de reproduire le plus fidèlement les procédures mises en place pour répondre à la présence d’un tireur actif dans un établissement. Ces procédures peuvent varier d’un établissement à l’autre.  

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Il existe néanmoins certains principes de base, souligne André Durocher.  

S’il y a un tireur actif, il est primordial de se cacher pour ne pas devenir une cible facile, de garder la voie libre pour faciliter le travail des policiers et d’utiliser intelligemment ses appareils technologiques (pour communiquer par textos des informations pertinentes avec l’extérieur, par exemple, sans faire de bruit). Dans la mesure du possible, il faut aussi se barricader, en bloquant les accès de la pièce où l’on se trouve avec des bureaux ou des chaises.  

«Grosso modo, si on parle de façon générale, c’est pas mal le plan à faire», explique-t-il.  

Une pratique plus commune chez nos voisins du Sud 

Selon CNN, plus de 95% des écoles publiques aux États-Unis réalisent des exercices de confinements, communément appelés «lockdown procedure».  

Il faut dire que les tueries dans les écoles sont plus répandues au sud de la frontière. Le média Education Week a rapporté pas moins de 42 tueries scolaires ayant causé des morts ou des blessés depuis le début de 2022 aux États-Unis.