Il a (déjà) fait -10°C à Montréal cette année: est-ce la faute au réchauffement climatique? | 24 heures
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Il a (déjà) fait -10°C à Montréal cette année: est-ce la faute au réchauffement climatique?

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MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Dans la nuit de dimanche à lundi, le mercure est descendu pour la première fois de la saison à -10°C. Alors qu’il faut généralement attendre jusqu’au 10 décembre pour enregistrer un froid pareil, une question se pose: les changements climatiques sont-ils à pointer du doigt?

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À la mi-novembre, les normales varient entre un maximum de 3°C et un minimum de -4°C, selon les données d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC).

Pour le météorologue Gilles Brien, le -10°C du début de la semaine serait un symptôme des changements climatiques. «Le réchauffement climatique, c’est pas un long fleuve tranquille vers le haut. C’est une montée en dents de scie avec de plus en plus d’écarts et d’extrêmes inhabituels», a-t-il écrit dans un tweet. 

Gilles Brien a-t-il raison d’évoquer de la sorte les changements climatiques? 

S’ils affectent bel et bien la température, les changements climatiques ne peuvent à eux seuls expliquer ce froid anormal, affirme Philippe Lucas-Picher, professeur au Département de sciences atmosphériques de l’UQAM. 

«C’est difficile d’établir un lien de cause à effet direct, insiste-t-il. Il faut tenir compte du fait que la température évolue, mais il y a tout de même une variabilité climatique derrière.»

Pas le premier record de froid

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’on ressent un tel froid un 21 novembre. La preuve: les thermomètres affichaient -16°C à pareille date en 2018. 

«L’Amérique du Nord est une région du monde située à une latitude moyenne, ce qui signifie que les contrastes de températures sont très forts d’une journée à l’autre», explique M. Lucas-Picher en entrevue au 24 heures

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Ça ne veut toutefois pas dire que la planète ne se réchauffe pas, mais que cette hausse des températures s’observe sur de longues périodes. 

À moyen et long terme, ça signifie qu’on va continuer à battre des records de chaleur et qu’ils vont se multiplier. On va aussi continuer à battre des records de froid, mais ceux-ci vont être de moins en moins fréquents à mesure que le signal du réchauffement climatique deviendra plus prononcé. 

Des hivers moins froids

Les 23°C que l’on a eus les 4 et 5 novembre derniers sont d’ailleurs davantage représentatifs des effets des changements climatiques que les -10°C enregistrés dans la nuit de dimanche à lundi, soutient Dominique Paquin, responsable Simulations et analyses climatiques à Ouranos.

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«Les 22-23°C en novembre vont se multiplier, mais les journées froides, elles, sont en voie de disparition. Il faut en profiter», note-t-elle.

«Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus d’hivers très froids. Ça va se reproduire, mais de façon plus rare», conclut l’experte d’Ouranos. 

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