Des records de chaleur hivernale battus en Europe et au Québec...mais du froid polaire aux États-Unis et en Inde | 24 heures
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Des records de chaleur hivernale battus en Europe et au Québec...mais du froid polaire aux États-Unis et en Inde

Image principale de l'article Vague de chaleur hivernale, redoux, froid polaire
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L’hiver connaît des turbulences un peu partout dans le monde: une grande partie de l'Europe a été touchée par une vague de chaleur sans précédent dans les derniers jours, en plus des records de température qui ont été battus au Québec, aux États-Unis et en Inde.

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De la France à l’ouest de la Russie, des milliers de records de chaleur ont été fracassés entre le 31 décembre et le 2 janvier. La température a même grimpé jusqu’à 20 degrés au-dessus des normales dans plusieurs régions d'Europe. 

Une piste de ski au milieu d'espaces verts à Schruns, en Autriche, qui a connu des températures relativement chaudes au cours de la semaine dernière.

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Une piste de ski au milieu d'espaces verts à Schruns, en Autriche, qui a connu des températures relativement chaudes au cours de la semaine dernière.

Au Nouvel An, le mercure affichait 25 °C à Trois-Villes, en France; 25,1 °C à Bilbao, en Espagne; 19,4 °C à Ohlsbach, en Allemagne; et 19,6 °C à Javornik, en République tchèque. 

Dans la ville de Glucholazy, en Pologne, le record absolu a été atteint avant le lever du soleil: il faisait 18,7 °C à 4 heures du matin, le 31 décembre, ce qui est plus chaud que la température moyenne la plus basse au milieu de l'été. 

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«C’est assez inquiétant. On parle d’anomalies allant jusqu’à 20 degrés, notamment en Allemagne. Certains météorologues européens croient que c’est l’événement météorologique le plus extrême de l’histoire du continent», signale Nicolas Lessard de MétéoMédia. 

Les anomalies de température sont même «supérieures» par endroit à celles que la France, l’Espagne, le Portugal ou le Royaume-Uni ont connues l’été dernier, précise le météorologue. 

De juin à septembre, l’Europe a subi une succession brutale de vagues de chaleur, multipliant les sécheresses et les feux de forêt. Au moins 15 000 décès directement liés à ces canicules ont été recensés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Un redoux au Québec

Si ce climat peut sembler plutôt agréable dans le froid habituel de l'hiver, les températures qui dépassent de 15 à 20 degrés la normale sont «extrêmes» quelle que soit la saison, rappelle MétéoMédia. 

«La météo hivernale a toujours été en dents de scie, mais les changements climatiques accentuent et accélèrent ce genre de phénomènes. Les systèmes seront de plus en plus intenses, avec des descentes et des remontées de températures encore plus marquées», fait valoir Nicolas Lessard. 

Depuis une vingtaine d’années, l’hiver est la saison pour laquelle le réchauffement est le plus marqué. Toujours plus chaotique, il ressemblera davantage aux intersaisons, selon le chercheur en hydroclimatologie et professeur au département de géographie de l’UQAM, Philippe Gachon. 

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Le Québec a d’ailleurs connu une hausse du mercure bien au-delà des normales saisonnières dans les derniers jours, si bien que plusieurs records ont été battus pour l’ensemble de la province le 30 décembre dernier, précise le météorologue à Environnement Canada, Jean-Philippe Bégin. 

  • Montréal: 8,6 °C, ancien record de 7,8 °C en 1889 et 1936
  • Québec: 6,2 °C, ancien record de 5,0 °C en 1889 
  • Val-d’Or: 7 °C, ancien record de 2,2 °C en 1965 
  • Rivière-du-Loup: 7,7 °C, ancien record de 2,2 °C en 1973 
  • Fermont: 1°C, ancien record de -6 °C en 1990 

Plus de réchauffement, plus de vagues de froid

Il est bien connu que les changements climatiques sont la principale cause des vagues de chaleur, mais ils pourraient aussi provoquer davantage de vagues de froid polaire. Une étude publiée en septembre 2021 dans la revue Science a démontré pour la première fois l'impact du réchauffement de l'Arctique sur le temps hivernal dans les latitudes moyennes de l'hémisphère Nord, notamment en Amérique du Nord et en Asie de l'Est.

Le ralentissement du vortex polaire qui tourne au-dessus du pôle Nord pendant les mois d’hiver serait en cause.

«Sa vitesse vient de la différence de températures entre le nord et le sud. Comme les pôles se réchauffent plus rapidement que le reste de la planète, son rythme ralentit et laisse échapper plus facilement et plus souvent des bulles d’air froid qui descendent vers le sud», expliquait à 24 heures le météorologue d’Environnement Canada, Simon Legault.

Aux États-Unis, le passage de la «bombe météo» avant les Fêtes a laissé des températures glaciales un peu partout dans le pays. Le mercure a chuté à -45 °C au Montana alors que la moyenne est de -5 °C pour le mois de décembre dans cet État du nord-ouest américain. 

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Plusieurs régions du nord de l'Inde connaissent également une vague de froid depuis l’arrivée du mois de janvier. Certains États ont prolongé les vacances d’hiver dans les écoles ou modifié les horaires en raison de ces conditions météorologiques «anormales».