Des bâtiments gouvernementaux aspergés de peinture en France: 3 choses à savoir | 24 heures
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Des bâtiments gouvernementaux aspergés de peinture en France: 3 choses à savoir

La façade du ministère de la Transition écologique a été aspergée de peinture orange par des militants du collectif Dernière rénovation, le vendredi 6 janvier.
Photo fournie par Dernière rénovation

La façade du ministère de la Transition écologique a été aspergée de peinture orange par des militants du collectif Dernière rénovation, le vendredi 6 janvier.

Équipés de bombonnes de peinture orange, des militants écologistes français s’en prennent à des bâtiments gouvernementaux depuis mercredi. Que revendiquent ceux qui en sont à leur troisième journée consécutive de coup d’éclat? Voici ce qu’il faut savoir.

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Qui est derrière ces coups d’éclat?

C’est le collectif Dernière rénovation, dont l’objectif est d’alerter sur la crise climatique, qui a visé mercredi les bureaux de la première ministre Élisabeth Borne, du ministère de l’Économie jeudi et du ministère de la Transition écologique vendredi. 

Le principal cheval de bataille du groupe: la rénovation énergétique globale des bâtiments d’ici 2040, qui sont qualifiés de «passoires thermiques» du fait de leur mauvaise isolation. 

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En France, les bâtiments résidentiels et tertiaires sont responsables de 23% des émissions de gaz à effet de serre (GES) et représentent 43% des consommations énergétiques.

Un militant de Dernière rénovation se fait interpeller devant Matignon, où sont situés les bureaux de la Première ministre française Élisabeth Borne.

Photo fournie par Dernière rénovation

Un militant de Dernière rénovation se fait interpeller devant Matignon, où sont situés les bureaux de la Première ministre française Élisabeth Borne.

Bien que la loi sur la transition énergétique prévoie l’accélération de la rénovation énergétique des bâtiments, le collectif estime que le gouvernement n’en fait pas assez à ce chapitre, ce que dénonce Dernière rénovation dans ses actions. 

Pourquoi le groupe vise-t-il des bâtiments gouvernementaux?

Parce qu’il juge que le gouvernement français est coupable du retard en matière d’action climatique. 

Et le tribunal administratif de Paris a essentiellement donné raison à Dernière rénovation: l’État a été condamné le 14 octobre 2021 à réparer le préjudice écologique qu’il a commis en ne respectant pas ses engagements, notamment en matière de réduction d’émissions de GES. 

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Le jugement ordonnait au gouvernement de verser un euro symbolique à quatre associations écologiques, réunies sous la bannière «l’Affaire du siècle», et l’obligeait également de respecter ses engagements climatiques au plus tard le 31 décembre 2022, ce qu’il a échoué de faire. Les juges estiment que la France a émis 15 millions de tonne d’équivalent de CO2 de trop par rapport à ses cibles.

Photo fournie par Dernière rénovation

Lors des actions ces derniers jours, les militants portaient d’ailleurs un chandail sur lequel on pouvait lire «Qui est coupable?» en référence au jugement.

Que risquent les militants?

Les quatre femmes arrêtées par le parquet devant l’Hôtel de Matignon, où sont situés les bureaux de la première ministre, et devant l’Hôtel de Bercy, où l’on trouve le ministère de l’Économie, écopent chacune d’une amende 750€ et devront suivre des stages de citoyenneté. 

Une militante de Dernière rénovation se fait interpeller par la police française alors qu'elle asperge le bâtiment du ministère de l'Économie de peinture orange.

Photo fournie par Dernière rénovation

Une militante de Dernière rénovation se fait interpeller par la police française alors qu'elle asperge le bâtiment du ministère de l'Économie de peinture orange.

En ce qui concerne les trois hommes arrêtés devant les bureaux du ministère de la Transition écologique, on ignore toujours quelle sera leur sanction.

Le groupe Dernière rénovation n’en est pas à ses premières frasques. Ses membres militants bloquent occasionnellement des routes, aspergent des monuments, entre autres actions. Une de ses militantes s’est d’ailleurs attaché le cou à un filet de tennis du court central de Roland-Garros, en juin dernier, en pleine demi-finale. Ce sont aussi des membres de ce collectif qui ont interrompu la 10e étape du Tour de France, le 12 juillet.

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