Après le «quiet quitting», place au «quiet hiring» en 2023 | 24 heures
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Après le «quiet quitting», place au «quiet hiring» en 2023

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Photomontage: Marilyne Houde

Après l’apparition du mot-clic quiet quitting l’an dernier, ce sera au tour du quiet hiring de dominer le monde du travail en 2023, selon la firme-conseil américaine Gartner. Cette tactique se résume à confier plus de responsabilités à des employés plutôt qu’à embaucher dans une période d’incertitude économique. 

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En 2022, le phénomène du quiet quitting (démission silencieuse) s’est fait connaître sur TikTok en pleine pénurie de main-d’œuvre. Ça consiste à répondre aux exigences minimales de son emploi sans en faire plus pour se tenir loin de la culture de la surperformance. Refuser le temps supplémentaire ou des tâches qui ne font pas partie de la description de notre poste sont des exemples.  

Mais voilà que le phénomène inverse voit le jour aux États-Unis en contexte de ralentissement économique: le quiet hiring (embauche silencieuse). Le concept se déploie sur deux fronts, soit à l’interne et à l’externe. La première forme vise à demander aux employés actuels d’assumer de nouvelles fonctions pour un certain temps pour répondre à des besoins de main-d’œuvre urgents. La deuxième forme se résume à recruter des contracteurs ou des pigistes à court terme pour éviter d’embaucher de nouveaux employés à temps plein dans un contexte de resserrement budgétaire.  

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«Dans de nombreux cas, les organisations ne procèdent pas nécessairement à un gel des embauches ou à des licenciements, mais ralentissent peut-être un peu leurs embauches», a déclaré à CNBC l'experte en ressources humaines à la firme-conseil Gartner, Emily Rose McRae. 

«La pénurie de talents dont nous avons parlé tout au long de 2022 n’a pas disparu, donc, vous êtes dans une situation où il est plus difficile de garder les effectifs, mais vous avez désespérément besoin de talents», résume la spécialiste au média américain.  

La rotation des employés vers de nouveaux postes peut justement répondre à ce besoin.  

Qantas, une compagnie aérienne australienne, a demandé à des cadres de travailler comme bagagistes pendant trois mois alors qu'elle faisait face à une pénurie de main-d'œuvre, a rapporté la BBC en août.  

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Un nouveau terme, une vieille tactique 

Si le terme est nouveau, le concept derrière le quiet hiring n’a rien de neuf. Cette tactique sert les organisations pendant des contextes économiques difficiles comme les récessions et les périodes hyperinflationnistes, a expliqué le professeur de psychologique organisationnelle de l’Université de Manchester, Cary Cooper, au média Fortune

«Cela a été appelé “redistribution des ressources” par le passé. Ça voulait dire que les gens devaient être agiles et flexibles, explique Cooper. Entre les bouleversements économiques et géopolitiques, les entreprises seront très réticentes à embaucher davantage, visant plutôt à maintenir les coûts de main-d'œuvre au strict minimum.» 

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Une nouvelle forme d’«exploitation»? 

Sur Reddit, les utilisateurs se montrent très critiques à l’égard de ce nouveau phénomène. «Quiet hiring ou plutôt une nouvelle manière d’exploiter les employés», dit un utilisateur qui a créé un fil de discussion sur la question.  

Dans le subreddit «antiwork», devenu viral en pleine pandémie pendant la période de la «grande démission» aux États-Unis, des utilisateurs se disent furieux : «C’est drôle et rageant à la fois. Ils [les employeurs] sont déçus que les gens ne veuillent plus se faire exploiter alors ils inventent un nouveau mot.» 

«Ils [les employeurs] sont tombés sur la tête avec la baisse de productivité au travail. S’ils veulent augmenter la créativité de leur main-d’œuvre, la meilleure stratégie est de miser sur la rétention et essayer de réduire le désengagement», dit un autre utilisateur.  

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