Taxer la pollution: le défi qu’a lancé Steven Guilbeault à la COP27 | 24 heures
/environment

Taxer la pollution: le défi qu’a lancé Steven Guilbeault à la COP27

Image principale de l'article Un défi lancé par Steven Guilbeault à la COP27
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

À la Conférence des parties (COP27) de Charm el-Cheikh, en Égypte, le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a lancé un défi aux autres pays du monde: mettre en place une taxe sur la pollution pour réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre.

• À lire aussi: Semaine 1 de la COP27: toujours pas d’entente sur les enjeux clés

• À lire aussi: Invitées dans la délégation canadienne: que font les pétrolières à la COP27?

Le Canada a tenté de convaincre mardi les participants à la COP27 d’adhérer à son Défi mondial sur la tarification du carbone, lancé en partenariat avec le Chili. Ils demandent à tous les pays d’imposer une taxe sur la pollution et d’en faire un élément central de leurs stratégies climatiques. 

Présenté comme un «champion de la taxe carbone», le premier ministre Justin Trudeau avait déjà incité les leaders mondiaux à suivre l’exemple du Canada à la COP26 de Glasgow, en Écosse. Il plaidait en faveur de l’adoption d’un prix mondial sur la pollution. Mais en un an, le pourcentage des émissions de gaz à effets de serre (GES) couvert par une taxe n’a presque pas changé. 

• À lire aussi: Trudeau «champion de la taxe carbone» à la COP26

Le premier ministre Justin Trudeau à la COP26 de Glasgow, en Écosse.

AFP

Le premier ministre Justin Trudeau à la COP26 de Glasgow, en Écosse.

À l’heure actuelle, 23% des émissions mondiales sont soumises à une tarification, selon Environnement et Changement climatique Canada, soit 3% de plus qu'en 2021.

L’objectif du Défi est d’atteindre les 60% d’ici 2030. 

C’est quoi, au juste, la taxe carbone?

La taxe sur le carbone a pour but de mettre un prix la consommation d’hydrocarbures: plus on produit de GES, plus on doit débourser. 

Elle cible entre autres les grandes industries, les importateurs et distributeurs de combustibles, les transporteurs routiers, ferroviaires, aériens et maritimes, mais aussi tous les «utilisateurs» qui brûlent des hydrocarbures pour créer de l’énergie. 

La taxe sur l’essence est un bon exemple. Elle est d’abord payée par le distributeur qui vend le carburant à la station-service, puis intégrée au prix du litre à la pompe. Le client qui fait le plein se retrouve donc lui aussi à payer cette taxe. 

• À lire aussi: Quand on se compare, on se console? Voici combien coûte un litre d’essence ailleurs dans le monde

La tarification carbone a été instaurée en 2019 au Canada au coût de 20$ la tonne. Son prix, qui augmente avec les années, est aujourd’hui fixé à 50$ la tonne et devrait atteindre les 170$ en 2030. 

Ce montant ne sera toutefois pas suffisant si le Canada veut respecter ses propres cibles de réduction de GES, concluait la Commission de l'écofiscalité du Canada en 2019. La taxe fédérale sur le carbone devrait plutôt augmenter à 210$ la tonne d'ici 2030. 

Atteindre la carboneutralité d'ici 2050

Pour le ministre Guilbeault, taxer la pollution est un bon moyen de lutter contre les changements climatiques à moindre coût, tout en stimulant les innovations propres. 

Il indique que huit autres pays, dont la Nouvelle-Zélande, la Suède et le Royaume-Uni, en plus de la Commission européenne, sont partants pour le Défi mondial sur la tarification du carbone. Mais, la plupart d’entre eux ont déjà une tarification sur le carbone — ou avaient déjà l’intention d’en implanter une, rapportait La Presse canadienne

«En travaillant de concert avec des pays aux vues similaires, nous pouvons tripler la couverture mondiale de la tarification du carbone, ce qui constituerait une étape importante vers l'atteinte de la carboneutralité d'ici 2050», a souligné M. Guilbeault par voie de communiqué. 

Selon la Banque mondiale, 68 initiatives de tarification du carbone sont actuellement en place dans le monde, tant à l'échelle nationale qu'infranationale. 

Sur le même sujet