Il y a 25 ans, la crise du verglas paralysait le Québec: retour sur ces événements historiques | 24 heures
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Il y a 25 ans, la crise du verglas paralysait le Québec: retour sur ces événements historiques

Image principale de l'article La crise du verglas, 25 ans après
Photo d'archives

Il y a 25 ans, une tempête de glace s’abattait sur le Québec. En l’espace de cinq jours, le verglas qui s’accumule au sol, sur les arbres et sur les lignes électriques prive des millions de personnes d’électricité, dont certaines pendant plus d’un mois. Retour sur l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire de la province. 

Du 5 au 10 janvier 1998, 100 mm de pluie verglaçante mitraillent le sud du Québec. Des dizaines de milliers d’arbres se brisent sous le poids de la glace et de lourdes branches s’écrasent sur des voitures et des maisons. 

Luc Bélisle/Archives Journal

Le réseau d’Hydro-Québec ne peut soutenir la pression. À Montréal, en Outaouais et en Montérégie tout particulièrement, des centaines de fils électriques pendent de façon dangereuse à quelques mètres du sol, quand ils ne sont pas carrément coupés. Un millier de pylônes électriques, que l’on croyait indestructibles, se tordent et s’effondrent comme des châteaux de cartes. Puis 1,4 million de foyers se retrouvent sans électricité et sans chauffage pendant plusieurs jours. La province est paralysée.

archives

La situation force le gouvernement, Hydro-Québec et la Santé publique à improviser une stratégie. Lucien Bouchard, premier ministre de l’époque, déclare l’état d’urgence le 8 janvier. Des écoles sont transformées en centres d’hébergement d’urgence et l’armée est déployée pour venir en aide aux sinistrés. 

En tout, la tempête fera 35 morts et 945 blessés. Il faudra également réparer plus de 3000 km du réseau de distribution électrique à la grandeur de la province.

Montréal à un fil de la catastrophe

Au plus fort de la crise, Montréal a bien failli être plongée dans le noir, alors que toute l’île est alimentée par une seule ligne électrique, qui menace aussi de se rompre. La perspective de voir les hôpitaux privés de courant est bien réelle. 

Hydro-Québec demande à l’armée de survoler les pylônes touchés et de lancer des billots de bois dans l’espoir de les libérer de leur manteau de glace. Cette stratégie ne fonctionne toutefois que partiellement.

La crainte de voir les Montréalais manquer d’eau potable gruge aussi les autorités, puisque les usines de traitement d’eau sont privées d’électricité. On estime qu’il ne reste que deux heures d’eau potable à la Ville, trop peu pour fournir la population et les services d’incendie. 

Une opération périlleuse menée par deux monteurs de lignes au-dessus du fleuve Saint-Laurent permet finalement de réparer une importante ligne électrique et d’éviter le pire. 

Photo d’archives, Le Journal de Montréal

Le «triangle noir»

Pendant ce temps, le froid élit domicile en Montérégie, où la situation se détériore. La zone la plus durement touchée, reliant la ville de Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu et Granby, est surnommée le «triangle noir». Plus de 100 000 personnes doivent y être évacuées et il faudra plus d’un mois pour remettre sur pied le réseau électrique qui alimente la région.

La situation est particulièrement difficile pour les agriculteurs de la région, puisque la survie de leur bétail est menacée par le froid. Certains devront d’ailleurs abattre des bêtes malades. 

Une gestion de crise sans précédent

L’ampleur de la tâche est colossale pour le gouvernement et pour Hydro-Québec. Il faut se préparer au pire, tout en rassurant la population. 

Comme ce fut le cas pour François Legault dans les premiers mois de la pandémie de COVID-19, le premier ministre de l’époque, Lucien Bouchard, s’adresse quotidiennement aux Québécois afin de leur communiquer les avancements des opérations de sauvetage. Il tiendra ses points de presse pendant six semaines, souvent accompagné du patron d’Hydro-Québec, André Caillé.  

Lucien Bouchard et André Caillé

JMTL

Lucien Bouchard et André Caillé

Lucien Bouchard a par la suite avoué qu’il «travaillait à l’instinct» pendant ces six semaines de crise.