La fruiterie Tsikinis, dans Villeray, restera ouverte | 24 heures
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La fruiterie Tsikinis, dans Villeray, restera ouverte

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Daphnée Hacker-B

Soulagement pour les clients de la fruiterie Tsikinis, dans le quartier Villeray à Montréal: le commerce ne fermera pas ses portes. Cette histoire, qui avait fortement fait réagir fin décembre, est devenue un symbole de la gentrification dans ce quartier.

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Mardi, le propriétaire de la fruiterie Tsikinis a finalement signé un nouveau bail de trois ans qui débutera le 1er juillet. L'achat de l'immeuble dans lequel se trouve la fruiterie par un propriétaire lié à une fruiterie compétitrice avait fait craindre à plusieurs que le commerce de quartier doive fermer ses portes en raison d'une forte hausse de loyer.

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Mais ils peuvent être tranquilles: l'un des nouveaux propriétaires de l’immeuble, Gerardo Rubino, ainsi que le propriétaire de la fruiterie Tsikinis, ont confirmé l'information concernant le nouveau bail à 24 heures mardi. «[Le propritéaire du Tsikinis] voulait surtout s’assurer d’un renouvellement de bail pour rouler sa bosse encore quelques années avant de prendre sa retraite», a spécifié M. Rubino. Le propriétaire du Tsikinis n’a pas souhaité ajouter d’autres commentaires.

Les deux hommes n'ont pas voulu préciser le montant du nouveau loyer. M. Rubino a mentionné que celui-ci reflétait le marché actuel. Rappelons que ce dernier avait spécifié en décembre dernier que la fruiterie Tsikinis payait environ 3000$ de loyer, alors qu’un local de cette taille se loue plutôt à 6000$ en ce moment.  

Afin d’assurer une transition en douceur avec ce nouveau montant, Gerardo Rubino dit avoir accepté d’offrir trois mois de loyer gratuit au propriétaire de la fruiterie Tsikinis. «Il payait en dessous du prix du marché. Mais il y a un prix à ça: l’immeuble tombait en décrépitude», a indiqué M. Rubino, qui dit souhaiter assurer un meilleur entretien de l’immeuble que le propriétaire précédent. 

La fruiterie Tsikinis, dans le quartier Villeray à Montréal.

Daphnée Hacker-B

La fruiterie Tsikinis, dans le quartier Villeray à Montréal.

Symbole de gentrification?

Les hypothèses autour de la fermeture potentielle de cette fruiterie avait soulevé une vague de mécontentement sur les réseaux sociaux, alors que plusieurs y voyaient un symbole de gentrification. 

Une publication Instagram écrite par un résident du quartier, Nicolas Krief, accusait les nouveaux actionnaires de l’immeuble de la rue Jarry d’avoir acquis le building pour augmenter «largement le loyer» et les «forcer à fermer boutique». La publication avait été repartagée par l'actrice Julianne Côté, qui a 96 000 abonnés, et un groupe Facebook avait même été créé par des fidèles de la fruiterie. 

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Le lien venait du fait que la compagnie Rubino Holdings Inc., un des nouveaux actionnaires de la bâtisse, est aussi actionnaire de Fraîchement bon!, une nouvelle fruiterie qui a ouvert à quelques coins de rue du Tsikinis et qui est donc en compétition avec celle-ci.

Aucun «plan machiavélique»

Gerardo Rubino, qui est à la fois président de Robino Holdings Inc. et vice-président de Fraîchement bon!, avait alors assuré avoir seulement un lien financier avec Fraichement bon!, qui appartient à son beau-frère François-Karl Viau, et dit ne pas être impliqué dans la gestion. Même si la boutique de son beau-frère est située à quelques pas du Tsikinis, il assurait qu’il n’avait pas «un plan machiavélique» pour faire partir les locataires actuels. 

Selon le Code civil du Québec, les baux commerciaux ne sont pas soumis à la fixation de loyer, comme les baux résidentiels, et les propriétaires peuvent donc y augmenter le loyer comme bon leur semble.

«Fraîchement bon! n’est pas propriétaire de l’immeuble qu’il occupe, ni d’aucune propriété voisine et encore moins impliquée dans la gestion immobilière de ces immeubles», avait mentionné François-Karl Viau, le propriétaire de l’entreprise. 

Fraîchement bon! et Rubino Holdings Inc. partagent la même adresse comme siège social à Saint-Léonard. 

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