La verdure urbaine de moins en moins présente au Canada, le Québec se démarque | 24 heures
/environment

La verdure urbaine de moins en moins présente au Canada, le Québec se démarque

Image principale de l'article De moins en moins présente au Canada
Joël Lemay / Agence QMI

La verdure urbaine des grandes villes canadiennes en a pris pour son rhume. Elle a diminué en moyenne de huit pour cent depuis 2000, d’après les plus récentes données du Recensement de l’environnement de Statistique Canada. Bonne nouvelle! La municipalité la plus verte du Canada se trouve au Québec!

• À lire aussi: La transition écologique est injuste envers les femmes: des solutions féministes nécessaires

• À lire aussi: Les forêts du Québec épargnées par le feu cette année

C’est Saint-Jérôme, dans les Laurentides, qui remporte la palme d’or (ou verdâtre?) de la ville la plus verte au Canada, puisque son territoire est constitué à 93,2% de verdure urbaine. Sherbrooke se classe bonne cinquième avec 90,6%.

Les Québécois qui se font prescrire un «bain de nature» par un médecin participant au programme Prescri-Nature, lancé en mai dernier, pourront donc aller respirer de l’air frais dans le parc naturel de Saint-Jérôme ou marcher le long de la rivière du Nord.

Au total, 72% de la superficie des terres occupées par 1016 petites et grandes villes à l’échelle du Canada a été classée comme zone verte en 2022.

«L’utilisation du sol et les conditions climatiques sont des facteurs importants qui peuvent avoir une incidence sur le niveau de verdure», entraînant des changements à long et à court terme dans les niveaux de verdure, stipule le compte-rendu de statistique Canada.

Montréal veut être plus verte

La métropole a vu sa superficie verte diminuer de 9,3%, passant de 78,6% pour la période 2000-2004 à 69,3% pour la période 2018-2022. Toutefois, Montréal reste la plus verte parmi les cinq grands centres canadiens, soit Vancouver (68,2%), Toronto (61,2%), Edmonton (51,1%) et Calgary (37,6%).

Les gens profitent du soleil au parc Jarry en cette belle journée d’automne, à Montréal, le lundi 24 octobre 2022.
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Les gens profitent du soleil au parc Jarry en cette belle journée d’automne, à Montréal, le lundi 24 octobre 2022. JOEL LEMAY/AGENCE QMI

La baisse de plus de 9 points est entre autres due à l’abattage, depuis 2012, d’environ 40 000 frênes, en raison de la présence de l’agrile du frêne. 

En septembre dernier, l’administration Plante a dévoilé son bilan du programme de la forêt urbaine pour l’année 2021. La Ville de Montréal a planté un total de 40 835 arbres, soit 18 846 arbres sur le domaine public, 14 995 sur les propriétés privées et 6 994 dans les milieux naturels.

Elle souhaite aussi vouloir planter suffisamment d’arbres d’ici 2025 pour que leur feuillage ait une surface équivalente à trois fois celle du parc du Mont-Royal.

Les arbres sont « de véritables alliés»

Pour la présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, les conclusions de recensement démontrent que les initiatives de verdissement ne peuvent être suffisantes si, en parallèle, «on continue d’arracher et de détruire un nombre encore plus important d’arbres matures».

«Nous devons surveiller étroitement les indices de verdissement dans nos milieux de vie», affirme-t-elle au 24 heures. «Il faut arrêter de voir les arbres comme un “plus”, mais plutôt comme une nécessité sur les plans social, environnemental et sanitaire.» 

PHOTO COURTOISIE/Dre Claudel Pétrin-Desrosiers

«Les arbres sont de véritables alliés. Nous devons orienter nos efforts vers la protection et la restauration des espaces naturels existants», martèle la médecin, précisant que le rapport envoie le signal «qu'on doit faire mieux», notamment à l'approche de la COP15 sur la biodiversité.

La baisse de la verdure d’un océan à l’autre illustre «assez bien» la complexité de la lutte aux changements climatiques, dit-elle.

«On a l'impression de faire des pas en avant avec le verdissement urbain, mais tant qu'on ne ralentira pas sur l'étalement urbain et la détérioration de nos milieux naturels existants, la balance sera négative», avance Dre Pétrin-Desrosiers.

À VOIR AUSSI

s