COP15: l’implication des «mégamilliardaires» dénoncée | 24 heures
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COP15: l’implication des «mégamilliardaires» dénoncée

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Des activistes ont suspendu une bannière de 25 mètres de long en haut d’un immeuble jeudi, en marge de la COP15, pour dénoncer l’ingérence des milliardaires dans le financement des biotechnologies sensées «sauver la planète». Un exemple? Les moustiques génétiquement modifiés pour lutter contre le paludisme au Burkina Faso, notamment, dans lesquels Bill Gates a largement investi.

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Vers 8h30, des grimpeurs du Collectif Antigone ont déployé deux larges banderoles au sommet d’un immeuble situé à l’angle des rues Saint-Urbain et Saint-Antoine, bien visible depuis le Palais des congrès de Montréal où se déroulent les négociations de la conférence des Nations unies sur la biodiversité. 

Photos fournies par Vigilance OGM.

Elle restera en place toute la journée, puisque cette action en complètement légale. «Les propriétaires de l’immeuble ont donné leur accord», confirme l’organisme Vigilance OGM qui coordonnait l’événement. 

«C’est la première COP à laquelle des milliardaires [comme Jeff Bezos] sont autant impliqués», a prévenu au même moment Jim Thomas, le directeur de recherche d’ETC Group, un organisme international de surveillance des géants de la technologie sur la biodiversité et le secteur agroalimentaire. 

Plusieurs organisations environnementales étaient également sur place pour rappeler aux délégués l’influence de ces «mégamilliardaires» sur les négociations de la COP et les décisions qui s’en suivront. 

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Les manifestants ont porté des masques de Bill Gates et Jeff Bezos pour protester contre l'influence des milliardaires sur les décisions mondiales en matière de biodiversité.

AFP

Les manifestants ont porté des masques de Bill Gates et Jeff Bezos pour protester contre l'influence des milliardaires sur les décisions mondiales en matière de biodiversité.

Des moustiques OGM pour «sauver» l’Afrique

Elles dénoncent entre autres le projet Target Malaria, largement financé par Bill Gates, une technologie qui permettrait de contrôler le paludisme en Afrique. 

Le principe: lâcher des moustiques mâles génétiquement modifiés dont l’accouplement avec des femelles sauvages «normales» donnerait des «œufs qui n’arrivent pas à maturité et donc ne sont pas viables». 

«L’Afrique a des solutions à ses problèmes et elles ne se trouvent pas dans une technologie développée par un milliardaire loin du terrain. Ce qu’il nous faut, ce sont de bonnes politiques d’hygiène et d’assainissement», souligne au 24 heures le président de l’organisation non gouvernementale (ONG) burkinabé Terre à Vie, Ali Tapsoba. 

Photos fournies par Vigilance OGM.

«Lâcher des moustiques génétiquement modifiés dans la nature risque de compromettre l’avenir des Burkinabés et de tous les Africains. Leur organisme pourrait héberger d’autres types de maladies», poursuit-il. 

Ali Tapsoba souhaite faire comprendre aux dirigeants du monde que les Burkinabés refusent d’être encore les cobayes des OGM. 

Il rappelle «l’échec» du coton transgénique de Monsanto introduit au pays en 2008, qui a fait chuter le prix du coton burkinabé sur les marchés mondiaux avec sa fibre devenant de plus en plus courte. 

«Il n’y a pas d’acceptabilité sociale dans le projet Target Malaria», lance-t-il. 

«Réparer la biodiversité» avec des milliards

Les activistes dénoncent également le Bezos Earth Fund qui devrait prochainement annoncer des milliards supplémentaires pour financer l’objectif 30x30, qui vise à protéger 30% des milieux naturels terrestres et maritimes d’ici 2030. 

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Ils sont inquiets de voir l’argent du fondateur d’Amazon investi pour «réparer la biodiversité», lui qui a fait fortune «au mépris» des droits de la personne et de l’environnement. 

«Jeff Bezos essaie de pousser les technologies pour sauver la biodiversité plutôt que d’investir dans des solutions qui impliquent les communautés ou le changement des pratiques destructrices. Les vraies solutions sont avec les gens sur le terrain», signale Jim Thomas. 

«Ce qu’il propose est une arnaque pour influencer les décisions politiques et faire plus de profits», ajoute-t-il. 

Amazon a généré en 2021 plus de 300 millions de kilogrammes de déchets plastiques, selon le nouveau rapport d’Oceana. Il s’agit d’une augmentation de 18% par rapport à l’année précédente. 

Une fois disposés, ces déchets pourraient faire plus de 800 fois le tour de la Terre. 

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