Devrait-on avoir congé en cas de météo extrême? | 24 heures
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Devrait-on avoir congé en cas de météo extrême?

Changements climatiques

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Les changements climatiques vont augmenter la fréquence et l’intensité d’événements météorologiques extrêmes, comme les canicules en été ou la température qui joue au yoyo l’hiver. Plusieurs réclament des «congés climat» afin de protéger la santé des travailleurs qui doivent faire face à ces intempéries au quotidien. 

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L’idée avait déjà été évoquée par Yannick Jadot, un député européen pour le groupe Europe Écologie les Verts. Il proposait en 2019 que des «congés canicules» soient disponibles pour les travailleurs lors d’épisodes de vague de chaleur.  

Guillaume Tremblay-Boily, chercheur à l’Institut de recherche et d’information socioéconomique (IRIS), croit qu’il faudrait adapter cette réalité au Québec. «Des gens qui ont vécu l’inondation de leur sous-sol à cause de pluies diluviennes pourraient en bénéficier», suggère-t-il. 

Selon lui, un «congé climat» pourrait fonctionner sur le même modèle que le congé de maladie. «Les gens qui sentent que leur sécurité est menacée par une chaleur excessive pourraient décider de ne pas aller travailler.» 

Il reviendrait à une entreprise d’en offrir un certain nombre à ses employés. 

«Je pense qu’avoir un congé climatique serait utile pour la santé des gens, mais aussi pour leur santé financière. Si ton sous-sol est inondé et que tu dois en plus prendre un congé à tes frais, c’est un poids additionnel», ajoute le chercheur.  

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Cette revendication fait écho aux campagnes de sensibilisation aux canicules de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), qui demande que les milieux de travail s’adaptent aux chaleurs excessives. 

«Les milieux de travail ne sont pas adaptés à ça», déplore Daniel Boyer, président de la FTQ. «La plupart des employeurs n’ont pas de [recours].» 

Selon lui, cette négligence provoque nécessairement plus d’accidents de travail, qu’on parle de canicule pour des travailleurs de la construction, ou encore de tempêtes de verglas ou de neige pour les livreurs.  

Davantage de mesures de prévention adaptées 

La FTQ revendique que des employés soient mandatés pour observer les risques que posent les événements météorologiques extrêmes sur le terrain et qu'ils proposent ensuite des mesures d’adaptation à leur entreprise.  

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Sans nécessairement demander de «congé climat», Daniel Boyer martèle que chaque entreprise devrait avoir des mécanismes de prévention adaptés à leur réalité. «En ce moment, il n’y a pas – ou peu – de plan de match pour les conditions extrêmes.» 

Selon Phil Rogers, responsable des relations médias chez Poste Canada, le service de livraison a déjà un système d’alertes pour la sécurité de ses employés.  

«Une alerte jaune est demandée lorsque la livraison sera interrompue en raison d’un événement météorologique. Cela signifie que nous faisons de notre mieux, mais qu’il pourrait y avoir des retards de livraison. Une alerte de service rouge signifie que nous suspendons la distribution du courrier pour la journée», résume-t-il.  

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Il mentionne que des événements météorologiques qui devraient se multiplier avec les changements climatiques tels que des feux de forêt, des inondations, des pluies verglaçantes ou des froids extrêmes sont autant de raisons de ralentir, voire d’interrompre le service dans une région.  

«Les employés peuvent décider d’arrêter la livraison s’ils estiment que les conditions ne sont pas sécuritaires», ajoute-t-il.  

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