Les capsules Nespresso ou Keurig sont (souvent) moins polluantes que le café filtre | 24 heures
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Les capsules Nespresso ou Keurig sont (souvent) moins polluantes que le café filtre

Image principale de l'article Vos capsules moins polluantes que le café filtre?
Courtoisie Caffitaly

Les dosettes de café, comme celles vendues par les compagnies Nespresso ou Keurig, ont la réputation d’être mauvaises pour l’environnement parce qu’elles se retrouvent au recyclage ou à la poubelle aussitôt utilisées. Mais voilà qu'elles pourraient être moins polluantes qu'on le croyait.

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Les capsules de café émettent en effet moins de gaz à effet de serre (GES) qu’un café filtre infusé dans une cafetière traditionnelle, avancent des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi, qui ont compilé plusieurs études sur l’empreinte carbone de la préparation d’un café.

«L’empreinte carbone du mode de préparation est en fait fortement influencée par la quantité de café utilisée et l’intensité carbone de l’électricité nécessaire au fonctionnement des appareils électriques (cafetière, bouilloire et lave-vaisselle)», écrivent les auteurs dans un article publié dans La Conversation.

Une tasse de café filtre infusé dans une cafetière traditionnelle émet 172 grammes d'équivalent de CO2.

AFP

Une tasse de café filtre infusé dans une cafetière traditionnelle émet 172 grammes d'équivalent de CO2.

Ces derniers ont pris en compte l’ensemble du cycle de vie de quatre modes d’infusion de café. Ce cycle de vie comprend la production du café, la fabrication des emballages et des machines, l'infusion, et la fin de vie des déchets.

Ainsi, la préparation de café filtre dans une cafetière traditionnelle émet 172 g d’équivalent de CO2 par tasse de 280 ml, puisqu'elle nécessite une plus grande quantité de café. C’est la méthode qui émet le plus de GES parmi les quatre analysées.

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Les capsules individuelles de café se classent en deuxième position, avec des émissions de 127 g d’équivalent de CO2 par tasse. 

«Le café en capsule ne s’avère pas une option si désastreuse pour l’environnement. Les capsules permettent de réduire les quantités de café, d’électricité et d’eau utilisées lors de la préparation d’un café», ajoutent les chercheurs.

La quantité de café en cause

C’est qu’un café filtre traditionnel requiert entre 11 et 13 g de café de plus qu’une capsule, et la production de ce café émet 59 g d’équivalent de CO2, contre 27 g d’équivalent de CO2 émis lors de la fabrication et de l’enfouissement d’une capsule.

Comme 40% à 80% des émissions de GES du café surviennent lors de la phase de production des grains, la quantité de grains utilisés a une grande influence sur l’empreinte carbone d’une tasse de café.

La production des grains de café représente entre 40% et 80% des émissions de GES d'une tasse de café.

AFP

La production des grains de café représente entre 40% et 80% des émissions de GES d'une tasse de café.

Le café infusé à l’aide d’une presse française émet à son tour 125 g d’équivalent de CO2 par tasse. Le café instantané s’avère la méthode la moins polluante, avec 109 g d’équivalent de CO2 par tasse. 

«Cela est dû à la plus faible quantité de café utilisée par tasse, à la plus faible consommation électrique d’une bouilloire, par rapport à une cafetière, et à l’absence de déchets devant être traités en fin de vie», expliquent les auteurs.

Une boisson fortement carbonée

La consommation de café est une activité qui accapare une bonne partie du budget carbone d’un Québécois, souligne néanmoins l’analyse. Au pays, la consommation moyenne de café s’élève à 2,7 tasses par jour par personne, ce qui compte pour 5% à 10% du budget carbone idéal de 2,1 tonnes de GES établi par les accords climatiques.

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Les chercheurs proposent des façons de réduire l’empreinte carbone de la boisson préférée des Canadiens, comme opter pour des préparations de café plus petites – des espressos de 50 ou 100 ml, par exemple – ou encore réduire le gaspillage de café. 

Pour les amateurs de capsules et de dosettes, les chercheurs suggèrent d’éviter de consommer plus d’une tasse de café par jour, sans quoi les avantages environnementaux par rapport au café filtre traditionnel s’annulent, et privilégier les capsules réutilisables.

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