Une «demande accrue» et «des armoires vides»: les banques alimentaires confrontées à un manque de denrées | 24 heures
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Une «demande accrue» et «des armoires vides»: les banques alimentaires confrontées à un manque de denrées

Image principale de l'article Un manque de denrées dans les banques alimentaires
Photomontage: Marilyne Houde

Une banque alimentaire de quartier à Montréal a lancé un cri du cœur sur les réseaux sociaux, au moment où elle doit jongler avec une hausse des utilisateurs et une baisse des denrées. Une situation «préoccupante» confirme l’organisme Moisson Montréal, qui ne peut répondre à «100% de la demande.» en raison de l’inflation qui complique la cueillette de denrées.  

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«On reçoit [maintenant] des gens de l’extérieur du quartier. On fait notre possible» : voici le difficile constat posé par Linda Lou Hachey, directrice générale de la banque alimentaire Mission communautaire Mile-End, située dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, à Montréal.  

L’organisme sans but lucratif (OSBL) a publié le 7 novembre dernier un appel à l’aide face à cette demande croissante, avec des utilisateurs qui habitent d’autres quartiers comme Rosemont et Côte-des-Neiges, par exemple.  

«Ces jours-ci, les armoires sont souvent vides à la Mission Mile-End en raison de la demande accrue pour nos services de banque alimentaire. [Elle est] combinée à une baisse des approvisionnements en nourriture donnée [et nous sommes] seulement en mesure de fournir à nos membres la moitié de ce que nous avions l'habitude de faire», s’est désolée l’OSBL sur sa page Facebook. La semaine dernière, les 100 personnes qui sont venues chercher leur sac hebdomadaire n’ont pas pu mettre la main sur de la viande, donne en exemple la directrice générale.  

La mission communautaire du Mile-End est approvisionnée majoritairement par Moisson Montréal, la principale banque alimentaire de Montréal qui distribue des denrées à plus de 330 organismes grâce aux dons de la communauté. 

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Un manque de dons ?  

Les besoins sont effectivement grandissants partout sur l’île de Montréal, constate la nouvelle directrice générale de Moisson Montréal, Chantal Vézina. Avant même le temps des Fêtes – l’une des périodes les plus achalandées de l’année – l’organisme avait déjà distribué 10% de plus de denrées que l’année 2021 au complet, soit 18,7 millions de kilos au lieu de 17 millions de kilos de denrées.  

Mme Vézina assure que l’organisme ne collecte pas moins de denrées de la part des partenaires - comme les détaillants, des distributeurs ou même le milieu agricole. Or, ces derniers sont confrontés aussi à l’inflation et ne peuvent suffire à la demande croissante. «Pour faire de la production, ça coute plus cher [avec l’inflation]. Donc ils ont définitivement moins de surplus à nous donner», explique-t-elle.  

Courtoisie Moisson Montréal

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Quel serait le chiffre magique à atteindre pour combler cette demande? «Je ne suis pas en mesure de la quantifier», répond Mme Vézina. Toutefois, Moisson Montréal a grandement besoin de fruits et légumes, ainsi que des produits comme le lait et les protéines (la viande et les œufs).  

Étudiants et classe moyenne : une nouvelle clientèle  

Ce ne sont pas seulement les denrées qui manquent: la clientèle change, et «c’est préoccupant», selon tous les organismes consultés, unanimes sur cette question.  

Au lieu de recevoir seulement une population qui vit dans l’extrême précarité, les organismes aident désormais des gens de la classe moyenne confrontée à une hausse du coût de la vie importante dans la dernière année, explique Mme Vézina. Étudiants, parents de la classe moyenne qui travaillent, aînés avec des faibles pensions de vieillesse; «la clientèle a complètement changé», constate la directrice générale.   

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«On reçoit de plus en plus de gens qui ont besoin d’une aide ponctuelle. On voit une explosion de cette clientèle et ce n’est pas un bon signe pour la société», juge de son côté Rudi Svaldi, le directeur général du réseau d'entraide de Verdun, la banque alimentaire du quartier. Il s’attriste d’ailleurs que plusieurs personnes attendent trop longtemps avant de demander de l’aide. 

File d'attente au Réseau d'entraide à Verdun, la banque alimentaire du quartier

Guillaume Cyr/ 24 heures

File d'attente au Réseau d'entraide à Verdun, la banque alimentaire du quartier

Peu de variété dans les aliments 

La variété des denrées est aussi un enjeu dans l’arrondissement de Verdun, selon M. Svaldi. «Les choses les plus demandées, c’est souvent ce qu’on a le moins, comme le lait, la viande, les œufs. On reçoit souvent un même produit en très grande quantité, comme les asperges cette semaine.»  

Les Pirates verts, un organisme du quartier Hochelaga-Maisonneuve qui récupère les fruits et légumes en surplus dans les banques alimentaires pour les redistribuer dans son secteur, a aussi observé cette tendance depuis au moins un mois. 

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Si vous souhaitez aider Moisson Montréal, vous pouvez donner des denrées ou de l’argent en les contactant par téléphone ou par courriel. Les banques alimentaires estiment qu'elles peuvent offrir jusqu'à 15 repas avec un montant de 5$.  

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