J’ai posté un BeReal chaque jour pendant un an: voici ce que j’ai observé | 24 heures
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J’ai posté un BeReal chaque jour pendant un an: voici ce que j’ai observé

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BILLET - Chaque jour pendant un an, à une heure aléatoire, mon téléphone a sonné pour m’aviser que c’était «l’heure du BeReal», c’est-à-dire le moment où tous les utilisateurs de cette app sont invités à partager avec leurs amis une photo de ce qu’ils sont en train de faire à cet instant précis.

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Après quelques semaines, l’aspect «nouveauté» s’était estompé et je trouvais que ça commençait à devenir redondant. Je n’étais pas la seule: tout au long de 2022, j’ai vu tour à tour mes amis télécharger l’application, poster pendant quelques temps, puis la désinstaller un bon jour, lassés. 

De mon côté, comme je suis fan de statistiques, j’ai décidé de persévérer pour 365 jours, voir ce que ces instantanés révélaient sur mon quotidien. Voici quelques observations.

1. Je passe beaucoup de temps devant un écran

L’objectif de BeReal est supposément de nous pousser à montrer de quoi a l’air notre «vraie vie», plutôt que de sélectionner quelques moments particulièrement spectaculaires ou esthétiques, comme on le fait plus couramment sur les médias sociaux.

Si on le fait de façon honnête, ça donne beaucoup... de photos d’écrans. 

Ordinateurs, télévision, console; ce n’est pas le genre de photos que je vois défiler dans les stories Instagram de mes amis, mais sur BeReal, il y en a des tas! 

J’ai fait le calcul, et j’étais en train d’utiliser un écran lors de 39% de mes publications BeReal. 

Une partie de ce nombre s’explique par le fait que j’étais en train de travailler dans 28% de mes BeReal, ce qui implique un écran. Le 11% restant relève toutefois de mes choix. 

Décider de découvrir pourquoi le monde aimait District 31 n'a pas aidé à limiter mon temps d'écran.

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En 2022, ça n’a peut-être rien de surprenant – surtout qu’on a quand même passé les premiers mois de l’année quasi-confinés avec un couvre-feu, souvenons-nous en. 

Mais même si les écrans peuvent nous ouvrir sur le monde, n’oublions pas qu’une des définitions du mot est «objet interposé qui dissimule ou protège». Ça me fait toujours réfléchir à ce que je mets entre ma face et le monde qui m’entoure.

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2. Je suis tout le temps chez nous

Autre chiffre qui m’a fait réfléchir: je passe énormément de temps chez moi. J’y étais lors de 58% de mes BeReal! 

La pandémie m’a sûrement aidée à consolider une tendance casanière, mais que ce soit pour travailler, m’entraîner ou passer le temps, c’est définitivement le lieu où je me trouve le plus. 

Ce n'est pas un problème en soi, je me trouve chanceuse d'avoir un appartement dans lequel je me sens bien. 

Et quand je ne suis pas chez moi, je ne quitte pas trop la ville: j’étais à Montréal (chez moi ou ailleurs) sur 83% des BeReal. Sherbrooke, où habite ma famille, arrive ensuite avec 8%. 

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3. Mon moyen de déplacement principal n’est pas celui que je croyais

Quand on me demande mon moyen de déplacement principal, je dis habituellement que c’est le métro, puisque je n’ai pas de voiture et que le lien entre mon bureau et mon appartement est clairement la ligne orange. 

Je suis cependant en train de me déplacer d’un endroit à l’autre dans 10% de mes BeReal, et le mode de transport qui revient le plus (et de loin) est... la marche! 

Aller à l’épicerie, visiter une amie, me rendre jusqu’au métro... les spécialistes en déplacements disent souvent que 99% des gens sont des piétons dans certains de leurs déplacements. On a tendance à l’oublier quand on parle de transports (et peut-être même quand on conçoit les villes). 

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4. J’aime ma job

J’ai mentionné plus tôt que j’étais au travail sur 28% de mes BeReal. C’est beaucoup, mais ce n’est pas non plus une surprise puisque je travaille à temps plein. 

Une chose qui m’a fait sourire en faisant le tour de mes publications, c’est que je me rappelais de plusieurs de ces moments au travail avec plaisir. C’est une chance de faire ce qu’on aime (promis, mon boss ne m’a pas demandé d’écrire ça), et ça vaut la peine de trouver un emploi dans lequel on se sent bien, vu le temps qu’on y passe.

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5. Ça fait une recap «honnête» de l’année

La fin de l’année nous amène toutes sortes de recap provenant des réseaux sociaux, avec nos highlights de l’année. 

BeReal, c’est un peu l’inverse – c’est vrai que quand on regarde la petite vidéo récapitulative de l’année, on réalise que ça capte des moments du quotidien. Ce n’est pas spectaculaire à revoir, mais au fond je suis contente d’avoir ces photos des moments où normalement je n’en aurais pas pris. 

Pour finir, quelques stats en rafale : 

  • J’étais en train de boire de l’alcool lors de 6% de mes BeReal – ça me semble raisonnable.
  • J’étais dehors sur seulement 10% de mes BeReal – j’aimerais augmenter ce pourcentage.
  • Je lisais un livre, un magazine ou un journal sur 5% de mes BeReal.
  • Je cuisinais sur 5% de mes BeReal.
  • Évidemment, mon chat est très représenté.

Est-ce que je vais poursuivre BeReal en 2023? Probablement pas. Je suis contente de l’avoir fait avec diligence, mais je veux faire attention à mon temps d’utilisation d’écran, et chaque application qui m’amène sur mon cell m’éloigne de ce but. 

Bonne année!

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