Baby-boom chez les baleines noires de l’Atlantique Nord | 24 heures
/environment

Baby-boom chez les baleines noires de l’Atlantique Nord

Image principale de l'article Baby-boom chez les baleines noires

La naissance de neuf baleineaux quelques semaines seulement après le début de la saison des mises bas est «super encourageante», selon les scientifiques qui étudient la baleine noire de l’Atlantique Nord, bien que ce soit encore insuffisant pour assurer la survie de cette espèce en danger critique d’extinction.

La baleine noire de l’Atlantique Nord est l’espèce de grande baleine la plus menacée de la planète. Il ne reste qu’un peu moins de 340 spécimens dans le monde, dont seulement 100 baleines femelles en âge de se reproduire. 

AFP

La population a chuté de presque 10% depuis 2019, selon l’organisme canado-américain North Atlantic Right Whale Consortium (NARWC). 

À ce rythme, l’espèce risque de disparaître d’ici 20 ans. 

Elle est surtout menacée par les activités humaines: les collisions avec les bateaux, les enchevêtrements dans les cordages de pêche et le manque de nourriture en raison du réchauffement des eaux. 

Une baleine noire de l'Atlantique Nord empêtrée dans un cordage de pêche en plastique.

AFP

Une baleine noire de l'Atlantique Nord empêtrée dans un cordage de pêche en plastique.

Ces défis, combinés au faible taux de naissance depuis 2010, limitent la capacité de rétablissement des baleines noires de l’Atlantique Nord. 

Une lueur d’espoir pour la survie de l’espèce

Mais voilà que la naissance de neuf baleineaux quelques semaines seulement après le début de la saison des mises bas, qui s’étend de la mi-novembre à la mi-avril, suscite l’espoir chez les scientifiques qui les étudient. 

Ils ont été aperçus avec leur mère dans les états de la Floride et de la Géorgie, où les baleines noires migrent pendant la saison froide. Elles reviennent dans les golfes du Maine et du Saint-Laurent pour se nourrir pendant l’été. 

AFP

«On reste optimiste. Le moment où on voit le plus de bébés est habituellement la deuxième semaine de janvier, et la saison va jusqu’à la mi-avril. Il reste encore du temps pour que d’autres baleineaux naissent», confirme la biologiste marine et océanographe, Delphine Durette-Morin. 

L’an dernier, 15 baleineaux ont été observés dans toute la saison. 

La scientifique adjointe à l’Institut canadien de la baleine se dit particulièrement emballée par le premier de Pilgrim, une femelle âgée de 10 ans. «Les nouvelles mamans, c’est super encourageant, surtout quand elles sont en bas âges comme Pilgrim», se réjouit-elle. 

Pilgrim et son baleineau ont été aperçus au large de Canaveral, en Floride, le 30 décembre 2022.

Photo Joel Cohen/Marine Resources Council

Pilgrim et son baleineau ont été aperçus au large de Canaveral, en Floride, le 30 décembre 2022.

Les femelles matures donnent généralement naissance à un seul petit, tous les 3 à 5 ans. Les scientifiques ont toutefois vu cette fenêtre s’étendre entre sept et dix ans dans les dernières années. 

Le manque de nourriture, dont l’abondance est en corrélation directe avec la fertilité de la baleine, serait en cause, rapportait à La Presse canadienne le professeur de biologie de la conservation marine à l’Université Dalhousie de Halifax, Boris Worm.

Tout porte à croire que les mères ont réussi à trouver suffisamment de zooplancton pour assurer leur grossesse cette année. 

Ce n’est pas suffisant

Mme Durette-Morin ne s’emballe toutefois pas trop vite. «Ce n’est pas encore le taux de naissance nécessaire pour assurer la survie de la baleine noire», regrette la scientifique. 

Seuls 57 baleineaux ont été observés entre 2017 et 2022. La moyenne était de 24 par année entre 2000 et 2010. 

Plusieurs mesures comme des limitations de vitesse pour les navires ou la fermeture de zones de pêche ont été mises en place par le gouvernement canadien pour protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord. 

Les collisions avec les navires et les enchevêtrements dans les outils de pêche demeurent, malgré tout, la principale cause de décès et de blessures graves chez les baleines noires depuis 2017. 

Sur le même sujet