Délais chez Immigration Canada: il n’a que 4 jours pour faire valoir le point de vue de sa communauté autochtone à la COP15 | 24 heures
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Délais chez Immigration Canada: il n’a que 4 jours pour faire valoir le point de vue de sa communauté autochtone à la COP15

Image principale de l'article Juste 4 jours pour se faire entendre à la COP15
Photo Geneviève Abran

«On ne peut pas prendre de décision sans les peuples autochtones.» Pourtant, le délégué de République démocratique du Congo Valentin Engobo a dû rater neuf des treize jours de la COP15 en raison des délais pour obtenir son visa de la part d’Immigration Canada.  

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«Quand on parle de problème lié à la biodiversité ou à l’écosystème forestier, ce sont les peuples autochtones qui sont les gardiens et qui savent mener les actions stratégiques pour ne pas saccager», souligne le leader autochtone du village de Lokolama.   

Cette communauté congolaise protège la plus grande tourbière au monde, un type d’écosystème réputé pour stocker de grandes quantités de carbone.  

Valentin Engobo est enfin arrivé à Montréal vendredi, à quelques jours de la fin du congrès sur la biodiversité, qui se déroule au Palais des congrès du 7 au 19 décembre.

Le Congolais a dû séjourner à Kansas City, aux États-Unis, pendant 12 jours en raison de ces retards. Il avait pourtant entamé le processus pour obtenir son passeport et son visa en septembre, dans les délais prévus.   

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Important d’écouter les peuples autochtones 

Valentin Engobo n’aura que très peu de temps pour faire valoir le point de vue de son peuple sur les façons de protéger la biodiversité.  

Or, malgré son absence physique de la COP15, il se réjouit d’avoir tout de même pu faire entendre la voix de sa communauté. Valentin Engobo a notamment pu participer à une conférence de manière virtuelle le 9 décembre, en plus de faire des entrevues avec des journalistes à distance.   

Valentin Engobo, accompagné de représentants d'ONG, lors d'une action exigeant des décideurs de prendre en compte les droits des peuples autochtones dans la prise de décision pour protéger la biodiversité.

Photo Geneviève Abran

Valentin Engobo, accompagné de représentants d'ONG, lors d'une action exigeant des décideurs de prendre en compte les droits des peuples autochtones dans la prise de décision pour protéger la biodiversité.

Le leader de Lokolama insiste sur l’importance de solliciter l’expertise traditionnelle des peuples autochtones lorsque les décideurs remettront le texte final, la semaine prochaine. «Ce sont les peuples autochtones qui ont une expérience et une connaissance traditionnelles différentes aux réalités de la science», rappelle-t-il.   

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«On ne peut pas prendre de décision sans les peuples autochtones», affirme celui qui dit devoir «donner sa confiance aux pays développés».  

«Il faut récompenser les efforts des peuples autochtones à travers les mécanismes de financement qui sont accordés aux autres États», assure-t-il.  

Plusieurs cas similaires 

Valentin Engobo n’est pas le seul à avoir vécu des difficultés dans l’obtention de son visa lui permettant d’entrer au Canada.  

Au début du mois de décembre, Le Journal rapportait que plus de 1000 participants étrangers attendaient toujours une réponse d’Immigration Canada à leur demande de visa pour pouvoir assister à la COP15. Au total, le ministère avait reçu 3732 demandes de visa en prévision de cet événement d’envergure internationale.   

Immigration Canada rappelle qu'il a demandé aux délégués de la convention d’appliquer avant le 15 novembre pour s’assurer de recevoir une réponse à temps.   

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Au moment d’écrire ces lignes, Immigration Canada n’avait toujours pas répondu à notre demande d’information pour savoir s’il restait des demandes de visa en lien avec la COP15 à approuver.  

Étant donné les obligations de visa du Canada, ceux qui risquaient de rater la COP15 sont majoritairement originaires des pays d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique. 

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