Ils gagnent un moins bon salaire pour travailler 3 ou 4 jours par semaine | 24 heures
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Ils gagnent un moins bon salaire pour travailler 3 ou 4 jours par semaine

Image principale de l'article Un moins bon salaire pour travailler 3 ou 4 jours
Illustration Marilyne Houde

La semaine de travail allégée compte de plus en plus d’adeptes en Europe, mais aussi au Québec. Portrait de trois personnes qui ont sacrifié une partie de leur salaire pour préserver leur santé physique et mentale. 

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Illustration Marilyne Houde

«C’est la plus belle décision de ma vie» 

  • Claudie Jalbert, 35 ans, acupunctrice 

Il y a 2 ans, après une dizaine d’années dans le domaine de la musique et des communications, Claudie Jalbert a changé de carrière. Fatiguée des heures supplémentaires, elle voulait une vie moins stressante et un horaire allégé.  

«Je me suis demandé où je m’imaginais, et je me voyais dans une clinique. J’ai eu le flash de l’acupuncture», raconte-t-elle à 24 heures. 

Claudie Jalbert

Photo: Guillaume Simoneau

Claudie Jalbert

Si elle savoure la liberté «fantastique» que lui procure sa nouvelle vie, ce n’est pas toujours facile. Elle dépend financièrement de ses clients et elle doit travailler deux soirs par semaine, souligne-t-elle.  

«Mes lundis et mardis sont mes plus grosses journées et j’ai beaucoup de patients. Plus la semaine avance, plus j’allège mon horaire jusqu’à vendredi, où je ne travaille pas», explique la maman d’un petit garçon de 2 ans. 

«Un week-end, ça passe vite et encore plus quand tu as de jeunes enfants. Ça change une dynamique de pouvoir profiter pleinement de son week-end plutôt que de le passer à faire des tâches à la maison», poursuit-elle. 

Claudie Jalbert est claire: passer à 4 jours de travail par semaine est la «plus belle décision de sa vie». Selon elle, ce nouvel horaire lui permet d’être en meilleure santé pour pouvoir bien traiter ses patients.  

«Ma mère est infirmière. Je l’ai vue toute sa vie faire des heures supplémentaires, travailler de jour, de nuit et avoir des horaires qui n’ont pas de bon sens. J’ai été influencée par son parcours et je me suis dit: “Je veux prendre soin de moi et je ne veux pas m’épuiser”.» 

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«Je veux répandre la bonne nouvelle» 

  • Maxime Pelletier, 33 ans, chargé des relations publiques 

Il y a tout juste un an, Maxime Pelletier, papa d’un garçon de 2 ans, est passé de semaines de travail de 48 heures à 32 heures, ce qui représente 800 heures en moins par année. Pour ce faire, il est passé d’une semaine de travail de 5 jours à une semaine de 4 jours, en plus de cesser un contrat qu’il faisait deux soirs par semaine.  

Maxime Pelletier

Photo courtoisie

Maxime Pelletier

«Ma qualité de vie s’est drastiquement améliorée. Je dors plus et je suis moins stressé, donc j’ai plus de patience avec [mon fils]. Je fais plus de sports, je lis plus, et j’ai plus de temps pour m'occuper des trucs qu'on ne trouve jamais le temps de faire, comme changer ses pneus», confiait-il récemment sur Facebook. 

Depuis son changement d'horaire, le mercredi est une journée de repos. Cette pause lui permet non seulement d'accomplir des tâches, mais elle lui permet de faire le plein d’énergie pour finir sa semaine de travail en force.  

«Je suis certain que mon employeur n’y perd pas au change. Ils me paient 10% de moins qu’un temps plein, mais je suis certainement plus productif pendant ces 4 jours que je l’aurais été sur cinq», affirme-t-il.  

Malgré des revenus en moins, Maxime Pelletier n’a pas eu trop à changer son mode de vie, assure-t-il.  

«J'ai fait un tour de passe-passe qui m’a beaucoup aidé à faire la transition. J’ai changé d’emploi pour un emploi à un taux horaire plus élevé. J’ai renoncé à des revenus supplémentaires plutôt qu’à mon train de vie. Je n’ai pas vraiment eu de sacrifices à faire», explique-t-il.  

Et chose certaine: il ne retournerait pas en arrière. Convaincu des avantages de la semaine de travail de 32 heures, l’homme de 33 ans souhaite désormais «partager la bonne nouvelle».  

«La culture est en train de changer» 

  • Charlotte Vanasse, 30 ans, coordonnatrice et assistante à la réalisation 

Charlotte est pigiste dans le monde de la télévision. C’est pendant la pandémie que la coordonnatrice et assistante à la réalisation a commencé à se questionner sur son avenir dans ce domaine où il est difficile d’avoir une routine.  

«J’ai 30 ans, ma carrière est encore jeune, et c’était un frein de savoir que mes journées de travail n’auraient jamais vraiment de début ou de fin», confie-t-elle à 24 heures

Charlotte Vanasse

Photo courtoisie

Charlotte Vanasse

Il y a quelques mois, Charlotte s’est fait proposer un contrat de 25 semaines à 5 jours par semaine. Mais après s’être informée sur le poste et les tâches qui y sont associées, elle a proposé à son supérieur de travailler seulement 3 jours. 

«Au moment où on me l’a proposé à 5 jours semaine, j’ai réalisé que c’était trop et j’aurais passé beaucoup de temps à ne rien faire», raconte-t-elle. 

En ne travaillant que 3 jours semaine, elle peut se consacrer à d’autres activités ou encore accepter des contrats ailleurs pour diversifier son emploi du temps. Pour éviter de subir une perte de salaire trop importante, Charlotte a majoré son salaire pour chaque jour travaillé. 

Elle se réjouit d’ailleurs de voir le monde du travail évoluer et devenir plus flexible.  

«La pandémie et le télétravail ont changé les choses et les entreprises, peu importe le domaine, ont conscience qu’il faut changer les choses aujourd’hui. Je suis très contente de voir que la culture commence à évoluer, même en télévision.» 

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