Plus de 1000$: les 4 1⁄2 ont subi la plus forte augmentation des loyers en 20 ans à Montréal | 24 heures
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Plus de 1000$: les 4 1⁄2 ont subi la plus forte augmentation des loyers en 20 ans à Montréal

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Photomontage: Karine Leblanc

Entre 2021 et 2022, les appartements de deux chambres à Montréal ont connu la plus forte augmentation de loyer en 20 ans, passant en moyenne de 931$ à 1010$, constate la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) dans son nouveau rapport.

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Jeudi, la SCHL a publié son rapport annuel sur l’état du marché locatif canadien. 

On y apprend que le loyer moyen d’un 4 1⁄2 a connu une augmentation de 5,4% en un an dans la grande région de Montréal et est évalué aujourd’hui à 1 010$.

Nouveauté cette année : la SCHL différencie désormais l’évolution des loyers des logements occupés par de nouveaux locataires et des logements déjà occupés depuis plusieurs années.

À Montréal, entre 2021 et 2022, les loyers ont augmenté de 14,5 % pour les logements ayant accueilli de nouveaux locataires. La hausse moyenne pour les logements déjà occupés se limitait quant à elle à 3,5%. Ainsi, pour les appartements de 2 chambres à Montréal, la SCHL constate un écart de 28 % entre le loyer moyen des unités ayant accueilli de nouveaux locataires (1 235 $) et celui d’un logement occupé par les mêmes locataires (963 $). Cette nouvelle donnée de la SCHL existe pour l'isntant seulement pour les appartements 4 1⁄2. 

«Lorsqu’un logement est libéré par son locataire, le propriétaire peut réajuster le prix selon le loyer des logements comparables [au prix du marché]», écrit la SCHL pour expliquer cet écart.

Le loyer moyen a augmenté de 5,6 % dans les logements déjà existants du Québec. À Gatineau, le bond a été de 10 %, à Sherbrooke, 8,8 %, à Trois-Rivières, 6,5 % et à Montréal, 5,1 %. Ces hausses considérables font que le coût moyen d’un logement atteint maintenant 1203 $ à Gatineau, 998 $ à Montréal et 947 $ à Québec.

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Le plus faible taux d’inoccupation au pays en 20 ans

Autre fait saillant : le Canada connait son plus faible taux d’inoccupation au pays depuis 2001, passant de 3,1 % en 2021 à 1,9 % en 2022. Cette donnée représente le nombre de logements disponibles au pays.  

«La montée des taux hypothécaires, qui a fait augmenter les coûts déjà élevés de la possession d’une habitation, a également soutenu la demande de logements locatifs. Elle a donc rendu la transition vers l’accession à la propriété plus difficile et moins attrayante pour les locataires», explique la SCHL dans son rapport.

Et Montréal n’y échappe pas : le taux d’inoccupation sur l’île de Montréal est descendu de 3,7 à 2,3 % en un an.

Deux facteurs expliquent la baisse du taux d’inoccupation dans la grande région de Montréal, selon Francis Cortellino, économiste à la SCHL: l’augmentation des seuils migratoires dans la province - une population qui s’établira en majorité à Montréal comme locataire - et la la difficile accession à la propriété chez les jeunes qui resteront plus longtemps locataires. 

«De janvier à septembre 2022, le Québec a connu un gain migratoire de 109 000 personnes. Pour donner une idée, c’était 47 000 personnes en 2016. Ce sont surtout des résidents non permanents, comme des travailleurs ou étudiants étrangers», explique-t-il. 

Les taux de logements inoccupés diminuent drastiquement, mais les loyers, eux, accélèrent leur escalade, remarque la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme.

«Nous ne sommes pas loin de la tempête parfaite, si on prend également en considération le nombre élevé d’évictions dues à la spéculation. L’année qui commence sera extrêmement difficile pour le droit au logement, partout au Québec», a-t-elle confié à 24 heures après avoir pris connaissance du Rapport sur le marché locatif.

Moins de déménagements avec la crise du logement

Le nombre de déménagements est en forte diminution chez les locataires de Montréal, remarque la SCHL. Le taux de rotation, soit la proportion des locataires qui changent de logement en une année, est passé de 16% en 2019 à 10% en 2022.

«Les locataires sont moins enclins à déménager par crainte de ne pas trouver un logement qui correspond à leur budget. Les logements se font rares et les hausses de loyer sont plus importantes, surtout lorsqu’on déménage», résume Francis Cortellino. 

Augmentation moyenne du loyer ($) au Québec entre 2021 et 2022 par type d'appartement*

  • Studio : 676$ à 747$

Augmentation de 71$, soit 11%.

  • 3 1⁄2 : 783$ à 864$ 

Augmentation de 81$, soit 10%.

  • 4 1⁄2 : 892$ à 973$ 

Augmentation de 81$, soit 9%.

  • 5 1⁄2 et plus : 1 061$ à 1 148$ 

Augmentation de 87$, soit 8%.

  • Moyenne de tous les logements : 873$ à 952$ 

Augmentation de 79$, soit 9%.

*Dans les villes de plus de 10 000 habitants.

Source: SCHL

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