6 choses à savoir sur la sexsomnie, la forme sexuelle du somnambulisme | 24 heures
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6 choses à savoir sur la sexsomnie, la forme sexuelle du somnambulisme

Image principale de l'article C’est quoi, au juste, la sexsomnie?
PHOTOMONTAGE Marilyne Houde

Un Montréalais qui a agressé sexuellement une femme lors d’un épisode de sexsomnie a été reconnu non criminellement responsable la semaine dernière pour son geste. Mais c’est quoi, au juste, la sexsomnie? Un neurologue répond à nos questions. 

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D’abord, c’est quoi la sexsomnie?

Il s’agit d’un trouble du sommeil dans la famille des parasomnies, mentionne à 24 heures le Dr Alex Desautels, neurologue et directeur du Centre d’études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS) de l’Hôpital Sacré-Cœur.

«Lorsqu’on dort, le cerveau n’est pas endormi partout en même temps, dit-il. Il y a certaines régions de l’organe qui sont plus endormies que d’autres. Le somnambulisme et la sexsomnie sont des exemples extrêmes de ce phénomène normal là», explique-t-il.  

Lorsqu’on dort, les parties du cerveau responsables de la motricité et des émotions demeurent éveillées, alors que les parties qui contrôlent la conscience, la mémoire et le jugement sont endormies, notamment.

Le Dr Alex Desautels précise par ailleurs que la sexsomnie n’est pas un problème d’ordre psychiatrique. 

Comment reconnaît-on un sexsomniaque?

Comme un somnambule, une personne qui a un épisode de sexsomnie est de manière générale sur le pilote automatique. Elle agit en robot et n’est pas consciente des gestes qu’elle pose. 

Alors qu’elle dort, une personne qui souffre de somnambulisme peut marcher, cuisiner, conduire sa voiture ou passer le balai. Une personne qui souffre de sexsomnie aura pour sa part des comportements de nature sexuelle. Ça peut aller de la masturbation aux attouchements, en passant par l’agression sexuelle.

Dr Alex Désautels, directeur du Centre d'études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS) de l'Hôpital Sacré-Cœur.

PHOTO CÉAMS

Dr Alex Désautels, directeur du Centre d'études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS) de l'Hôpital Sacré-Cœur.

 

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Est-ce aussi répandu que le somnambulisme?

Au Canada, ce serait de 2 à 4% des adultes qui souffrent de somnambulisme. La proportion de gens souffrant de sexsomnie est moins importante. 

Il pourrait toutefois y avoir plus de personnes qu’on pense qui en souffrent, soutient le Dr Désautels. 

«C’est sous diagnostiqué et sous rapporté, parce que la majorité des personnes atteintes ont probablement des épisodes avec leur partenaire de tous les jours.»

Même si plus d’hommes que de femmes se présentent dans les cliniques de sommeil parce qu’ils souffrent de sexsomnie, c’est impossible de savoir si cette condition frappe plus un sexe que l’autre, souligne le neurologue. 

Doit-on consulter en cas de sexsomnie? 

Si une personne se rend compte qu’elle est sexsomniaque, elle ne doit pas nécessairement consulter une clinique spécialisée. 

«Ce n’est pas grave en soi d’avoir ces comportements-là. Le seul risque, pour un somnambule, c’est de se blesser en passant à travers une fenêtre par exemple. Dans le cas de la sexsomnie, c’est plutôt l’agression sexuelle sur autrui qui est un risque et qui peut être désastreux», affirme le Dr Désautels.  

Dans le cas de Yannick Giguère, dont il a été question dans les médias, il savait qu’il souffrait de sexsomnie et qu’il pouvait mettre d’autres personnes à risque, ce que le juge a pris en compte dans son jugement. L’homme sera d’ailleurs inscrit au registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.

Peut-on guérir de la sexsomnie?

Ce n’est pas possible d’en guérir complètement, mais il est possible de la traiter, explique le Dr Désautels. 

Pour prévenir les épisodes de sexsomnie, il est d’abord recommandé d’avoir de bonnes habitudes de sommeil en évitant, par exemple, les privations de sommeil, explique le directeur du CÉAMS.

La consommation d’alcool peut également favoriser les épisodes de sexsomnie, tout comme certains médicaments prescrits pour aider à dormir, comme le zopiclone et le sublinox.

D’autres médicaments pour aider à dormir ne présenteraient aucun risque pour les personnes souffrant de sexsomnie, comme le clonazépam.

Est-ce que des médicaments peuvent aider à traiter la sexsomnie?

Le concerta, un stimulant utilisé pour soigner les troubles de l’attention, pourrait aider à traiter le somnambulisme, selon une grande étude dont les résultats seront bientôt publiés. 

Au Centre d’études avancées en médecine du sommeil, l’hypnose est également utilisée comme traitement expérimental pour traiter des personnes atteintes de somnambulisme. On ne sait toutefois pas si l’hypnose est efficace pour traiter la sexsomnie.

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