De la vaisselle réutilisable dans les McDo français | 24 heures
/environment

De la vaisselle réutilisable dans les McDo français

Image principale de l'article De la vaisselle réutilisable dans les McDo
AFP

Les restaurants McDonald’s deviennent un peu plus verts en France, alors que la vaisselle réutilisable est devenue obligatoire le 1er janvier dans les établissements de restauration rapide en France. 

En décembre, certains restaurants McDonald’s testaient des prototypes, comme des cornets de frites en plastique rouge vif, semblables à ceux en carton que les consommateurs ont toujours connus.

Depuis le 1er janvier, la restauration rapide doit utiliser de la vaisselle réutilisable pour les repas et les boissons servis à table, qu’il s’agisse des gobelets, couvercles, assiettes, récipients ou couverts, en application de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (Agec) votée en 2020.

AFP

Les enseignes de restauration rapide servent 6 milliards de repas par an dans 30 000 points de vente en France, ce qui génère 180 000 tonnes de déchets chaque année. 

Pour de grandes chaînes comme McDonald’s, Quick, KFC ou Domino’s Pizza, qui utilisent à profusion les emballages et la vaisselle jetables, il s’agit de changer de modèle.

«C’est une mesure emblématique. Si c’est bien appliqué demain, ça fera une différence très concrète pour les gens, ça va indéniablement dans le bon sens», estime Moira Tourneur, de l’ONG Zero Waste France.

Situé sur une artère très commerçante, le McDonald’s de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) a dû recruter «pour la plonge en journée, des hôtesses à l’accueil pour accompagner les clients et leur expliquer le tri parce que dans un premier temps, c’était très compliqué, et aussi au niveau du comptoir et du service à table», explique à l’AFP Maria Varela, sa directrice.

AFP

«Tout ce qui était en carton est maintenant en plastique réutilisable. Il a fallu revoir les procédures en cuisine, séparer les commandes sur place de celles à emporter, prévoir des espaces de stockage...», détaille-t-elle. 

Des travaux de rénovation de l’établissement ont été l’occasion d’adapter la cuisine, exiguë, à cette nouvelle obligation.

Gobelets «souvent emportés»  

Cet établissement pilote qui emploie 70 salariés et réalise 80% de ses ventes en livraison ou à emporter − contre 50% en moyenne pour les 1527 McDo de France − est l’un de ceux qui, depuis un an, ont testé divers contenants réutilisables en verre ou porcelaine; avant que la chaîne n’opte pour le plastique titan, réputé très résistant.

Au 1er janvier, 90% des restaurants de la chaîne devaient être prêts, selon un porte-parole de McDonald’s France.  

Les clients, eux, jettent encore parfois les contenants à la poubelle... ou les emportent, en particulier les jeunes, habitués à finir leur boisson à l’extérieur de l’établissement.

Chez Subway, respecter une obligation qui «concerne à 95% les gobelets», selon une porte-parole, a demandé aussi «plusieurs mois d’expérimentation et de tests», une «campagne de sensibilisation» auprès des franchisés et des affichages en salle destinés aux clients.

Malgré le «gain environnemental immédiat» que constitue cette mesure, son application est «menacée», ont estimé cinq ONG, dans une tribune publiée par Le Journal du Dimanche début décembre.

Car si certains acteurs «font preuve de bonne volonté», d’autres «risquaient fort de louper l’échéance du 1er janvier», s’inquiétaient Surfrider, Zero Waste France, No Plastic in my Sea, Collectif EC2027 et Réseau Consigne, qui appellent les consommateurs à «sanctionner les enseignes qui ne respecteraient pas la loi» et le gouvernement à contrôler l’application de la loi.

Quant à la filière européenne des emballages (EPPA), elle estime que la vaisselle réutilisable a «au final un bilan environnemental plus mauvais que celui des emballages en papier». Elle «doit être lavée et séchée», à grand renfort «d’énergie, d’eau et de détergents», a souligné son président Éric Le Lay dans une tribune récente.

AFP

 

Le Québec pourrait-il s’inspirer de la France?  

Les restaurants McDonald d’ici pourraient-ils s’inspirer d’une telle mesure? 

«C’est sûr que le plastique est un enjeu, mais il ne faut pas diaboliser la matière. Il faut réfléchir à ses usages», explique Aurore Courtieux-Boinot, cofondatrice de l’OBNL La Vague.

«Un carton est un problème aussi quand on parle d’usage unique parce que c’est un objet qui a une empreinte. Dès que vous fabriquez quelque chose, ça demande de l’eau, de l’énergie, des transports, des ressources naturelles pour une utilisation de quelques minutes», affirme-t-elle.

Or, les emballages en carton de la chaîne de restauration rapide ne sont pas sans son lot de conséquences environnementales. 

Quant à eux, les consommateurs de McDonald québécois se disent ouverts à une telle façon de faire, soutenant que des frites dans des contenants en carton ont plus désagréables que dans un contenant d’une autre matière. 

Une entreprise internationale implantée au Québec pourrait faire partie de la solution.

Ecocup fabrique et fournit déjà des gobelets réutilisables pour toute sorte d’évènements partout dans la province, comme le Festif, Osheaga, la SAT et autres.

Le directeur d’Ecocup Québec a confié qu’il avait le projet de se lancer dans la production de contenants réutilisables pour les chaînes de restauration rapide.

«C’est déjà un projet, disons qu’on a déjà des produits du genre qui seront mis en location cette année pour des évènements. Si l’on a le volume nécessaire, on peut largement créer un moule, ce n’est pas un problème.»

«Collector»  

Depuis son entrée en vigueur, les restaurants McDonald’s voient plutôt leurs contenants recyclables disparaître, rapporte le quotidien Le Parisien ce mercredi.

De nombreux clients repartent avec les verres en plastique, boîte de croquettes ou contenants à frites.

«Nous constatons des pertes. Mais les taux ne sont pas démesurés comme dans des restaurants classiques», indique le fondateur de Pyxo, Benjamin Peri, qui offre un parc de contenants réutilisables à McDo.

«Il est très difficile à dire ce qui relève du vol volontaire, de la maladresse et de l’oubli.»

Une campagne de communication est tout de même prévue par la chaîne de restauration rapide pour contrer le phénomène.