Semaine 1 de la COP27: toujours pas d’entente sur les enjeux clés | 24 heures
/environment

Semaine 1 de la COP27: toujours pas d’entente sur les enjeux clés

Image principale de l'article Toujours pas d’entente sur les enjeux clés
AFP

La Conférence des parties (COP27) de Charm el-Cheikh, en Égypte, a franchi son premier droit. Voici comment ont avancé les différents dossiers au menu durant les six premiers jours du sommet sur le climat.

• À lire aussi: Voici l’état du climat à quelques jours de la COP27

• À lire aussi: COP27 en Égypte: sommet du climat... et du mépris des droits de la personne

«Nous avons terminé sur certaines questions, mais il reste beaucoup de travail à faire si nous voulons obtenir des résultats significatifs et tangibles dont nous pourrons être fiers. Il faut maintenant changer de vitesse», a exhorté Sameh Choukri, président de la COP27, lundi.

Voici ce qu’il en est pour trois des enjeux sur lesquels les États doivent s’entendre:

Limiter le réchauffement à 1,5°C et réduire les émissions de GES

À l’issue de la COP26, quelque 200 pays s’étaient engagés à «maintenir en vie» l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C en rehaussant leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES). À peine une trentaine l’a fait, et seul le Mexique a fait de nouvelles annonces à cet effet lors de la COP27.

De ce côté, cette année, on sent de la résistance de la part de certains pays. C’est le cas notamment de la Chine et de l’Arabie saoudite, qui ne souhaitent pas voir une mention de l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris dans la déclaration finale de la COP27. Les deux États insistent plutôt, tout comme certains pays émergents exportateurs de pétrole, pour mettre l’accent sur l’objectif principal de l’accord de Paris, soit de limiter le réchauffement «nettement en dessous» de 2°C. 

Pour sa part, le ministre canadien de l’Environnement, Steven Guilbeault, s’est plutôt porté à la défense de l’inclusion du fameux 1,5°C dans la déclaration finale, lundi durant la plénière interministérielle.

• À lire aussi: COP27 en Égypte: des centaines de manifestants derrière la sœur d'un gréviste de la faim détenu

Lundi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les 20 pays responsables de 80% des émissions de GES à mettre sur pied un «plan commun pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050». 

En début de COP, ce dernier avait d’ailleurs prévenu que le monde fonçait «sur l’autoroute de l’enfer climatique avec le pied toujours sur l’accélérateur» si on n’agissait pas rapidement.

Versement des pertes et dommages pour les pays vulnérables

Les pays en développement ont continué de réclamer de l’argent aux pays riches qui ont échoué à verser 100 milliards de dollars par an pour réduire leurs émissions et s’adapter aux impacts des changements climatiques.

Maintenant, ces pays veulent un mécanisme spécifique pour les «pertes et dommages» liés aux conséquences des changements climatiques qu’ils ont déjà subies. Pensons par exemple aux inondations monstres ayant submergé le tiers du Pakistan cet été ou encore à la menace de l’augmentation du niveau de la mer qui guette les petites îles du Pacifique.

Un rapport de l’ONU publié au troisième jour de la COP évalue à 2000 milliards de dollars les besoins annuels des pays en développement pour financer leur action climatique d’ici 2030.

• À lire aussi: Greta Thunberg n’ira pas à la COP27

Là encore, on sent une réticence, cette fois de la part de l’Union européenne et des États-Unis. Le président américain, Joe Biden, a évité le terme lors de son passage éclair à la COP27, vendredi dernier. 

Or, la présidence allemande du G7 et une soixantaine de pays vulnérables ont lancé un «bouclier», qui est une nouvelle structure visant à aider les populations à financer les impacts du réchauffement climatique, notamment par le biais des assurances. Les ONG accueillent avec prudence cette initiative.

Mais la ministre de l’Environnement des Maldives, Aminath Shauna, voit plutôt le bouclier comme un «compromis» sur les pertes et dommages et dénonce un «manque de volonté politique» des pays riches.

Cesser d’investir dans les énergies fossiles

Si la déclaration finale de la COP26 était la première à inclure les mots «combustibles fossiles», cette réussite ne s’est pas faite sans heurts; la réunion a failli s’effondrer autour de l’élimination progressive du charbon, a rapporté l’Associated Press. 

• À lire aussi: Invitées dans la délégation canadienne: que font les pétrolières à la COP27?

L’Inde a cependant demandé que la déclaration finale de cette présente Conférence des parties inclue une réduction progressive de tous les combustibles fossiles. Mais la présence de plus de 600 lobbyistes de l’industrie pétrolière et gazière au sommet sur le climat pourrait mettre cette demande en péril.

De son côté, Steven Guilbeault a affirmé qu’il mettrait fin aux subventions à l’industrie des combustibles fossiles «dans la première moitié de l’année» 2023, a rapporté La Presse.

Mais un rapport publié récemment par l’organisme Oil Change International classe le Canada au deuxième rang des pays du G20 en matière de financement public à cette industrie, à raison de 8,5 milliards $ versés entre 2009 et 2021. 

— Avec des informations de l’AFP