Ce qu’il faut savoir sur les streptocoques du groupe A, dont les infections invasives sont en hausse au Québec | 24 heures
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Ce qu’il faut savoir sur les streptocoques du groupe A, dont les infections invasives sont en hausse au Québec

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Photo d’archives, Agence QMI

La Direction régionale de santé publique de Montréal a annoncé une hausse des infections invasives à streptocoque du groupe A (SGA) chez les enfants depuis la mi-novembre. Ces infections demeurent tout de même très rares et sont différentes des infections au streptocoque bénignes. On fait le point.  

Que sont les streptocoques du groupe A?  

Les streptocoques du groupe A (SGA) sont des bactéries qu’on retrouve naturellement dans la gorge ou sur la peau. 20 % des enfants d’âge scolaire en sont porteurs asymptomatiques. Ils peuvent causer une grande variété d’infections.  

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La majorité des infections au SGA sont considérées comme non invasives et ne mettent pas la vie de la personne infectée en danger. Elles se présentent la plupart du temps sous forme de pharyngite. Les SGA peuvent aussi causer des infections cutanées et la scarlatine chez les enfants. 

Dans des cas plus rares, le streptocoque est à l’origine d’une infection invasive qui, elle, peut être mortelle. On parle ici de fasciite nécrosante (ou bactérie mangeuse de chair), de méningite, d’infection du sang ou de l’utérus.  

Seules les infections invasives sont en hausse 

Il est important de faire la différence entre les infections au SGA invasives et non invasives, insiste la Dre Judith Fafard, directrice médicale du Laboratoire de santé publique du Québec.  

«On ne surveille que les infections invasives, parce qu’il y a un risque mortalité. L’augmentation qu’on constate ne concerne que les infections les plus graves», précise-t-elle.  

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une augmentation de cas a été observée à la fin de l’année 2022 en France, en Irlande, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suède, chez les enfants de moins de 10 ans en particulier.  

Les infections invasives sont plus dangereuses pour les enfants. À Montréal, deux enfants en sont décédés en fin d’année 2022. 

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Des cas rares 

Malgré la hausse des cas, ce genre d’infection demeure assez rare. «On parle d’un à trois cas pour 100 000 personnes par année», souligne la Dre Fafard. 

Les infections respiratoires plus nombreuses, comme l’influenza, le VRS et la COVID-19, pourraient être responsables de la hausse des cas d'infection au SGA.  

«Ces maladies [infections respiratoires] causent des blessures dans les voies respiratoires par lesquelles la bactérie peut passer dans le sang», explique la microbiologiste-infectiologue.  

Symptômes à surveiller 

Puisque les infections invasives au SGA sont rares, la Dre Judith Fafard considère qu’il n’est pas nécessaire d’être toujours à l’affut des symptômes. «C’est comme devoir faire attention de ne pas être frappé par la foudre. Ça peut arriver, mais c’est extrêmement rare», affirme-t-elle.  

Néanmoins, si on constate une rougeur très douloureuse sur la peau qui progresse rapidement, il faut tout de suite se rendre à l’urgence. Même chose si on a une fièvre qui perdure et des étourdissements. Dans le cas de la méningite, si on a un mal de tête persistant, une raideur à la nuque et de la difficulté à rester éveillé, il faut consulter sur-le-champ.  

«En soit, ces symptômes ne sont pas exclusifs au streptocoque, mais peu importe l’origine, ce sont toujours des signes qu’il faut se rendre à l’urgence», avertit la directrice médicale du Laboratoire de santé publique du Québec.  

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La manière la plus efficace de prévenir les infections au SGA est de limiter la propagation d’infections respiratoires.  

«Porter un masque, se laver les mains et tousser dans son coude sont de bons moyens de prévention pour éviter les autres infections, mais aussi parce que le streptocoque se transmet par les gouttelettes de salive et le contact avec la peau», explique la Dre Fafard.  

Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Et les infections non invasives? 

Considérées comme bénignes, les infections au SGA non invasives demandent tout de même un traitement aux antibiotiques. Si vous en souffrez, il vous faudra donc une ordonnance du médecin, rappelle Pierre-Marc Gervais, pharmacien.  

«Il y a quelques pharmacies qui ont une ordonnance collective et où une infirmière peut vous prescrire les antibiotiques sur place. Comme ça demeure assez rare, il est mieux de passer par le médecin si on pense avoir une infection au streptocoque», précise-t-il.  

Un mal de gorge sans toux parfois accompagné de fièvre ou des éruptions cutanées sont les indicateurs habituels de ce type d’infection.  

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On la traite avec des antibiotiques et des médicaments pour soulager la douleur. Les stocks de ces antibiotiques sont à un bon niveau au Québec pour les adultes. Certains antibiotiques liquides pour enfants, eux, sont en rupture de stock.  

Mais ne vous inquiétez pas, si vous vous présentez dans une pharmacie avec un enfant malade, vous ne repartirez pas les mains vides, assure Pierre-Marc Gervais. «Les pharmaciens sont tenus par la loi de fournir des alternatives lorsqu’il y a pénurie d’un produit», insiste-t-il.  

Les infections non invasives demeurent contagieuses, il est donc recommandé de s’isoler jusqu’à 24 heures après le début du traitement par antibiotiques. 

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