Qui sont les bolsonaristes qui sont derrière l’assaut des principaux lieux de pouvoir au Brésil? | 24 heures
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Qui sont les bolsonaristes qui sont derrière l’assaut des principaux lieux de pouvoir au Brésil?

Image principale de l'article Assaut au Brésil: qui sont les bolsonaristes?
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Des centaines de partisans de l’ex-président d’extrême droite brésilien Jair Bolsonaro ont semé le chaos et pris d’assaut plusieurs bâtiments gouvernementaux de Brasilia, dimanche. Qui sont-ils et pourquoi ont-ils mené cette attaque? On vous explique.

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Ce qui s’est passé

Une semaine après l’investiture du nouveau président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, communément appelé Lula, des partisans de Jair Bolsonaro, qui sont mécontents des derniers résultats électoraux, ont pris d’assaut la place des Trois pouvoirs, symbole de la démocratie brésilienne.

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Vitrines saccagées, tapis brûlés, bureaux renversés, tableaux endommagés: les barricades installées autour du Congrès, du palais présidentiel et de la Cour suprême n’ont pas empêché les opposants d’extrême droite de se faufiler à l’intérieur de ces bâtiments gouvernementaux et d’y semer la pagaille.

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Un manifestant s’est même assis sur le siège du président du Sénat, ce qui est non sans rappeler l’assaut mené il y a deux ans par des partisans de Donald Trump au Congrès américain.

Les forces de l’ordre brésiliennes ont mis quatre heures pour chasser les centaines de bolsonaristes de ces hauts lieux de pouvoir. 

Qui sont ces bolsonaristes?

Les bolsonaristes sont ces partisans de l’ex-président Jair Bolsonaro, lequel a été battu par Lula lors de la dernière élection présidentielle, en octobre dernier. À l’instar des émeutiers du Capitole qui contestaient l’élection de Joe Biden, les bolsonaristes ne reconnaissent pas le résultat électoral et crient à la fraude. 

Avant de prendre d’assaut les principaux lieux de pouvoir à Brasilia, ils étaient des milliers vêtus de jaune et de vert, couleurs du drapeau brésilien, à manifester devant des casernes militaires pour réclamer le retour au pouvoir de Bolsonaro. 

De nombreuses publications sur les réseaux sociaux laissent croire que l’attaque était préparée dans les moindres détails depuis plusieurs jours, mettant en doute l’efficacité des services de renseignement. Des éditorialistes locaux s’interrogent également sur le rôle qu’a pu jouer l’armée brésilienne qui supportait ouvertement l’ancien président Jair Bolsonaro.

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«C’est tous frais payés. De l’eau, le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. Et vous camperez au Planalto (le Palais présidentiel)», pouvait-on notamment lire dans un groupe bolsonariste de la messagerie Telegram.

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Au total, plus de 300 bolsonaristes ont été arrêtés après l’invasion et 1200 autres ont été mis à l’arrêt, alors qu’ils étaient installés dans un campement situé devant l’état-major de l’armée. 

Des «fascises fanatiques», selon Lula

Lula, qui déplore des «incidents sans précédent», a condamné dimanche l’invasion des lieux de pouvoir à Brasilia par des «vandales fascistes fanatiques» et décrété une «intervention fédérale» sur les forces de l’ordre pour reprendre en main la sécurité de la capitale.

Le président du Brésil, Lula

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Le président du Brésil, Lula

«Nous allons tous les retrouver et ils seront tous punis. Ceux qui ont financé [ces manifestations] vont payer pour ces actes irresponsables et antidémocratiques», a déclaré le président de gauche au sujet des bolsonaristes.

D’Ottawa à Washington, en passant par Berlin, Moscou et Pékin, des dirigeants du monde entier n’ont pas tardé à affirmer leur soutien au nouveau chef d’État brésilien et à condamner les évènements du week-end. 

Bolsonaro réagit... depuis Miami

Deux jours avant la fin de son mandat, l’ex-président Jair Bolsonaro s’est envolé vers Miami, en Floride. C'est de là qu'il a commenté — plus de six heures après les évènements — le chaos causé par ses partisans dans la capitale brésilienne, dans une enfilade de tweets. 

L'ex-président, qui aurait depuis été hospitalisé pour des douleurs abdominales, a condamné du bout des lèvres «les déprédations et invasions de bâtiments publics». Il a également «rejeté les accusations, sans preuve» de son successeur selon lesquelles qui il aurait encouragé ces violences.

L’ex-président n’a cessé de remettre en cause le processus électoral, appuyé par une désinformation massive sur les réseaux sociaux, et nombre de ses supporters restent persuadés que la victoire lui a été volée. Il n’a d’ailleurs jamais félicité Lula pour sa victoire. 

− Avec les informations de l’AFP

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