Dans l'univers musical d'Adib Alkhalidey | 24 heures
/homepage

Dans l'univers musical d'Adib Alkhalidey

Image principale de l'article Dans l'univers musical d'Adib Alkhalidey
Crédit photo: @villedepluie Illustration: Sébastien Dorion

Même si la préparation de son spectacle Québécois tabarnak a dû le tenir très occupé cette année, l’humoriste Adib Alkhalidey vient tout juste de lancer l’album Pour tuer le temps.

Pour Adib Alkhalidey, ces deux facettes de sa créativité sont indissociables dans sa démarche artistique. 

Autant il a été fan d’humour avant de monter lui-même sur scène, autant il a écouté de la musique avant d’en écrire.  

La pièce-titre de l’album Pour tuer le temps est assez sombre. Est-ce que c’est pour marquer une nette distinction avec ta carrière d’humoriste?

J’ai vraiment aucune intention de distinguer les choses. Dans le fond, je crée ce qui sort. La création, ça se passe de façon totalement intuitive pour moi. Je comprends quand tu me dis qu’il y a un côté sombre mais pour moi ça me fait danser, ça me fait bouger. Je vois beaucoup de lumière sortir de quelque chose d’un peu plus sombre. 

Est-ce que ton temps de création pour la musique est séparé de ton temps de création pour l’humour?

J’y pense même pas. Je pourrais passer l’après-midi au studio et aller au Bordel le soir. La seule affaire qui va arriver, c’est que des fois je suis tellement excité de ce que j’ai commencé que j’ai hâte de finir mon show pour retourner en studio. C’est tellement bon d’être un peu infidèle artistiquement. De tromper l’humour avec la musique et vice versa. C’est l’fun!

Est-ce qu’il y a une raison pour laquelle tu fais maintenant de la musique sous ton vrai nom plutôt qu’un pseudonyme (Abelaïd)?

Pour le premier album, je m’étais un peu conforté dans l’idée d’avoir un nom d’artiste. C’était un gros step. Ça demande une certaine vulnérabilité. Je pense que ça me faisait du bien de me dire «j'ai un nom d’artiste et j’y vais à mon rythme. Tranquillement.» 

Avec le temps, je me suis fait dire que les gens voulaient écouter ma musique. Ils tapaient «Adib» dans les sites de streaming et il n’y avait rien, alors ils abandonnaient. Si je veux que les gens m’écoutent, j’ai pas le choix de m’appeler Adib! (Rires...)

En préparant l’album, est-ce que tu as fait écouter des artistes à tes collaborateurs pour leur donner une idée du son que tu voulais?

Ça arrive des fois. J'ai pas une liste précise d’inspiration. Mais je peux dire que je trouve qu’au Québec en ce moment, il se fait de la musique extraordinaire. Il se passe quelque chose. 

Ça me fait du bien de sentir que je fais partie d’une exploration de création ici au Québec. 

Qu’est-ce qui est le plus stressant: monter un show d’humour ou monter un album de chansons?

Quand j’ai commencé, dans les deux cas, c’était des expériences terrorisantes. Mais une fois que c’est fait, tout se ressemble. L'approche artistique reste la même dans la mesure où c’est une exploration. Quand tu crées en humour ou en musique, il faut que tu t’abandonnes à ce qui se présente. C’est là que tu peux prendre des risques intéressants. 

Quand tu as décidé de faire de la musique, avais-tu l’impression de te jeter dans le vide?

Absolument! Surtout parce que j’ai commencé par une forme d’art et j’en ai commencé une autre après. C’est toujours le même vide. Tu recommences tout le temps un peu à zéro. Quelque part, je pense que c’est extraordinaire pour la croissance personnelle. Ça m’aide à devenir peut-être plus humble dans mon approche. 

Qu’est-ce que tes parents écoutaient comme musique?

Mes parents écoutaient principalement de la musique arabe. Fairuz, Oum Kalthoum, Abdel Halim. Sinon, mes sœurs et moi étions d’immenses mélomanes. On n'achetait pas de disques, mais on enregistrait tout ce qui passait à la radio. J’ai détruit tellement de cassettes de mes parents pour enregistrer du blink-182 et La Chicane. (Rires...)

Est-ce que c’est plus décomplexé maintenant les humoristes qui font de la musique dite «sérieuse»? Totalement affranchi de leur parcours humoristique...

J’aime que tu dises «affranchi». Parce que si un artiste ne trouve pas le moyen de s'affranchir de l’opinion publique et du regard de l’autre, est-ce que c’est vraiment un artiste? Ça fait clairement partie des choix que j’ai fait dans ma vie. Pour moi, c’est vraiment pas difficile de plonger dans deux formes d’art différentes.

Te souviens-tu du premier walk-in que tu prenais pour entrer sur scène quand tu as commencé en humour?

Murder She Wrote de Chaka Demus et Pliers. J’adore ça! La toune de mon premier one-man-show, c’était C’est beau comme on s’aime de Yann Perreau. À un certain moment dans la production, on a perdu les droits. Maintenant je rentre sur mes compositions. 

Ton parolier ou ta parolière de prédilection ?

Au Québec, mes plus grandes inspirations sont Daniel Bélanger, Jean Leloup et Harmonium. Au niveau international, je suis un fan de Radiohead

Un artiste international que tu ne manques jamais quand il vient à Montréal?

Justement, Radiohead. J’ai dû les voir 5 ou 6 fois depuis 2007. Je les suis beaucoup. Et Thom Yorke aussi, quand il vient en solo je vais le voir. 

As-tu aimé The Smile, le projet parallèle de Thom Yorke et Jonny Greenwood? 

J’ai capoté! Il y a quelque chose de punk dans la batterie, dans la façon de gueuler. 

Ton show s’appelle Québécois tabarnak... Quels seraient tes albums québécois préférés?

N’importe quel album d’Harmonium. Les albums des Cowboys Fringants aussi. Mais Harmonium, c’est pas mal le band québécois que j’ai le plus écouté. 

Ta chanson de Noël préférée?

N’importe laquelle. La première qui va jouer au Jean Coutu, ça va être celle-là.

Pour connaître ses dates de spectacle, visite le site d'Adib Alkhalidey.

Écoutez sa liste de lecture :

À LIRE AUSSI:

• À lire aussi: M pour Montréal: vitrine vitale pour la scène locale

• À lire aussi: Dans l'univers musical de Debbie Lynch-White

• À lire aussi: Québec Love: les feux follets de novembre