Défi «No-vember»: voici pourquoi vous devriez dire non à quelqu’un aujourd’hui | 24 heures
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Défi «No-vember»: voici pourquoi vous devriez dire non à quelqu’un aujourd’hui

Image principale de l'article Vous devriez dire non à quelqu’un aujourd’hui!
Photomontage Marilyne Houde

Avez-vous dit non à quelqu’un aujourd’hui? Eh bien, vous devriez peut-être prendre l’habitude de le faire, parce que dire oui à tout le monde tout le temps, ça peut vite devenir épuisant et frustrant, prévient une psychologue.  

Refuser quelque chose au moins une fois par jour pendant 30 jours consécutifs: voilà ce que propose le défi «No-vember», lancé en 2018 par l’illustrateur et humoriste australien Jason Chatfield.  

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Avec ce mouvement, l’idée n’est pas de dire non juste pour le plaisir de dire non, mais d’apprendre à se mettre des limites et d’arrêter de toujours dire oui lorsqu’on n’en a pas envie.  

Si l’exercice peut paraître simple, c’est tout le contraire.   

Pourquoi on a du mal à dire non 

Pour beaucoup d’entre nous, c’est en effet souvent compliqué de dire non, parce qu’on a tous «un besoin inné de connecter aux autres», affirme la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier.  

«On peut avoir peur de déplaire, de décevoir, de heurter l’autre ou même de perdre l’affection de la personne», poursuit-elle. Dans un contexte de travail, la crainte de passer pour quelqu’un de moins travaillant ou de moins compétent peut également faire en sorte qu’on se sente obligé d'accepter certaines demandes.  

Si cette difficulté à dire non est assez commune, elle varie en intensité d’une personne à l’autre. 

«Il y a des gens qui ont un grand besoin de connexion ou d’approbation des autres. Ça peut être des gens qui sont dans des dynamiques de dépendance, par exemple, qui vont avoir plus tendance à ignorer leurs besoins pour l’autre», explique Geneviève Beaulieu-Pelletier. 

Lorsque cette volonté de plaire en vient à prendre presque toute la place, on a affaire à un people pleaser.  

Un people pleaser va changer ses comportements et ses discours en fonction de la réaction de son interlocuteur, souvent par manque d’estime de soi ou peur du rejet. Le fait de mettre les besoins et les désirs des autres avant les siens peut également lui procurer un sentiment de sécurité, parce qu’il peut avoir l’impression qu’on ne l’aimera plus si on n’a pas besoin de lui. 

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Les conséquences de toujours dire oui 

Bien qu’il soit tout à fait normal de faire des compromis avec son entourage, dire oui sans prendre en compte ses propres limites et valeurs, ça peut avoir des conséquences négatives à long terme, insiste Geneviève Beaulieu-Pelletier.  

«On peut s’épuiser si on ne respecte pas ses besoins. À la longue, ça peut créer une frustration qui s’accumule. Ça peut même causer des conflits, parce qu’on finit par exploser et réagir de manière intense.» 

En se référant toujours aux besoins des autres, on peut également devenir étranger à nos propres buts et ambitions et donner l’impression qu’on ne vit pas de manière authentique. À la longue, les personnes qui ont tendance à toujours vouloir plaire aux autres ressentent aussi plus de stress.  

Les conséquences se ressentent aussi chez les proches de la personne. Ces derniers peuvent, par exemple, avoir l’impression qu’on ne leur dit pas la vérité, ce qui peut causer des conflits.  

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S’entraîner à dire non 

Apprendre à dire non plus souvent, «c’est un apprentissage», souligne Geneviève Beaulieu-Pelletier, qui suggère d’y aller peu à peu. 

«Il faut commencer avec de petites choses et se mettre graduellement de plus en plus en risque. Comme ça, on entraîne notre capacité à reconnaître nos besoins et à mettre nos limites», conseille-t-elle.   

Un défi comme «No-vember» est une bonne occasion de s’entraîner et de commencer à dire non plus souvent – vous pouvez le faire n’importe quel mois, pas besoin d’attendre novembre –, mais aussi de réfléchir à ce qui est important pour nous.  

«On ne dit pas non au hasard, mais avec l’objectif de revenir en accord avec nos valeurs. Il faut réfléchir aussi à quels ont été les impacts sur notre quotidien de toujours dire oui», souligne la psychologue.  

Demandez-vous, par exemple, s’il vaut mieux accepter une opportunité qui vous plaisait plus ou moins ou vous accorder du temps pour peut-être en accepter une autre qui vous conviendra davantage? Préférez-vous profiter d’une soirée pour prendre soin de vous ou aller à une fête qui ne vous tentait pas tant que ça?  

«Il faut rester attentif aux réelles conséquences de notre refus, mais aussi à ce que ça nous apporte de positif après coup», conclut-elle. 

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