Pannes d’électricité, d’eau et de chauffage: les Ukrainiens se préparent au pire cet hiver | 24 heures
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Pannes d’électricité, d’eau et de chauffage: les Ukrainiens se préparent au pire cet hiver

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Quotidiennement plongés dans le noir, les habitants de Kyïv se préparent à vivre un hiver difficile, alors que les pannes d’électricité causées par les bombardements russes pourraient les priver d’eau et de chauffage pendant de longues périodes.

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Le 14 décembre dernier, Marta Dzhumaha, une résidente de la capitale ukrainienne, a été réveillée par deux explosions «très près» de chez elle. 

«Évidemment, c’était très épeurant. J’avais les genoux et les mains qui tremblaient. Je suis allée dans ma garde-robe, j’ai barré la porte et j’ai essayé de reprendre mes esprits», raconte la jeune femme de 24 ans.

Il faut dire que les explosions font maintenant partie du quotidien des habitants de Kyïv. 

Depuis octobre dernier, la Russie mène des campagnes de bombardements loin des cibles militaires, visant plutôt des infrastructures électriques et civiles. Les Nations unies estiment que c’est maintenant 50% des installations énergétiques totales de l’Ukraine qui ont été endommagées ou détruites par Moscou, dont une majorité dans les trois derniers mois.

Des sauveteurs tentent d'éteindre un incendie dans une infrastructure électrique critique après une attaque de drones à Kyïv, le 19 décembre 2022. (Photo de Sergei SUPINSKY / AFP)

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Des sauveteurs tentent d'éteindre un incendie dans une infrastructure électrique critique après une attaque de drones à Kyïv, le 19 décembre 2022. (Photo de Sergei SUPINSKY / AFP)

En plus de plonger la population dans le noir, les attaques russes contre ces installations mènent à des coupures d’eau et de chauffage, explique Ivan Kecherenko, qui habite également à Kyïv.

«Malheureusement, dans la plupart des immeubles modernes à plusieurs étages, comme celui où je vis, quand il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas d'eau, pas de chauffage et pas d’ascenseurs», souligne-t-il. 

Une situation qui peut parfois durer des jours, poursuit Marta Dzhumaha.

«Jusqu’à maintenant, la plus longue période que j’ai passée sans eau, sans chauffage et sans électricité, c’est trois jours. Environ 56 heures. C’était difficile», affirme-t-elle.

Évoquant un «scénario d’apocalypse», le maire de Kyïv, Vitali Klitshtko, a d’ailleurs averti les citoyens qu’ils devaient être prêts à évacuer la ville à tout moment, puisqu’il est possible que l’approvisionnement en électricité soit complètement perdu dans les prochains mois et que la température plonge sous le point de congélation. 

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Pas question de fuir

Pour Marta Dzhumaha, la fuite n’est toutefois pas une option. 

«J’ai décidé de rester à Kyïv. Je me sens mieux à la maison, avec les gens que j’aime. C’est aussi une manière de contrôler quelque chose dans ma vie, de prendre des décisions pour moi et de ne pas laisser mon destin entre les mains de terroristes russes», explique-t-elle. 

Consciente que la situation pourrait vite dégénérer, la jeune femme affirme se préparer à toutes les situations. 

«Nous n’avons pas le choix de nous préparer au pire. J’ai acheté des vêtements d’hiver et des sacs de couchage avec lesquels il est possible de dormir dehors. Mon partenaire et moi avons acheté de la nourriture qui se garde longtemps et nous avons fait des réserves d’eau. J’ai aussi préparé un sac à dos rempli de documents importants dans le cas où nous devons fuir rapidement», précise-t-elle. 

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Elle refuse malgré tout de parler de survie. 

«Nous ne survivons pas, je déteste ce mot, parce que nous vivons toujours», martèle-t-elle. 

Un état d’esprit partagé par Ivan Kecherenko, qui prévoit lui aussi de passer l’hiver dans la capitale. 

«L'objectif que la Russie tentait d'atteindre par ces actes terroristes de destruction a en fait échoué. Les autorités russes pensaient que les Ukrainiens descendraient dans la rue pour persuader le gouvernement d'arrêter de défendre notre pays et de conclure un accord pacifique. Mais après chaque tir de missile et chaque panne d'électricité, notre désir de lutter devient encore plus fort», assure-t-il. 

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