La Terre pourrait franchir 1,5°C de réchauffement d’ici 5 ans à cause d’El Niño | 24 heures
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La Terre pourrait franchir 1,5°C de réchauffement d’ici 5 ans à cause d’El Niño

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Photomontage Marilyne Houde

El Niño est de retour, et ce n'est pas une bonne nouvelle. Alors que 2022 se classe au cinquième ou sixième rang des années les plus chaudes enregistrées, 2023 et 2024 pourraient être encore plus chaudes, en raison de vagues de chaleur sans précédent qui nous guettent. 

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D’ici 5 ans, on pourrait ainsi avoir un avant-goût d’un monde 1,5°C plus chaud qu’à l’ère préindustrielle, affirme le professeur Adam Scaife, responsable des prévisions à long terme au Met Office britannique, en entrevue à The Guardian

«Il est très probable que le prochain grand El Niño nous fasse dépasser 1,5°C, dit-il. La probabilité d’avoir la première année à 1,5°C dans la prochaine période de cinq ans est maintenant d’environ 50-50.» 

C’est à cause du retour, plus tard en 2023, du phénomène El Niño, qui promet d’exacerber les conditions météorologiques extrêmes et d’établir de nouveaux records de chaleur, rapporte le quotidien britannique.  

Le changement climatique a causé des inondations dévastatrices au Pakistan, l'été dernier, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes.

AFP

Le changement climatique a causé des inondations dévastatrices au Pakistan, l'été dernier, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes.

Il s’agit d'une bien mauvaise nouvelle, alors que l’humanité ressent déjà les conséquences dévastatrices d’un réchauffement planétaire de 1,2°C: vagues de chaleur intenses, feux de forêt monstres et inondations.  

«Nous savons que dans le cadre des changements climatiques, les impacts des événements El Niño vont se renforcer, et vous devez ajouter cela aux effets du changement climatique lui-même, qui ne cesse de croître», ajoute le professeur Scaife.  

«Vous mettez ces deux éléments ensemble, et nous sommes susceptibles d'assister à des vagues de chaleur sans précédent lors du prochain El Niño.» 

C’est quoi, au juste, El Niño? 

C’est un phénomène météorologique naturel lié à la température des océans et du vent du Pacifique, l’alizé. Durant El Niño, l’alizé est plus faible, ce qui pousse l’eau chaude vers la côte ouest du contenant américain, et qui amène ainsi des températures plus chaudes à l’échelle mondiale.  

On alterne généralement entre El Niño et La Niña, qui est son pendant plus froid et qui donne lieu à des conditions neutres. Les trois dernières années ont d’ailleurs été marquées par le phénomène La Niña et ses températures plus froides. 

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De son côté, le professeur James Hansen, de l’université Columbia, prévient que «2024 sera probablement l’année la plus chaude jamais enregistrée».  

«Il est peu probable que l'actuelle La Niña se prolonge une quatrième année. Même un court El Niño devrait suffire pour que la température mondiale atteigne des records», poursuit-il. 

Plusieurs régions du monde touchées 

Plusieurs régions du monde sont touchées par les impacts des fluctuations du cycle El Niño-La Niña.  

«La science peut désormais nous dire quand ces phénomènes vont se produire des mois à l’avance. Nous devons donc vraiment l’utiliser et être mieux préparés, qu’il s’agisse de la préparation des services d’urgence ou des cultures à planter», explique le professeur Scaife. 

L’Australie pourrait connaître l’une des périodes El Niño les plus chaudes et les plus sèches jamais enregistrées, après avoir vécu trois ans de précipitations supérieures à la moyenne, selon le Bureau australien de météorologie. Cela augmenterait les risques de vagues de chaleur, de sécheresses et d’incendies graves. 

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En Inde et en Afrique australe, le passage d’El Niño signifie la suppression des moussons et des pluies. À l’opposé, les États-Unis et l’Afrique de l’Est peuvent recevoir davantage de pluie et subir des inondations.  

La question qui demeure – pour l’instant du moins – sans réponse: les changements climatiques favorisent-ils l’apparition d’un plus grand nombre de phénomènes El Niño et La Niña?  

Des cycles de La Niña consécutifs a causé plusieurs inondations en Australie en 2021et 2022.

AFP

Des cycles de La Niña consécutifs a causé plusieurs inondations en Australie en 2021et 2022.

«Cette question est d’une importance cruciale pour les pays qui cherchent à s’adapter à long terme, et elle nécessitera des modèles climatiques à plus haute résolution. Cela ne peut se faire qu’avec de plus gros ordinateurs», indique le professeur Tim Palmer, de l’université Oxford. 

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