Non, les parents gais n’ont pas nécessairement des enfants gais | 24 heures
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Non, les parents gais n’ont pas nécessairement des enfants gais

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«Je suis un homosexuel qui existe parce que d’autres homosexuels ont voulu fonder une famille», lance Charlie Morin, humoriste de la relève et coanimateur du balado 2fxfslematin. Celui qui a deux mères lesbiennes comme parents décortique trois mythes par rapport à l’adoption et la communauté LGBTQ+.  

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Mythe #1 | Les enfants de couples homoparentaux manquent de modèle féminin ou masculin. 

«C’est faux», insiste-t-il.   

«On va souvent chercher les rôles parentaux hétérosexuels dans les couples de même sexe, ce qui est un biais foncièrement hétérosexiste où on apprend la parentalité à travers le prisme du père et de la mère. Ce n’est pas grave si c’est la même mère qui fait à souper et qui tond la pelouse, la cellule familiale n’implose pas!»  

Mythe #2 | Les couples homosexuels vont automatiquement avoir des enfants homosexuels. 

«C’est faux. Pour les homophobes, non seulement on ne devrait pas exister, mais on ne devrait surtout pas se reproduire. Il n’y a pas juste les gais qui font des gais, là, don’t blame it on us», souligne-t-il en riant.  

Charlie Morin croit d’ailleurs qu’un enfant qui a grandi dans une famille non conventionnelle est souvent plus ouvert d’esprit.   

Mythe #3 | L’accès à une famille est plus difficile pour les personnes LGBTQ+. 

«Malheureusement, c’est VRAI! Je veux dire, les straights, ils font ça DIY chez eux et ils connaissent la recette. Quand mes mères ont voulu fonder une famille il y a 30 ans, leurs médecins leur ont répondu d’aller dans un bar scorer n’importe quel dude comme géniteur de leur enfant», affirme l’humoriste.  

Il regrette qu’il soit souvent difficile pour les couples de trouver les bons renseignements et de frapper aux bonnes portes pour fonder une famille ou adopter. De plus, les institutions gouvernementales ne sont pas toujours adaptées à la situation des personnes LGBTQ+ et elles sont peu accommodantes dans le processus, déplore-t-il.  

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Encore des préjugés 

Les difficultés que peuvent rencontrer les couples LGBTQ+ qui souhaitent avoir des enfants découlent souvent de préjugés qui perdurent dans la société. Il suffit d’une personne homophobe pour saboter le processus d’adoption d’un couple de même sexe, affirme-t-il.   

«Souvent, les personnes non binaires ou trans doivent se faire passer pour des personnes cis pour éviter les préjugés. Si tu es dans un couple ouvert aussi, c’est compliqué, puisque tous tes partenaires deviennent co-parents de l’enfant, alors que ce n’est pas le cas», explique celui qui chérit l’idée de devenir un jour parent. 

À ceux et celles qui voudraient s’informer davantage sur la parentalité queer, Charlie Morin suggère de lire Faire famille autrement, de la sociologue Gabrielle Richard, qui est elle-même une mère lesbienne.   

Il mentionne également la Coalition des familles homoparentales, qui informe et éduque les personnes queer sur les différentes options s’offrant à eux.  

Le balado 2fxfslematin, que coanime Charlie Morin, consacre finalement un épisode complet à la parentalité queer. Le balado est disponible sur toutes les plateformes d’écoute en continu.